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XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE

ble pour son âge avancé; en conséquence il pria Sa Sainteté do permettre que le plafond fût exécuté d'après ses dessins, par Perino del Vaga, Mais ce projet alors suspendu ne fut plus repris dans la suite.

Dans Tannée 1546, Michel-Ange fut nommé par le pape architecte de la basilique de Saint-Pierre, à la place d'Antoine de San-Gallo, qui venait de mourir : il répugnait à se charger d'un si grand fardeau : mais le pontife lui signifia ses ordres d'une manière qui ne souffrait ni refus, ni objections; il accepta donc ce pénible emploi, mais à condition qu'il ne recevrait pas d'appointements, et que cette clause serait stipulée expressément dans le bref de sa nomination, attendu qu*il n'entreprenait cette tâche que par un motif de dévouement religieux ; que, de plus, il aurait le pouvoir de remplacer par d'autres personnes à son choix tous ceux qui se trouvaient sous ses ordres et dont il aurait lieu d'être mécontent; qu'enfin, il lui serait permis de faire aux plans et aux dessins de San- Gallo tous les changements ou suppressions qu'il jugerait convenables, et d'y substituer ce qui lui paraîtrait plus simple ou d'un meilleur style. Le bref fut expédié conformément à ces conventions.

Ce grand édifice, dont Jules II avait posé la première pierre quarante ans auparavant (18 avril 1506), n'était pas encore fort avancé, quoiqu'on y eût consacré des sommes immenses, dont la levée avait été le motif ou le prétexte de ces exactions scandaleuses qui avaient soulevé contre l'autorité des Papes une partie de la chrétienté. Au Bramante, qui en avait été le premier architecte, et qui en avait donné le premier plan, avaient succédé Julien de San-Gallo. puis le célèbre Raphaël d'Urbin, puis Antoine de San-Gallo, neveu de Julien, que remplaçait enfin Michel-Ange. A chacune de ces époques les plans primitifs avaient été modifiés ou changés. Il paraît, par une lettre de Michel-Ange que l'on a encore, qu'il avait la plus haute estime pour les talents du Bramante, et qu'il aurait adopté son plan avec de très-légers changements, si la difficulté de se procurer

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Targent nécessaire pour Texécution d'un projet aussi vaste ne leût contraint d'en resserrer les dimensions pour se conformer à la nécessité des temps. Il fit donc un nouveau dessin origi* nal sur le modèle d'une croix grecque, et sur une échelle moins considérable que celle dn plan primitif.

On se doute bien que l'envie ne vit pas sans une sorte de fureur le haut degré de faveur et de crédit où ce grand artiste était parvenu : il est même facile de deviner qu'avec un caractère ferme et une probité scrupuleuse, arrivant à une place où il se trouvait dans la nécessité de réformer une foule d'abus, il dut se faire un nombre considérable d'ennemis, et c'est ce qui ne manqua pas d'arriver ; mais il était résolu de tout supporter pour conduire à sa fin le grand monument qui devait si essentiellement contribuer à sa gloire, ou du moins pour le laisser en mourant tellement avancé, qu'il ne fût plus possible de s'écarter de ses plans. Au reste, ses ennemis se bornèrent à quelques intrigues sourdes et obscures pendant le pontificM de Paul III, dans l'esprit duquel ils le voyaient trop bien affermi.

Hais, dès les premiers moments du règne de Jules III, successeur do Paul (1), l'envie tenta un effort qu'elle crut suffisant pour faire tomber le crédit de Michel-Ange, et pour lui ôter la place d'architecte de Saint-Pierre. Toute cette intrigue était conduite par les deux cardinaux Salviati et Marcello Cervîno. Il y eut une accusation intentée en forme contre l'artiste, et le pape le fit comparaître en présence de ses adversaires pour répondre à leurs griefs. On prétendait qu'il avait rendu Téglisc trop obscure en ne faisan t que trois fenêtres pour trois chapelles,

(1) Paul III mourut au mois de novembre 1549, après un règne de quinze ans, qui fut signalé par trois événements remarquables : la bulle d*excommunication contre Henri VIII, roi d'Angleterre, datée du 30 août 1535; rétablissement des Jésuites en 15î0, et Touverture du concile de Trente en 1542. Paul III avait peut-être quelques qualités estimables, mais il eut le tort impardonnable de dissimuler et d*encourager même par sa faiblesse les turpitudes el les attentats de son fils naturel Pierre-Louis Farnëse, Tun des plus odieux scélérata dont rhistoire d*aucun pays fasse mention.

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