I. HERMÈS. - DISCOURS PRÉLIMINAIRE
domaines qu*il tenait de son père et de sa femme, eut occasion d*y faire de firéquents voyages et des expéditions nombreuses. Quelques siècles après, il y eut entre TAngleterre et la France une communication presque continuelle, à cause des conquêtes d'Edouard III, etc., en sorte que notre langue avait, il y a deux ou trois siècles, plus de mots français qu^elle n'en a aujourd*hui, parce qu'on en rejeta beaucoup dans la suite, et surtout depuis le temps de Spencer; cependant nous en avons retenu un assez grand nombre qui ne sont plus d*usage, même en France.
« L*époque où la langue anglaise se perfectionna le plus commença avec le règne de la reine Elisabeth, et finit à la grande rébellion, en 1640. A la vérité, le mauvais goût et le mauvais style prévalurent presque entièrement sous le règne de Jacques I«'; mais il se fit, à cet égard, des réformes heureuses dans les premières années du règne de son successeur, qui joignit à un grand nombre d*autres excellentes qualités celle de zélé protecteur des lettres. Depuis la guerre civile jusqu'à nos jours, je ne sais si les vices qui se sont introduits dans notre langue n'égalent pas au moins les avantages qu'elle peut avoir acquis; et il n'y a qu'un très-petit nombre de nos meilleurs auteurs qui soient parvenus à se garantir entièrement de ces vices. Pendant l'usurpation du Protectenr, il se mêlait à tous les écrits une teinte de jargon mystique des illuminés, qui ne s'efifaça pas tout à fait, même un grand nombre d'années après. La licence qui s'introduisit ensuite avec le rétablissement de la royauté, en infectant nos mœurs, corrompit aussi notre langage ; et l'espèce d'hommes qui composaieat alors la cour de Charles II n*était
guère propre à le perfectionner en sorte que la oour, qui était ordinairement
le modèle de la pureté et de l'élégance de la langue, était alors, et est demeurée
jusqu'à nos jours, la plus détestable école de l'Angleterre en ce genre
« J'ai toujours vu, dans cette grande ville, deux ou trois sots privilégiés qui avaient assez de crédit poar répandre dans les sociétés quelque nouveau mot de leur invention, quoiqu'il n'eût d'ailleurs ni sens ni finesse. S'il convenait au mauvais goût régnant, il était bientôt reproduit dans les pièces de théâtre, dans les pamphlets du jour et ajouté à la langue ; les hommes de lettres même qui avaient de l'instruction et des talents, au lieu de réclamer promptement contre un pareil abus, s'y laissaient trop souvent entraîner, et finissaient même par l'adopter.
tt Notre langue a éprouvé de telles variations que, sans la traduction de la
Bible et du Livre des prières^ nous aurions peine à comprendre un mot de ce qu'on écrivait il y a cent ans. Ce qu'il y a de certain, c'est que ces livres, étant continuellement lus dans les églises, sont devenus une sorte de modèle pour le langage, surtout parmi le peuple, et il faut avouer qu'il n'existe, dans notre pays, aucune traduction qui, pour la pureté et la perfection du style, approche de celle de l'Ancien et du Nouveau Testament; mérite que j'attribue spécialement à la simplicité qui y règne partout (1). »
Ceux qui seront curieux d'avoir des détails plus étendus sur l'histoire de la langue anglaise, peuvent consulter le Dictionnaire de Johnson (2), l'un des meilleurs ouvrages qid existent en ce genre; ils trouveront, au commencement du premier volimie, de longs extraits des écrivains des difierents siècles antérieurs au règne
(1) Voy. the Works of Swifty London, 1767; t. III, p. 318-349.
(2) Deux vol. io-folio; la quatrième édition, que j'ai tous les yeax, est de 1773, revue par Fauteur.
MB APPENDICE.
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□ sait, l'époque brillante delà I, àet Pope, des Addisou. di^s
re de l'Angleterre. Le meUletir e est le iraile du docteur e pendant
fk.it iMtnnt éà MééieU mrmmmi U Magniftftm; traduite d^l'in- ' ^«b de WilUua HoKOi, tja It teconde Uitiô», par Fra&QoU Twemt. Puis et Stnabonrs. ISM. t vA. iik4-.
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En m'inviUnt & faire connaître à mes compatriotes l'ounege dont je donne aujourd'hui la traduction, vous avez pensé, arec raison, que, réunissant au double mérite d'instruire et d'intéresser, celui d'élre, à certains égards, approprié à la nature des circonstances où nous nous trouvons, cet ouvrage pourrait être très-utïle sous pluMeurs rapports essentiels. En elTet, il n'est pas simplement, et comme son titre semble l'annoncer, le récit de la vie et des actions d'un seul individu distingué par ses talents comme écrivus et comme chef d'une république alors florissante ; il présente en mAme temps le tableau d'une des époques les plus remarquables et les plus intéressantes de l'histoire moderne. Laurent de Médicis fut le témoin, et en partie l'un des coopérateurs de cette grande et