‹ MélangesChapitre 167 sur 269 · XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE · texte numérisé non relu

XXIX. DUPPA. — VIE DE MICHEL-ANGE

qu'exigeait de lui la construction du grand monument dont il était le principal architecte ; car ce fut vers ce même temps qu'il présenta le modèle du dôme de Saint-Pierre.

Cependant Tenvielui suscitait encore de nouveaux chagrins à la fin de sa carrière, ainsi qu'on le voit par une lettre de lui au cardinal de Carpi, datée du mois de septembre 1560. « On a dit à Votre Excellence, écrivait-il, que les travaux allaient extrêmement mal, et pourtant je puis l'assurer qu'eu égard aux embarras et aux difficultés de toute espèce dont nous sommes environnés, il est impossible défaire mieux... Mais, comme il peut arriver que par l'intérêt que j'y prends et par l'effet de ma vieillesse je me fasse illusion à moi-même, ce qui serait, contre mon intention, très-préjudiciable au succès de cette grande entreprise, j'ai le projet de supplier très-prochainement sa Sainteté, et je supplie, par la présente, Votre Excellence de me délivrer enfin de ce fardeau que j'ai supporté dix-sept ans par Tordre des papes, et sans aucun émolument, comme Votre Excellence le sait. Dans cette espace de temps néanmoins, on a pu voir clairement combien les travaux ont été avancés par mes soins ; mais, encore une fois, je prie Votre Excellence de m'affranchir de cette peine, elle ne saurait me rendre un plus grand service, etc. »

Ce ne fut pourtant que deux ans après que la cabale de ses ennemis tenta un dernier effort pour dépouiller de son emploi un grand homme dont l'unique tort était de vivre trop longtemps au gré de ceux qui aspiraient à s'en emparer ; ceci se passait dans l'année 1862, et, le 17 février de l'an 1863, Michel-Ange mourut à l'âge de près de quatre-vingt-neuf ans. Ainsi, dans tous les temps et dans tous les pays, on a vu l'homme de génie contraint de lutter pour ainsi dire jusqu'à sa dernière heure) contre la malveillance et les intrigues de la médiocrité jalouse. Au reste, il laissa en mourant l'église de Saint-Pierre à peu près au point où il avait désiré de l'avancer, et il ne restait plus qu'à asseoir et à construire le dôme qui couronne ce majestueux' édifice.

M6 ■ XALANfiBS DE PEU FRANÇOIS Tniftbl.

11 fal d'abord eolerré à Rome dans l'églne des Soints-ApAtres, mais^Ax^adéIme de Florence supplia leffrand-doc Cdme i" de s'entremettre aaprës du pape afin que lek restes ' d'm homme qui Eaisait tantd'hMineuràsapatiieyAuSBBtd^oeéSf et' ta translation eut lieu. Tout ce qn'il y anrait àFlofeDce d'hommes distîn^és par leurs talents dans tous les gmires de littérature et d'arts s'empressèrent de eontribner à, la magnificence des obsèques qu'on lui fit, et le eélèlirB' Inrtorien Bmtedetto Varchi prononça, dans cette solennité, son tioge funèbre.

Midiel-Ange ne fut pas seulement le pmoier «capteur, et, avec Raphaël, le plus g^nd peintre des tMBps modenws; il prit aussi un rang distingué parmi les poètes de son tem{w, et il composa un assez grand nombre de sonnets, de stances et autres petits poèmes qui furent, dans la suite, recnûlfo et publiés par son petit^neveu, ^prié Michel-Ange le jeune, anleur lui-même de deux poèmes d'un genre fort singulier, ia Fiera et la Taneia, mais estimés comme des ouvrages ob l'on trouve souvent beaucoup d'esprit et de &M8se, et classés par les littérateurs italiens para» les ouvrages qu'ils nomment testi di lingua, c'est-à-dire, ouvrages faisant autorité dans la langue.

Quant à notre grand artiste, il imita plus particuliërcmout dans ses poésies le goût et la maatJire de Pétrarque, bien qu'il oùt une admiration profonde pour les poèmes du Dante (1), son compatriote, dont le génie semble l'avoir plusieurs fois

(I) Lonque les académie iena de Florence préseatèrciit i LéoD X une requête pour le prier de permettre que les restes du Dante Tussenl tran>rërés de Ravenne, oii il i-lail enieveli, dace en ville natsie, oii ils voulaient lui ériger un monumetil, Michel-Ange se joignit i eux. lo Michel Agnolo, ëcrivail-il, tehullore il tntdeciniii a V. S. suppliclio afferendo mi al divin potta fart la tepallura sua ehondrcenle e in loco onomole di quesla cittn. Celte demande ne fut pa« accordée. On ne saurait trop regretter I» perle de l'exemplaire du Dante qui Sïaîl appartenu à Hicbel'Ange : c'était un gran<I in-rolio avec le commentaire de Landino, sur les marges duquel l'artiste avait dessiné à la plume tous les sujeli in- > du poème. Ce volume fut perdu, avec d'autres effets précieux, du» e qui périt en allant de Livoume à Civita-Veccbia.

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