‹ MélangesChapitre 22 sur 269 · IV. CORAY. — VIES DE PLUTARQUE · texte numérisé non relu

IV. CORAY. — VIES DE PLUTARQUE

heur et le perfectionnement de la jeunesse de son pays. C'est dans ces espèces de harangues^ écrites en langue vulgaire, qu'il développe ses vues sur les moyens divers qui peuvent concourir à la régénération de sa patrie, sur les entreprises littéraires qu'on peut tenter, sur les ét£d)lissements d'instruction qu'il est possible dès ce moment d'y créer; c'est là qu'il les éclaire des lumières que son expérience et ses longs travaux lui ont fait acquérir.

Le discours qui est en tête du volume que nous annonçons est adressé aux habitants de Smyrne, au milieu desquels l'auteur lui-même est né et a passé son enfance. A l'exemple des Grecs de Chio et de Cydonie, les Smyrnéens ont fondé un gymqase, et ils ont mis dans cette création la munificence qu'on pouvait attendre d'une ville à qui son commerce procure dos ressources plus étendues ; ils ont placé à la tête de cet établissement l'un des hommes les plus distingués qui soient aujourd'hui parmi les Grecs, M. Coumas de Larisse, dont nous avons fait connaître les utiles travaux sur les sciences physiques et mathématiques (1), également recommandable par ses sentiments généreux, par son zèle pour le bien public et par ses rares connaissances. L'auteur de ce discours félicite ses compatriotes de cet heureux choix, leur rappelle l'antique splendeur de Smyme, qui a été longtemps la première ville de Tlonie et de l'Asie Mineure, titre qu'elle fut autorisée à prendre dans les médailles qu'elle faisait frapper, lesquelles attestent en même temps les progrès qu'elle avait faits dans les arts, dans les sciences, dans la civihsation en général, et le nombre de citoyens illustres en tout genre dont elle pouvait se glorifier. ■

Persuadé que les facultés intellectuelles dont Thomme est doué sont la seule chose qui le distingue des autres animaux, que la culture de ces mêmes facultés est l'unique source de tous les avantages que les nations civilisées ont sur les peuplés barbares qui, faute d'avoir cultivé ce don précieux do la divinité,

(i) Mercure du 20 mai 1809, n^ 409.

située il Courou-Tezmer, faubourg hors de la ville, et le 21 janvier de cette année, M. Etienne Dunca, né à Tjrmave en Théssalie, qui professe à Constantinople les mathématiques et la physique, de manière à mériter les applaudissements des plus éclairés de ses compatriotes, a invité tous les ^ands, les ecclésiastiques et les premiers de la nation, à assister à un examen public de ses élèves. Le concours des spectateurs fut, dit-on, immense : le patriarche et les archevêques composant le syùode, des curieux de tout rang et de tout état, se rendirent de toutes parts à cette intéressante cérémonie; la mer, sur les bords de laquelle Técole est bâtie, était couverte de bateaux qui amenaient des lieux les plus éloignés de Constantinople des citoyens avides d'un spectacle aussi touchant que nouveau. Les élèves examinés sur Tarithmétique, Talgèbre et la géométrie, non pas sur des questions particulières auxquelles on les eût préparés à Tavance, mais suivant que le sort les appelait à répondre sur t(41c ou telle partie du cours, s'en tirèrent à la plus grande satisfaction de rassemblée, qui ne pouvait contenir Texpression de sa joie et de son attendrissement. L'archevêque de Nicomédie, Tun des directeurs de Técole, prononça le discours de clôture et dos prix furent distribués, au nom de la nation, à ceux des élèves qui s'étaient le plus distingués. Le patriarche témoifina, dans les termes les plus expressifs, sa satisfaction aux maîtres et aux disciples, et leur donna sa bénédiction. Quelques semaines après, une cérémonie du même genre eut lieu à Smyrne, où les élèves de M. Coumas furent interrogés publiquement sur les différentes parties des mathématiques, sur la logique et la géographie. Contrarié d'abord par les obstacles que lui avaient suscités quelques hypocrites et quelques fanatiques, il est parvenu à en triompher par Tascendant que donne presque toujours un caractère ferme, un zèle ardent et reconnu pour le bien public, et des lumières supérieures (1). Cet

(1) Il parait que les agents diplomatiques du gouvernement anglais n*ont pas rougi de jouer dans cette petite circonstance le rôle de délateurs, et qu*il8 ont

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