‹ MélangesChapitre 177 sur 269 · XXXI. OELSNER. - MAHOMÉTISME · texte numérisé non relu

XXXI. OELSNER. - MAHOMÉTISME

tionuemont qu'on voit avec regret s'arrêter et déchoir presque aussi rapidement qu'il s'était opéré. Ils cultivèrent avec ardeur toutes les sciences et toutes les branches de la littérature; les beaux-arts seuls furent négligés par eux, parliculiërement les arts du dessin, que leur culte proscrivait expressément.

On lira sans doute avec plaisir les réflexions judicieuses que fait à ce sujet Tauteur du Mémoire : «Une des causes, dit-il, qui arrêtèrent l'essor du génie arabe, c'est que Tislamisme regardait la plupart des beaux-arts comme des hérésies. Ces arts, qui ne prétendent qu'à nous occuper agréablement, vont plus loin dans leurs effets. Tandis qu'ils charment les sens, qu'ils excitent l'imagination, et qu'ils entretiennent la sensibilité^ ils augmentent la capacité de l'âme. En épurant le goût, ils perfectionnent le jugement, car le goût lui donne la certitude d'un heureux instinct qui réagit sur toutes nos facultés intérieures; et, comme les ressorts de l'esprit se tiennent réciproquement, Tun participe tôt ou tard à l'engourdissement de l'autre. Enfin, il est impossible que le génie d'un peuple remplisse bien une grande sphère de développement, lorsqu'il ne se dilate pas en tous sens. »

L'ouvrage est terminé par quelques considérations sur le commerce des Arabes, dans l'intérieur de leur vaste empire, en Espagne, à Constantinople, sur la côte d'Afrique, dans l'Inde et en Chine. L'auteur y signale les causes de prospérité etd'agran* dissement que devaient donner à leurs relations commerciales les habitudes et les opinions des Musulmans ; l'encouragement qui résultait, poiu* la profession de commerçant, de l'exemple du prophète lui-même qui avait commencé par l'exercer, et des termes honorables dans lesquels il en parle dans le Koran, en sorte que cette profession n'éprouva point chez les Sarrasins rinconvénient qui, chez nous, par exemple, a longtemps arrêté son essor, le dédain des classes privilégiées ou des hommes élevés en dignité. Revenant ensuite à l'examen des circonstances qui amenaient chez ces mêmes peuples la décadence de leur activité commerciale, il n'oublie pas de faire remarquer, avec

4» «Él.AMlKS lit: li;i KHAM,;niS Tlll KOÏ.

Moiitefiqiiïeu, qnn rcircnr ite Mahomet, igiii confoiidil la iiolîuii d« l'intérêt avec celle de l'usiirei doit être comptée ôomme une deii principale» causes de cette décadence, par rintensilé mtese que les lois prohibitives donnëreat à ce fléan qu'elles voulaieat détruire. Mais une e^se pïus géoérale et pins profonde qu'Ucuno antre de celles qni contribuerait ma déelin r^^de de la prospérité des Sairasins, c'est le deèpotiisM politique qui, Urété un moment par les circonstances an miliea ^squdlef l'islamisme était né et s'était propagé, tendit chaque jonr à dovenirplus absolu; c'est cette mala£e, en qaelqnti sorte endémique chez les nations asiatiques, et qui sextile deatinée à arrêter chez elles toutes tendances vers on-iEmiDeBr ordre de choses, auquel des circonstances e^trattfdiDtirw et iiB]HréiTU0» pourraient donner lieu.

En effet, un phénomène dont on ne peut s'empêcher d'être vivement frappé, en réOéchissant sur l'histoire des peuples de l'Europer, comparés à cmut de l'Asie, ' c'est que eeuz-ei, en exceptant toutefois les hordes errantes des Tartnes M ém Arabes, plus particulièrement connus sons le nmn de JiWaïaw, ont été nonstammentsoumisà un despotisme absolo,tB&di* que la tendance générale du caractère et des opinions chez ceux-là a luiijuiirs réprouvé cette forme de gouvernement, qui n'a jamais pu s'y établir que pendant des intervalles de temps plus ou moins longs, et tantôt chez une nation, tantôt chez une autre, mais à aucune époque chez toutes. Il parait à peu près hors de doute que l'ignorance est la principale cause qui maintient chez les nations de l'Asie une forme d'administration si désastreuse pour les peuples, et si fatale surtout aux souverains et à leurs familles; mais cette ignorance n'est point, comme on est généralement porté à le croire, le produit des dogmes ou dos opinions religieuses des Asiatiques, et de la religion de Mahomet en particulier. L'Evangile, qui promet le royaume du ciel aux pauvres d'esprit, et dont les maximes tendent toutes à humilier la raison, et à inspirer du mépris pour la vanité des &cicnce8humainc8,étaitpcut-£ti'ed'autant plus propre àproduire

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cet effet, qu'il n'a pas manqué de se trouver dans tous les temps et dans tous les pays des fanatiques disposés à pervertir Tesprit de ces maximes si salutaires quand elles sont prises dans le véri* table sens que leur donnait leur auteur. Les principes de Mahomet sur le même sujet auraient dû, au contraire, singulièrement favoriser Tinstruction et le désir d'acquérir des connaissances dans les pays où sa religion fut adoptée ; quoi de plus propre en effet à produire un pareil résultat que les maximes suivantes du prophète arabe, rapportées par M. Œlsner : « Enseignez la science, car celui qui Tenseigne craint Dieu, et qui la désirèi, Tadore; qui en parle, loue le Seigneur; qui dispute pour elle, livre un combat sacré; qui la répand, distribue Taumône aux ignorants, et qui la possède, devient un objet de vénération et de bienveillance. » « L'étude des lettres, dit-il encore, vaut le jeûne, et leur enseignement vaut la prière. A un cœur noble elles inspirent des sentiments plus élevés, et elles humanisent les pervers. » Comment est-il arrivé cependant que l'ignorance a toujours asservi les peuples d'Asie, qu'au milieu des bouleversements dont cette vaste contrée a été sans cesse le théâtre, il ne s'y soit pas fait une seule révolution dans la forme des gouvernements et dans le système des idées ou des habitudes de ces peuples, que même une religion nouvelle n'en ait pas pu rompre le cours? C'est une question qui n'est peut-être pas indigne d'occuper la sagacité des» esprits les plus éclairés.

La question inverse de celle qu'a traitée M. Œlsner, dans son Mémoire, n'aurait peut-être pas été tout à fait sans intérêt aussi: jusqu'à quel point l'esprit, les mœurs, et les opinions ou habitudes morales et politiques des peuples pour qui elle était destinée, ont-ils influé sur la religion de Mahomet? On peut même dire de toute faiisse religion, comme celle-là, qu'elle est incessamment modifiée, depuis son origine et dans tout le cours de sa durée, par les mœurs et les opinions des hommes qui la professent. Il n'y a, comme on sait, que la vérité dont le caractère soit l'immutabilité, et qui soit ce qu'elle est parelle-mêm«, et indépendamment de tout intérêt des passions, de toute corn-

4M MÊLilIfiBb BB#BU FHANI.:Of<; TIII'IIOT.

iHMHon de la poUUqae htiEBune. Uafaomet prêcha rotiîlé ito IHen et renvena les id<^0 dn tMnple de la MeeqQe, p«m qae l'idée abstraite d'une' divinité unique eonveiuiit trèa^iea anx ArabeB du désert, qui ne peuvaiU avurni templea m images, et parce que la garde do temple et le culte dea îdolea étuebt le privilège particulier des Kernschites ses adveruires, qui Jouisavent des plus grandes richesses et du phu grand crédit dans sa patrie. U ne parle dans le Korao d'Abraham et lia Uolse qu'avec le plus grand respect, parce que c'tout un moye» d'attirer à lui les Juih ; et, ra mettant Jésua^Ariat au rang des pn^hfctes, n ménageait et attirait également les ehrétima qui ■e trouvuukt en grand nombre dana cea e^faéee. Lea hommages même qu'il rend à la Vierge, qu'il nomme pore et immaculée, lui conciliaient en particulier les NeatoriuiB, aeote de chrétiens idors aussi fort nombreuse, et qui professaient à peu ^rës les mêmes opinions à cet égard, puisqu'ils niaimitqne la Vieige fût là mère de Jésus-Christ comme Dieu, bien qœ par l'opération du SainlrEsprit elle l'eût enfanté sans eontracler de •Doillnre, etc., etc. En un mot, tout prouve que la religion de M^omet n'a été composée que d'opinions et de dogmes qui tous existaient avant lui, et, pour ainsi dire, autour de lui. et sous l'influence non seulement de l'esprit et des mœurs des peuples chez lesquels elle s'est établie, mats trës-suuvunt même flous l'inlluence des plus petites circonstances de sa vie, puisqu'il savait très<biea, au besoin, faire descendre du ciel un verset de l'Alcorau, soit pour se faire autoriser à prendre sa part du butin quand 11 avait d'abord cru devoir la refuser, soit pour d'autres occasions tout aussi peu importantes.

Au reste, il faut l'avouer, ces questions d'itifluence d'une cause souvent trës-vague et très-indéterminée, ou du moins Irèscompliquéo, sur un ordre de choses qui lui-même se compose d'une inlinité d'éléments très-diflîciles h déterminer, sont presque impossibles à résoudre à la rigueur. Aussi voyons-nous que l'auteur du Mémoire qui nous occupe a plutôt présenté le tableau des effets de la religion de Mahomet, etc., comme te

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