‹ MélangesChapitre 20 sur 269 · IV. CORAV. — VIES DE PLUTARQUE. 8i · texte numérisé non relu

IV. CORAV. — VIES DE PLUTARQUE. 8i

c'est à ce zèle généreux et éclairé d'un savant illustre et de ses dignes compatriotes, que nous sommes redevables d'une suite d'excellentes éditions des meilleurs écrivains grecs, dont la collection se publie sous le titre général de Bibliothèque grecque. Ce second tome des Vies de Plutarque forme le sixième de la collection. Il contient les vies d'Alcibiade, de Timoléon, de Pélopidas, d'Aristide et de Philopémen chez les Grecs, comparées à celles de Coriolan, de Paul-Émile, de Marcellus, de MarcusCaton et de Titus Quintius Flamininus chez les Romains ; et conformément au plan adopté pour le premier tome, qui a paru l'année dernière, on a enrichi celui-ci de tous les portraits authentiques qu'on a pu se procurer. Ce sont ceux d'Alcibiade, de Socrate, de Persée, roi de Macédoine, de Marcellus, de Miltiade, de Scipion l'Africain, de Cléomène et de Philippe, roi de Macédoine. Ces portraits copiés d'après des bustes antiques existants dans différents musées, et sur des médailles de la Bibliothèque im][^ériale, ont été gravés avec soin et intelligence. Enfin le volume est terminé par des remarques ou scholies grecques, comprenant environ cent dix pages d'impression en petit texte, par deux tables alphabétiques, l'une des noms propres et des mots dont on trouve l'explication dans les remarques, l'autre des mots de la langue grecque moderne sur lesquels le savant éditeur a eu aussi occasion de donner des éclaircissements, et par la liste des auteurs cités, corrigés ou expliqués dans les remarques. Un morceau d'environ trente pages, sous le titre de SiUte des Essais ou Réflexions sur l'éducation et la langue des Grecs, écrit dans l'idiome moderne, sert de préface ou d'introduction à ce volume.

On ne saurait trop recommander aux jeunes hellénistes, et à tous ceux qui veulent acquérir une connaissance un peu approfondie de la langue grecque, l'étude attentive des remarques ou des conunentaires, soit en français, soit en grec, que M. Cotes amis et de sa patrie dont il était le bienfaiteur. Ses frères, établis en Russie^ et qui prenaient part à cette noble entreprise, la poursuivront avec le même déTOuemeni.

ray a joints à toutes les éditions qu'il a publiées. Los travaux de cet homme éminemment distingué par sa vaste érudition, et par la justesse d'esprit qui en dirige constamment Temploi, feront assurément époque dans cette science importante qui a pour objet la critique et l'interprétation des auteurs anciens. Quoiqu il ait, comme les plus habiles hellénistes que Ton compte aujourd'hui en Europe, parcouru dans tous les sens le. champ immense de la littérature grecque, jamais il ne se laisse entraîner à la tentation si commune d^étaler à tout propos les richesses qu'il y a recueillies, d'accumuler les citations et les passages semblables ou analogues à ceux qu'il explique. Un petit nombre d'exemples choisis avec autant de goût que de discernement lui suffisent pour donner l'autorité nécessaire aux principes ou aux interprétations qu'il propose. Une logique exacte et sûre préside à toutes ses discussions, et la vraie méthode analytique qu'il s'est rendue familière par la lecture des meilleurs ouVrages des philosophes français et anglais, lui fournit les moyens de répandre sur les sujets qu'il traite plus [de lumière que ne font communément les grammairiens et les critiques.

Enfin M. Coray a, sur tous les savants qui ont cultivé avec le plus de succès la même branche de littérature, Tavantage d'être né dans le pays où l'on parle la langue d'Homère, de Sophocle et de Démosthène, dans le pays où cette langue, quoique sensiblement altérée, et même, si l'on veut, défigurée par une longue suite de siècles de barbarie, conserve néanmoins des restes précieux, des traces singulièrement curieuses de ce qu'elle fut dans le temps où elle brillait du plus grand éclat.

Une connaissance profonde do l'idiome des Grecs modernes, qui est sa langue maternelle, a donné à ce savant critique la facilité de remonter avec certitude à Torigine d'un nombre considérable de mots ou de locutions, dont il était impossible d'apprécier le véritable sens et la valeur propre sans ce secours; et il n'y a nul doute que les recherches nombreuses qu'il a faites en ce genre, indépendamment de l'utilité dont elles peuvent être pour ses compatriotes, qu'il a plus spécialement en vue,

Page 1