‹ MélangesChapitre 173 sur 269 · XXX. - OUVRAGES SUR L'ÉDUCATION DES FILLES · texte numérisé non relu

XXX. - OUVRAGES SUR L'ÉDUCATION DES FILLES

lion entre tous les autres; au lieu que malheureusement ce sont, au contraire, ceux où l'éducation est raisonnable et sensée qui font exception. Mais, en avouant une vérité aussi triste, n'oublions pas que les préjugés ou les idées fausses du plus grand nombre des parents, sur un objet aussi important, mettent, en quoique sorte^ les instituteurs et les institutrices dans la nécessité de les tromper, comme ils veulent absolument qu'on les trompe.

Sous ce rapport encore, l'ouvrage que j'annonce peut être fort utile en indiquant le véritable but qu'on doit se proposer dans l'éducation des filles, les qualités essentielles qu'on doit aspirer à leur faire acquérir, et les moyens les plus naturels et les plus sûrs de parvenir à ce but. Les conseils que donne l'auteur ont le mérite d'être également praticables pour toutes les conditions^ ou plutôt de l'être surtout pour les familles qui composent la classe moyenne de la société, e*est-à-dire, celles où les habitudes déraison et de modération sont le plus nécessaires, et où heureusement aussi elles peuvent le plus facilement s'introduire, quand elles n'y existent pas. Il serait inutile, au reste, d'entrer ici dans le détail des vues et des préceptes que contient un livre très-court par lui-même. On n'apprendrait rien de nouveau à ceux qui ont eu occasion de réfléchir sur ce sujet et qui ont lu les meilleurs ouvrages qui en traitent. L'auteur des Conseils, etc., a su y puiser les vérités les plus utiles, et l'on voit, par la manière dont il les reproduit, que la méditation et Texpérience les lui ont rendues propres.

Je dois pourtant l'avouer, si le fonds et la plupart des détails de cet ouvago me paraissent tout-à-fait dignes d'éloges, la forme m'en a paru moins heureuse, et j'avais été d'abord prévenu défavorablement par le ton un peu trop dogmatique qui y règne dès le début. Dans tout le cours du livre, le père et la mère parlent toujours ensemble à leurs filles, ce qui donne au style une tournure trop uniforme et quelquefois pénible : d'ailleurs on a peine à se prêter à cette supposition de deux personnes pensant, parlant, observant, écrivant tou-

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jours à la fois eil commun, et l'idée <]D'Us'ont one d'écrire cba- ■auii'ailterBaUvem«it-uae page du m&auBcril qu'ils ootremi», ^SflDt-ils,' k leurs filles, sera peoA^âtre tEouvéfl un psqpuérile. :Qn M pe&t-étAi aussi choqué iDvolont8ireBuwt'4e'la.«orte 4'^Eeot»tioa que l'anteur,. ou bs auleurs, meUent h a*i dter 4luMnèmeU pour modbles daùs presque tbute»lea BiwoiutuKes Âi^Etaiites, et de l'admiration unjloii trop at^ve^u'iU témoignent pour lourd propres succès; on-sorie qne' phisieura foîk leur langage- esten contradiction ârec la modeste -siinitlicité qui est visiblement dans leur iatoatioo. Mois oes'défants» si véeUemenl un peut leur donner ce nom, et il ce n'est pas-tnoi qaî ai tort de- j uger aiiist, n'empècfaent pas que le livra' né soit» f«mme je l'ai dîU fort utile el fort estimaUe, et: l'on ne aaniwt trop exciter l'auteor, on les auteuïs, à publier la seconde et la troisième partie de ces Corueilt, où ils annoncent qu'ils traitèrent, de' ce qui est relatif à- l'instruction de radolesceneet et de tout ce qni tiunt an développement -des payions. Ce 6Hnplément ne peut qu'être extrêmement intéressant, soif qn'Hs jugent à propros de le produire sous la mtoie forme, ouqu'ils prouvent convenable de la modifier on peu.

Les Promenades instructives et morales île M"' de Maintenon avec deux demoiselles, élèves de Saitil-Ci/r (1), ouvraj^e (jui n'est pas, comme le précédenl, dosliné aux parents ou aux instilulrioes, mais aux jeunes personnes elles-mêmes, auraient peut-être offert beaucoup d'agrément el d'intérêt, si le cadre avait été rempli avec assez de jugement et de talent. M"' de Maintenon, douée d'un esprit éminemment juste, éclairé et délicat, d'une raison exercée et mûrie pai" l'observation profonde des hommes et du monde, placée par la fortune dans des circonstances aussi extraordinaires que variées, où toutes les passions t^ui peuvent agiter le cœur humain s'étaient manifestées k elle BOUS toutes les formes qu'elles peuvent prendre, d'autant moins susceptible .de s'en laisser imposer par celles

(I) Uq Tolume îd-IS. Ch«i H. Nîolls, UbrAira, ni« de Seine, d* 13. 1809.

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