XXXI. ŒLSNER. — MAHOMÉTISME
c'(3st le mémoire couronné en 1809 qu'il publie aujourd'hui. Il serait superflu d'ajouter nos éloges au sufl*rage de l'Institut ; nous nous bornerons donc à faire connaître, autant que cela est possible dans un extrait peu étendu, les principales vues et les idées les plus remarquables que renferme le mémoire de M. Œisner, et nous observerons seulement, à ce sujet, que, parmi les nombreux services rendus aux sciences et aux lettres par les compagnies savantes depuis leur établissement, un des plus signalés, sansdoute,estcette direction aussi utile qu'intéressante qu'elles ont donnée à l'esprit de recherche par les questions pour la solution desquelles elles offrent des récompenses glorieuses, par l'appui et l'encouragement qu'elles ne cessent de donner aux hommes de tous les pays qui exercent leur esprit et cultivent leur raison. A cet égard, et ce n'est assurément pas le seul, l'influence avantageuse qu'elles ont exercée sur le progrès et sur la propagation des connaissances humaines est incontestable.
L'auteur du mémoire que nous analysons a divisé son travail en deux parties, dans lesquelles il a embrassé la série des faits relatifs aux deux périodes les plus remarquables de l'histoire des Musulmans, dont se composa à peu près l'intervalle des trois premiers sièclesderhégire(l). Dans la première partie, qui comprend une période d'environ cent trente ans, depuis Mahomet jusqu'à la chute des califes Ommyades, ses successeurs immédiats, il traite successivement de l'état de l'Arabie, des mœurs, du caractère et de la disposition des esprits dans ce pays et dans les contrées voisines à l'époque où cet homme extraordinaire y opéra la plus étonnante révolution dont les annales du monde fassent mention. Il observe la naissance et les progrès de ce fanatisme ardent, de cet esprit de prosélytisme dont les premiers sectateurs de Tislamisme se montrèrent animés, le
(1) C*e8t, comme on sait, le nom qu*on donne à Tère musulmane, d*un mot arabe qui signifie fuite; elle date de la nuit du 16 juillet 622 de Tëre chrétienne, parce que c^est dans cette nuit que Mahomet partit de la Mecque pour se réfugier à Yatrib^ plus communément connue sous le nom de Médine.
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génie militaire des Samsina -qui seconda n merreiUsvMoieiit leur passion dominante, les caases de comiption et de dégradation, les discordes, tant dviles que religieuses, qui, dans la Perse, et surtout dans l'empire d'Orient, devinrent pour eaxiui»iionveUe occasion, un nouveau moyen de succès. &ifia il puise aux sources les plus authentiques des détails non mous ctnieux qu'inslructib sur la succession el l'éteedue des esaquAtas des Iffemiers Hahométans, sur l'établissement des nombrenaascolonies qu'ils fond^enl, sur leur forme de gouvernement, sur leurs mœurs et sur l'esprit agricole qui se développa asseï promptemont et avec beaucoup de succès punû eux. Cette partie du travail de H. Œlsner est terminée par un parallèle entre les Ommyades et les Abassides, nouvelle dynastie qui succéda au trâne des califes, et qui prit son nom de Abosl ALbas, le premier d'entre eux et l'auteur de la révolution.
C'est ainsi que l'autew prépare et amène la seconde partie de son ouvrage, qui comprend proprement cette période même du règne des Abassides, jusque vers le temps où leur m^tire commença à se diviser, - et où l'Égypt» et l'Afirique s'm anqtirèrent sous le gouvernement des califes appelés Fatimites, vws l'an 296 de l'hégire ou 909 de notre ère {!).
Celte dernière partie du mémoire renferme un tableau abréf^é de l'étal de la littérature cliez les Sarrasins, de leurs opinions, de leurs connaissances en jurisprudence, en politique, en médecine, en un mot des proférés rapides par lesquels ils s'élevèrent pendant quelque temps à un deg;ré de supériorité remarquable par rapport aux nations chrétiennes de l'Europe, qui élaîonl à la même époque dans un état complet de barbarie. Les Arabes, dans les beaux temps du règne des califes Abassides, se trouvèrent véritablement sur la route d'un perfec-
(1) On sait [)ue l'Eapagne fut arrachée aux califea abassidfs, et que, ilèi l'avioemenl de ceUe nouvelle dynastie, Abdérame, premier roi de Cordoue, el le seul prince de la famille de» Ommjades qui eût échappé à la fureur de l'usurpateur, s'élal)lit dam cette partie de l'Europe une aouveraineté indépendante, vers l'an 1 38 de l'hégire, ou ISS de l'tre chrétienne.