‹ MélangesChapitre 172 sur 269 · XXX. — OUVRAGES SUR L'ÉDUCATION DES FILLES · texte numérisé non relu

XXX. — OUVRAGES SUR L'ÉDUCATION DES FILLES

che, sévère m(>mc, sur un objet aussi important, mais Téquité veut qu'elle ne soit ni dure ni offensante envers ceux dont Tunique tort est de n'avoir pas réussi à faire tout le bien qu'ils avaient désiré ou espéré de faire. Tel est l'esprit dans lequel j'ai cru devoir examiner les trois ouvrages dont je vais parler, et qui tous trois traitent du même sujet.

Le premier est intitulé : Conseils (Tun père et ctune mère à letirs enfants^ sur F éducation de leurs filles (1). La doctrine en est saine et les idées en sont pleines de justesse et souvent de sagacité. L'auteur ne se flatte point de présenter des vues neuves sur le sujet qu'il traite, ni d'enseigner des vérités inconnues jusqu'à lui; il n'a aspiré qu'à rassembler et à rapprocher, en les dégageant des erreurs qui les accompagnent quelquefois, les vérités trouvées et développées par les hommes de génie et les écrivains supérieurs qui ont déjà parcouru avec éclat cette intéressante carrière.

Le principe fondamental sur lequel repose tout l'ouvrage est que le caractère de l* homme bien organisé n'est que le produit de ses premières habitudes, et que ses vices ou ses vertus sont dus à son éducation, c'est-à-dire, à finfiluence dé ses semblables sur son enfance et sur sa jeunesse. Il faut convenir qu'en effet ceux qui attribuent en grande partie nos talents, nos qualités bonnes ou mauvaises à ce qu'ils appellent la nature, se sont trop rarement rendu compte de l'idée précise que Ton doit attacher à ce mot, et qu'on ne peut absolument en attacher aucune à celui à' éducation, si l'on refuse d'embrasser, avec l'auteur de cet écrit, « l'idée consolante qu'une fatalité aveugle ne rend pas l'homme bon ou mauvais; qu'il dépend de lui d'être vertueux et heureux, ou, pour mieux dire, que sa bonne ou sa mauvaise destinée est presque toujours le résultat nécessaire de la conduite de ceux qui le dirigèrent dans son enfance et dans sa jeunesse; qu'enfin, dès que nous commençons à sentir, à nous rappeler

(1) Un volume in-12, avec cette épigraphe tirée de l'ouvrage même : Faites le bonheur de votre famille, et vous travaillerez au vôtre» Chez Deterville, libraire, rue Hautereuille,Q<^^. 1810;

le passé et b, ea faite la comparaison avec le présent, nous oommençons aassî &noas ftffmer des habitudes dont l'iâflueDce nons dirigera, on mAme noos osswvira ptos ou moins àma la suite. M Mois, en a&ptant cette partie de le doeliine d'Hehrétius, l'auteur a soin ^'y mettre les restrictions convenaUeS : « Nous ne prétendons pas, dil4t, qu'où peut pousser tes nrcc^ de TAdu^ jatieu- jusqu'à donner à tous les caractères des nuattoea ^alea WAâbrmes... Tant de hasards, de chocs, d'évènemuits in^ jHiéTUB se reucontrent dans le cours de la vie, qu'il swait f6a de dire qu'on peut tout prévoir et tout maîtriser. »

Cet ouvrage, destiné spécidement i présenter aux parrata les -vues qui peuvent les diriger dans l'éducation de leurs enfants, traite plus en détail de celle dos filles, parce ^e ce sont elles que l'on élève plus communément dans la maison paternelle, au lieu que l'usage et des motifs, 6 quelques ^ards impérieux, veulent que les garçons soit d'assez bon&e hetue envoyés dans les pensions ou autres étaUissemoits d'éduca- Uon publique. D'aiHeucs, dans tout ce qui regarde les soins et la surveillance dont le premier &ge doit être l'objet, les méOMS obsorvatious , tes mêmes pratiques dé conduite, peuvent, k quelques petites modifications près , s'appliquer également aux enfants de l'un et de l'autre sexe.

L'auteur a cru devoir présenter d'abord avec quelque étendue les motifs qui donnent une très-haute importance à l'éducation des femmes et développer les inconvénients de celle qu'elles reçoivent trop ordinairement : tout ce qu'il dît à sujet ne paraîtra peut-être commun ou rebattu qu'à ceux qui ne savent pas combien les idées raisonnables et saines ont besoin d'être représentées souvent et redites de mille manières pour devenir en cITet communes, et combien il est à désirer qu'elles le deviennent. On accusera peut-être aussi d'exagéra- Uon le tableau qu'il fait des inconvénients que présentent la plupart des pensionnats où l'on élève les jeunes demoiselles; mais il faudrait démontrer que ces inconvénients sont particuliers à quelques établissements de ce genre, qui font excep-

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