‹ MélangesChapitre 161 sur 269 · XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE

telligence, qu'il semblait désormais impossible d'en faire aucun usage. Michel-Ange en fit une statue colossale de David, universellement admirée, et qui fut placée dans une des plus belles places publiques de Florence.

Il exécuta aussi vers cette époque divers ouvrages en bronze, entre autres un groupe do Goliath vaincu par David. Enfin, c'est vers ce temps (1503) que, sur l'invitation de Soderini, ce grand homme traita concurremment avec le célèbre Léonard de Vinci le sujet de la bataille de Pise gagnée par les Florentins sur les Pisans. « Telle était, dit Yasari, la supériorité de ce dessin sur tout ce qu'on avait vu jusqu'alors, que quelques-uns l'ont regardé comme une œuvre d'une perfection absolue, qui a fait le désespoir de ceux qui ont voulu l'imiter, ou même en approcher, et lorsque ensuite il fut exposé dans le palais des papes pour l'honneur de Michel-Ange et la gloire de l'art, il devint, pendant plusieurs années, 'l'objet constant de l'admiration des étrangers et des nationaux qui, en étudiant ce chef-d'œuvre et en dessinant d'après lui, sont devenus des artistes de premier ordre. »

Cependant le moment approchait où Michel-Ange allait déployer son génie dans une carrière, en quelque sorte, toute nouvelle ; le cardinal Julien de Rovère venait d'être élu pape sous le nom de Jules II, homme d'un caractère violent et emporté, plus fait pour commander à des soldats que pour être le chef d'une religion qui ne prêche que la paix, la charité et l'abnégation de soi-même : il avait pourtant un goût très-vif pour les arts et pour la magnificence ; il tenait pour maxime que l'instruction donne du ressort et de l'élévation aux âmes dans les classes inférieures de la société, imprime à la noblesse un plus grand caractère de dignité, et est pour les souverains le* plus précieux joyau de leur couronne. Il s'empressa d'appeler Michel-Ange à Rome, et, pendant les dix années que dura son règne, il lui fit faire plus de choses et de plus grandes choses que tous les autres souverains sous le règne desquels ce grand artiste a parcouru sa longue et honorable carrière.

Le potttifo le charges d'abord de fûre les dessins d'tm mtnunment destiné à lui servir de mausolée, et Michel-Anga, s'm étant occupé sui^'ohamp, donna fc ses plans tant de màgnift»cence et de grandeur que l'oi^ueil da papeenfntsîngidièref ment Oatté ; il demanda combien coûterait reiéentitnrd'BB pareil projet, et l'artiste ayant r^MHidn que la dép«ue pourrait bien s'éleverà cent mille couronnes : «Vouspoo'vec, rspartitle fiainVPëre, y employer jusqu'au double de eette somnM», ai Bur-le-champ, il donna à San-Gailo, son arobiteete, l'ordre dé s'occuper des moyeni d'exécuter le plan proposé. « Ceux ^ sont disposés à voir les- plus gran^ évènements-dansde tré»^ petites causes, » dit& ce sujet l'auteur doni-nonstiron» tons eea faits, tiponzTont très-bien trouva- qu'en eette occasion KdM^- Ange donna, sans s'en dont», la première impokioDan^BÉDd ouvre de la réfonnation. En effet, m ^eutft4-il , « Sui-4SaEâ luoposa à cette occasion de joindre su mausolée profeté .nue église qui, par la beauté et l'élégance du s^le , répwndU à U ma^i&cehce du maasolée, ou de rebfttir sur un nomtemi jSaa l'église de Saint-Pierre qui était ancienne et dégradée, ei «• fat là l'origine de ce vaste et Boperi>e édifice qu'on mit cent cinquante ans à achever, et qui est aujourd'hui te plus magaifique ornement du monde chrétien. Mais, pour suivre cette graudo entreprise, on se trouva au dépourvu d'argent, et, pour subvenir aux besoins du trésor, on vendit des indulgences : un moine de Wiltemberg osa opposer son autorité à celle de l'ËgUse, et de là vint cette grande révolution qui ébranla jusque dans ses fondements la religion catholique dans le temps même où ou lui élevait le plus beau monument dont on eût encore eu l'idée. »

Toute cette période, sans contredit la plus brillante de la vie de Michel-Ange, ses travaux pour le mausolée de Jules II, son départ subit de Rome, pour quelques mécontentements qu'il eut de se voir négligé du pape et exclu de sa présence, la manière dont il rentra en grâce auprès du pontife à Bologne, oÙl celui-ci venait d'entrer en conquérant, ses travaux pour la

Page 1