‹ MélangesChapitre 158 sur 269 · XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE. 4H · texte numérisé non relu

XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE. 4H

les ouvrages un peu importants de cet artiste, aussi étonnant comme peintre que comme sculpteur et comme architecteé EnPm, ses poésies et ses lettres font également partie de ce volume. »

On voit que Tintention de Tauteur a été d'élever à la gloire de ce grand homme un monument honorable, et, si Ton ne trouve pas toujours dans son ouvrage la dignité du style et la force des pensées d'accord avec l'intérêt et l'élévation du sujet, on doit au moins lui savoir gré du soin qu'il a pris de recueillir tous les faits importants, de la critique judicieuse qu'ilaportée sur leur examen, de l'ordre lumineux dans lequel il les a disposés, en les rattachant, toutes les fois que cela pouvait être utile, aux événements politiques de cette période remarquable de l'histoire moderne, et surtout on doit priser en lui un respect constant, et un sentiment vrai des principes de la saine raison et du goût, comme nous aurons occasion de le faire voir dans la suite de cette analyse.

Michel-Ange naquit au château de Caprese, en Toscane, le 6 mars 1474, et descendait delà noble et illustre famille des comtes de Canossa (i). Son père, Lodovico di Leonardo Btio^ narroti Simone, était alors podestày ou gouverneur de Caprese et Ghiusi (l'ancien Clusium, capitale des États de Porsennaau temps des Tarquins). La folie de l'astrologie judiciaire était alors en vogue dans toute l'Europe, et l'on prétend que l'astrologue qui fut consulté au moment de la naissance de Michel- Ange, ayant observé que les planètes de Mars, de Vénus et de Jupiter étaient en conjonction, n'hésita pas à prédire que l'enfant

(i) Béatrix, sœur de Henri II, avait été donnée en mariage au comte Boniface de Canossa, alora seigneur de Mantoue. De ce mariage naquit la comtesse Mathilde, femme d*une sagesse et d*une piété exemplaires, qui, après la mort de Godefroy son mari, continua de posséder en Italie, outre Mantoue, Parme et Reggio, cette partie de la Toscane appelée le patrimoine de Saint-Pierre. En Tan 1250, un membre distingué de cette famille, A. M. Simone, alla s*établir à Florence, et y fut immédiatement fait citoyen de la République, et élevé aux plus importantes magistratures. C'est de lui que descendait Michel-Ange (Ascanio Condivi, Viia di Michel Âgnolo, §§ 1, 2 et 3).

serait doué d'un génie extraordinaire et obtiendrait les succès les plus étonnants dans les arts qui charment les sens, tels que la peinture, la sculpture, etc. Si celte prédiction eut véritablement lieu, on dut se la rappeler avec admiration, au moment où les talents de Tenfant commencèrent k jeter quelque éclat, et oublier que lastrologue avait fait les mêmes prédictions pour cent autres enfants dont jamais personne n'entendit parler depuis.

Les circonstances les plus insignifiantes prennent un léger degré d'intérêt, lorsqu'elles sont relatives à un grand homme, et Ton saisit, avec un empressement dont il est impossible de se rendre compte, les faits les plus minutieux qui paraissent avoir quelque analogie avec ce qu'il a été dans la suite de sa vie. Michel- Ange fut confié en naissant à la femme d'un maçon, fille d'un homme de la même profession, et notre grand artiste disoit quelquefois, en plaisantant, qu*il n'était pas étonnant qu^il prit tant de plaisir ïi manier le ciseau, puisque c'était le premier outil qu'il eût vu et touché chez sa nourrice.

Il commença fort jeune Tétude du dessiu, et son premier essai en peinture fut la copie coloriée d'une gravure qui représentait les tentations de saint Antoine; il s'attacha surtout à étudier, d'après nature, les formes et les couleurs des divers objets qui entraient dans cette composition. Ce fut à peu près vers le même temps que, voulant s'assurer s'il avait copié une tête qu'on lui avait prêtée, avec assez d'exactitude pour tromper le propriétaire lui-même, il lui rendit sa copie au lien du tableau ori|j;inal. 11 avait eu soin auparavant d'exposer son ouvrage à la fumée, pour lui donner un air de vétusté qui aidât à Terreur. Cette petite supercherie ne fut connue, en effet, que lorsqu'il l'eut racontée h un de ses camarades. C'était vers Tan 4487; Michel-Ange n'avait guère que treize h quatorze ans.

Cependant son père vit d'abord avec assez de chagrin le goût passionné de cet enfant pour la peinture et pour les arts du dessin : il n'envisageait pas sans douleur l'idée que l'héritier de l'illustre famille des Simone Buonarroti n'occuperait dans

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