‹ MélangesChapitre 179 sur 269 · XXX[Ï. DELEUZE. — EUDOXE · texte numérisé non relu

XXX[Ï. DELEUZE. — EUDOXE

partialité qui a fait adjuger le prix à un étranger. Déjà il est arrivé plusieurs fois aussi que des Français ont été couronnés par le suffrage des académies établies dans les autres pays de TEurope, et ce noble échange de succès et de lumières imprime au siècle qui «n est témoin un caractère imposant d amour do la vérité, de penchant pour tout ce qui est bon et utile, de quelque part qu'il vienne. Les compagnies savantes donnent en cela, aux individus qui se consacrent à la culture des sciences et des lettres, dans quelque pays qu'ils soient, un exemple qu'ils doivent s'empresser d'imiter. Il est bon, sans doute, d'observer les différences caractéristiques qui existent entre les lettrés, ou plutôt entre les procédés que suivent les gens de lettres des diverses contrées, dans leurs travaux et dans leurs étudeS; parce qu'il peut y avoir quelque utilité à constater les faits de ce genre ; mais il est au moins superflu d'insister beau* coup sur ces différences, d'en faire la base d'une classification toujours sujette à de grandes difficultés ; il peut même y avoir quelque inconvénient à insister sur ces prétendues distinc* tions, qui peuvent si facilement devenir un sujet de divisions entre des hommes qui, pour leur intérêt aussi bien que pour celui de la société, doivent marcher unis vers un seul et même but : la vérité et l'utilité générale.

Eudoxe. Entretiens sur V étude des Sciences, des Lettres et de la Philosophie ; par J.-P.-F. Deleuze. — Deux vol. in-8°. — Prix, 12 fr., et 18 fr. 28 cent, franc de port. Paris, chez Fr. Schoell, libraire, ruedesFossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, n° 29, 1810. {Mercure de France, août 1810, t. XLIII, p. 468.)

Cet ouvrage est du petit nombre de ceux qui se distinguent également par l'importance du but que l'auteur s'est proposé,

tS4. MÉLANGES SE FED FRANÇbliSl WOBOT.

cA par le mérite de l'exécutiàn. La j^upart de» livre» e^ Poa traite de la méthode d^étudSelr les scieiH^ sont destinés à seryrit de guides aux jeunes gens qui commencent le cours orffik^re des études classiques, ou qui j sont dé|à avancés; mus Bs n'y trouvent pas assez de renseignements pour .se ériger Auis la carrière de Tinstruction, lorsque, livrés à eux-màoMs, à jteur entrée dans le monde, il leur serait ta nécessaire d'adopter Ses conseils salutaires sur le plan de conduite qu'ils doii^nt Suivre désormais. Cependùit on convient généralement que -c'est de la secmide édî^adon^ c*est^-dife dé celle qu'on se donne> en quelque sorte, à soi-même, à Troque dent je parle^ que dépend presque entièrement le succès de nos travaux dans tout le coârs de notre vie : Ton doit donc savoir g^ à M» Deleuxe d*avoir porté smi attention sur un objet «ussi imffortant, et d'avoir recueilli dans les meilleures sources, et d^ns la conversation des hommes les plus éclairés les eonseils *^'il offre ici aux jeunes gens qui ont la nc44e ambition éd se distinguer par leurs connaissances et par les services ^'ils opèrent rendre un jour à la société. Pour exécuta un pareil travail; il fallait joindre à des lumières peu communes un grand discernement et un zèle ardent pour le bien public, et le livTe seul de M. Deleuze suffirait pour prouver qu'aucun de ces précieux avantages ne lui a manqué.

Il suppose qn Eudoxe sortant, à Tâge de vingt ans, de Tuniversité de Gœttingue, où il a terminé sa première éducation avec tout le succès qu'on peut attendre des plus heureuses dispositions, unies à un goût décidé pour les sciences, vient, suivant les dernières volontés de son père, trouver l'ami intime dont celui-ci lui a expressément recommandé de rechercher et de suivre les conseils pour diriger sa jeunesse ; cet ami est Àriste, père de famille également recommandable par ses rares connaissances et par ses vertus ; il habite une maison de campagne voisine du lac de Genève. C'est dans les entretiens d'Eudoxe avec cet homme respectable que se développe tout un plan d'études que l'auteur a congu et qu il a voulu rendre

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