‹ MélangesChapitre 163 sur 269 · XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE

talent, sans caractère et tout à fait indigne de la place qu'il occupait; tant les hommes sont conséquents dans leurs jugements. Au reste, son règne ne dura que vingt mois, et le cardinal Julien de Médicislui succéda sous le nom de Clément VIT. Les affaires importantes dans lesquelles il se trouva engagé ne lui laissèrent pas le loisir de s'occuper des arts. Michel- Ange demeura donc à Florence, continuant ses travaux d'archilecture et de sculpture, pour la bibliothèque et Féglise de Saint-Laurent, et pour la chapelle de cette même église, destinée à servir de sépulture aux Médicis.

Enfin, en 1529, les Florentins informés du traité conclu à Barcelone, entre le pape ClémentVII et l'empereur Charles V, traité qui assurait à la famille de Médicis la souveraineté de l'État de Florence, dans la personne d'Alexandre de Médicis, petit-neveu du pontife, résolurent de faire les derniers efforts pour défendre leur liberté. Ils commencèrent par fortifier leur ville et réclamèrent les talents de leur illustre compatriote, qui fut chargé de suivre les travaux des fortifications, comme architecte et comme ingénieur. Ferrare passait alors pour la ville dltalie la mieux défendue, et où les ouvrages de ce genre avaient été ordonnés avec le plus d'art et d'habileté. Michel- Ange, désirant profiter des lumières qu'il pourrait recueillir dans cette ville sur l'objet important qui l'occupait, se hâta donc de se rendre àFen*aro; il y fut accueilli, par le duc Alphonse d'Esté, avec tous les égards et toute la distinction qu'un homme de génie pouvait attendre d'un prince si digne de l'apprécier.

Le duc lui fit communiquer avec la plus grande complaisance tous les plans, tous les renseignements qu'il pouvait désirer, et, lorsqu'il fut sur le point départir, ce seigneur lui dit en plaisantant : « Vous êtes mon prisonnier, et je ne vous laisserai point aller que vous ne me donniez l'espoir d'avoir de votre main quelque ouvrage de peinture ou de sculpture. » Une pareille demande avait quelque chose de trop flatteur pour que l'artiste ne s'empressât pas d'y satisfaire, et aussitôt

BprbB son reloor à Florence; m»]gTé tes oecapations pénlMes ABiquelleft il s'était voué, il oommeaça, pour le àae, un ta- Ueau de Léda, qu'il ne put achever que loDgtem{« telles. Ce tableau fut dans la suite apporté en Franoe et acquis par François I".

Blalgré lea efforts de Hidiet-An^ et de su généreux ctHnpairidtes, la ville, assiégée par les troupes de l'ËmpHrenr, fat forcée de se rendre le 9 août 1530. « Telle fut la fin de U r^Hi- Uiquode Florence, i^rës trois siècles d'agitations et de fortunes diverses ; cependant, » ajoute notre auteur» « «a milieu des guerres civiles, des calamités intérieures etexlMeares detoute espèce, le génie ne cessa point d'y briller du plu grand éà^ et, quelle que soit la cause de ce phénomèoe, att» tesqwAttdeV' nés doivent plus de lumières à cette répuUîque renfermée dans un territoire si borné, qu'à toiu les États de l'Europe qui «mtrtbuèrent à sa mine. »

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Michel-Ange avait défendu avec trop de zèlo et de dévouement sa malheureuse patrie, pour ne pas redouter la vengeance des vainqueurs. Aussi, quoique Tune des conditions auxquelles les Florentins avaient capitulé fût l'amnislie que le pape promettait solennellement d'accorder aux citoyens qui avaient élé du parti contraire à sa famille, tous ceux qui ronnaissaient le caractère également cruel et perfide de Clément VII s'empressèrent de se dérober par la fuite aux fureurs du pontife. Michel-Ango fut de ce nombre, et, quelques perquisitions que l'on fit dans sa maison, et dans tous les lieux où l'on pouvait présumer qu'il se serait retiré, on ne parvint pas à découvrir son asile. Ënlin, le pape écrivit lui-mémo aux magistrats do Florence, et donna par une déclaration publique les assurances les plus positives qu'il ne serait rien fait k Michel-Ange, s'il consentait & sortir de sa retraite, et à terminer les travaux de

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