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Les produits auxquels un fonds de terre s concoDru duivent rendre iiu profit proportionné à la part que ce fonds lui-même n euo à la production, pins celte qui est due à l'industrie et aux capitaux du cultivateur. Or, si ce cultivateur est propriétaire du ^ fonds dfl terre, il est clair que tous ces prolits doivent lui appai^ tenir; miiis, si son capital ne consiste qu'eu outils, charrettes, bestiaux, etc., alors il lui maaque un instniinonl essentiel à l'exercice de son industrie (1): c'est le fonds de terre, qu'il loue ou qu'il prend h bail, et il faut qu'il paye au propriétaire de la lorre le profit résultant du service productif qu'il en tire. Au reste, comme les terres, surtout duns les pays anciennement cultivés, sont bien plus recherchées que les travaux propres à les faire valoir, ceux qui les possèdent ont ainsi un immense avantage sur ceux qui n'ont que des moyens industriels, et dea capitaux toujours peu considérables, à consacrer h ce genre d'exploitation, ce qui rend la culture des terres en général fort pou avantageuse h la classe nombreuse qui s'y livre; en aorte que, par la nature même des choses, le travail le plus immédiatement utile à la société est aussi le plus ingrat et le plus mal payé : considcralion bien propre sans doute a inspirer aux gouvernements sages plus d'intérêt pour ta classe importante des cultivateurs, qu'ils doivent eacourager et surtout ménager autant qu'il est possible.
II en est d'un capital comme d'une terre : celui qui ne la fait pas valoir lui-même cède è un autre le profit qui peut résulter de ^on emploi, moyennant un certain loyer; c'est ce qu'un appelle prêt à intérêt. Ici l'on évalue, outre le prix du loyer du capital, le risque que court le prêteur de ne pas reutrcr en possession de la totalité ou d'une partie de ce même
(t) Un champ o'etl Jonc réellement qu'un Instrumenl de production, ou no aiDHS de mnliires ])r«iiiièreR. Une ferme est une traie manufacture. Tant qu'on ■'obslinern à voir dans ce ^enre de propriété quelque choie de plus myitérievi que dans tout autre, on raisonnera furi mal en économie politique et en légiilation. Un propriétaire de terres, qui n'est pas cultivateur, ne contribue pat plut k la production que celui qui loue un ingirument de musique à un aniate célèbn u plaisir dei amateura qui vont l'entendre.
capital ; et ce risque est payé au moyen d'une autre portion d'intérêt ajoutée à la première, et qui peut être considérée comme une véritable prime d'assurance, laquelle forme souvent la plus forte partie de l'intérêt total. Il est facile de sentir que la sûreté de l'emploi, la confiance qu'on a dans les moyens et dans le caractère personnel de l'emprunteur, et enfin la bonne administration du pays où il réside, sont autant de circonstances qui peuvent contribuer à faire baisser le prix de Tassu* rance.
Quant à la portion d'intérêt pur et simple, ou du véritable loyer qui paye l'utilité et l'usage d'un capital, elle est d'autant plus élevée que la quantité des capitaux à prêter est moindre, et que celle des capitaux qu'on demande à emprunter est plus considérable, et cette dernière quantité est d'autant plus considérable que les emplois de capitaux sont plus nombreux et plus avantageux; par conséquent, plus les capitaux disponibles, c'est-à-dire actuellement dans la circulation, sont abondants en proportion de l'étendue des emplois, et plus on voit baisser l'intérêt des capitaux prêtés. Ici, donc, comme dans tout le reste, les intérêts des hommes sont en opposition, et le taux se règle sur la quantité demandée et sur la quantité offerte pour chaque emploi. Mais, dans tous les cas, c'est à tort que beaucoup de gens s'imaginent que l'abondance des capitaux est la même chose que l'abondance de l'argent, et que celle-ci fait baisser le taux de Tintérêt; car^ dans la réalité, c'est toujours une valeur que Ton emploie, et non pas telle ou telle sorte de métal ou de marchandise, et par conséquent c'est fort improprement qu'on se sert de l'expression intérêt de fargent, pour désigner le résultat de cet emploi.
L'emploi de capitaux le plus avantageux pour le capitaliste est celui qui, à sûreté égale, lui rapporte les profits les plus considérables; mais ce n'est pas toujours le plus avantageux pour la société. L'emploi qui remplit le mieux cette condition est celui qui féconde l'industrie agricole, puis celui qui contribue à donner plus d'activité aux manufactures et au commerce inté^
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rieur ; car le principal avantage du commerce étrangw est dam rimpolsion qu'il donne à rinduetrie nationale ; par conséquent^ le négeciimt dont les capitaux sont consacrés au commerce du tnmsport de Tétranger à Fétranger en fait rempfoi le moins favorable à la prospérité généralot^^ita nation.
Dans les pays où des cap^aapr abondants réclament une grande quantité de qualités industrieUes, les profits del'industrie sont plus considérables, que ceux des cajutaux Oi| des terres; mais, comparés entre ôvk, les profits des divers genres d'induuir trie sont plus ou moiiis^^cpsid&rables, 1* suivant que les travaux de tel ou tel genre sont plus ou moins dangereux ou dé* sagréables ; 2* selon qu'ils fournissent plus ou moins constamment de l'occupation ; 8* selon qu'ils exigent des mains plus sûres et plus dignes de confiance ; 4* selon la certitude oi| Fin? certitude de leurs résultats ; 5* enfin, selon le degré d'habOieté qu'ils supposent.
En général, l'entrepreneur d'industrie est Fintermédiaire entre le cq»italiste et le propriétaire foncier » entre le savant et Fouvrier, entre toutes les classes de producteurs, et entre ceux^ ci et le consommateur ; il administre Fœuvre de la production. Si Fou suppose pour un moment que toutes les eutreprise's d'un pays soient dirigées par une seule personne, on trouvera que c'est cette personne fictive qui dispose de toutes les propriétés, c'est-à-dire des forces, de l'intelligence, des capitaux et des terres de la nation entière, que c'est elle qui paye à chacun des membres de l'État le revenu de ses propriétés ; elle encore, qui reçoit le prix de tout ce qui est consommé par chacun d'eux.
Il est rare que celui qui se met à la tète d'une entreprise ne soit pas en même temps propriétaire au moins d'une partie du capital qu'il fait valoir ; mais, abstraction faite de cette circonstance, le prix de son travail se règle, comme toutes autres choses, par le rapport qui se trouve exister entre la quantité demandée de ce genre de travail et la quantité offerte. Ce travail, quelle que soit la nature de l'entreprise, consiste, comme on Fa vu précédemment, dans l'application des moyens à l'acte de la
production ; il exigea par conséquent une réunion de talents et de qualités qui ne se trouvent pas dans le plus grand nombre des individus, ce qui est déjà une cause qui diminue le nombre des concurrents en chaque genre, et une chance de plus pour le succès de l'entreprise, quand des circonstances imprévues ne la contrarient pas. Aussi, est-ce dans cette classe de producteurs, quand le bonheur se joint à Thabileté^ que se font communément les grandes fortunes.
Les profits du savant sont toujours peu considérables, parce qu'il met en quelques instants, dans la circulation, une quantité très-considérable des produits de son travail; ces produits ne sont pas de nature à s'user ; au contraire, ils 'se perfectionnent souvent par l'usage qu'en font ceux qui les emploient, de manière qu'on est rarement dans le cas d'avoir recours au premier producteur pour en faire de nouvelles provisions. Il est donc assez rare qu'un savant et un homme de lettres s*enrichissent uniquement par le produit de leurs travaux ; si quelque circonstance les élève à une haute fortune, trop souvent ils perdent du côté de Testime et de la considération ce qu'ils gagnent en traitements et en dignités, à moins qu'ils ne portent dans les places importantes auxquelles ils peuvent être appelés un patriotisme ferme et éclairé, tel qu'on a droit de l'exiger d'eux, plutôt que d'aucune autre classe de citoyens. Au reste, ils ne doivent jamais oublier que, plus ils auront l'espoir de perpétuer la gloire qu'ils se seront acquise par leurs travaux comme savants, plus aussi serait durable la honte qui s'attacherait à leur conduite comme hommes publics.
L'homme qui se livre, pour le compte de l'entrepreneur d'industrie, à des travaux dont l'exécution n'exige point ou presque point d'études antérieures , l'ouvrier ou simple salarié, a une force physique, une aptitude plus ou moins grande, qui peut être regardée comme un capital accumulé ; et, par conséquent, il est juste qu'il gagne un salaire un peu supérieur à ce qui lui est strictement nécessaire pour subsister; il faut qu'il existe avec un peu d'aisance, et qu'il élève «a ûmilla. Les cfalairer
W6 MÉLANGES DE FEU FRANÇOIS THUaOT.
qu'il poiit obtenir so règlent contradicloirement, par une convenliiin fuite entre lui et l'entrepreneur d'industrie : l'un i-herche à recevoir le plus, et l'autre à donner le moins possible ; mus ca dernier a toujours, indépendamment de la nature de ses fonction!) et de la supériorité que lui donnent le» circonstances de sa position, un avantage très-réel dans la quantité toujours fort consitlérahlo dus services ofTerls, et il n'est que trop généralement tenté d'en abuser. Cependant, quand le prix des salaires est trop bas, le nombre des ouvriers diminue, et alors il faut bien que les salaires se payent plus cher; car on a remarqué que le fonds sur lequel \-ivent les salariés, devient avec le temps une quantité à peu près constante, laquelle est fournie par l'excédent du revenu consacré à l'existence de toutes les autres classes. Or ce revenu, quelle en est. en général, la source et In cause, si ce n'est le truvai) de la classe laborieuse et vouée & la culture des terres, à la fabrication des produits les plus indispensables à nos besoins? L'extension que cette classe peut att«iudre détermine donc celle de la population totale, et en explique toutes les variations; d'où il suit que ce qui est réellement utile au pauvre l'est aussi toujours réellement k la société tout entière. 11 lui importe, en premier lieu, que les salaires du pauvre soient suffisants, car elle a toujours intérêt, comme nous l'avons déjà dit, à ce que le pauvre ne soit pas trop malheureux. Secondement, il importe aussi à la société que les salaires du pauvre soient constants, car tes moindres variations dans le prix de la main-d'œuvre ont de tout temps été regardées, avec raison, comme de très-grands malheurs.
On voit que la question de la distribution des richesses, que nous venons d'examiner, tient immédiatement à une autre question, aussi d'une trës-baute importance en économie politique, celle de la population, sur la solution de laquelle les considérations précédemment exposées peuvent, en effet, répandre beaucoup de lumière.
La plupart des auteurs qui ont écrit sur l'économie, quelque opposées ou diverses qu'aient été leurs opinions dans toat