‹ MélangesChapitre 230 sur 269 · API>ESD1CE · texte numérisé non relu

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grand nombre de préjiiji^s cl d'erreurs qui, jusqu'à présent, onlété adoptés Gt défendus même par des hommes estimables d'ailleurs par leurs talents et leurs lumières (1). Et il faut bien prendre garde que la grande et étonnante révoluUon qtii s'est opérée dans notre système politique, et qui a encore tant de détracteurs, parce que, malbeureusemt!nt, elle a Tait trop do victimes, ne sera véritablement consolidée que quand ces préjugés et ces erreurs si déplorables auront fait place à la raison. Les ennemis de la liberté et du gouvernement républicain (je parle de ceus qui sont de bonne foi,

(!) Psmi les err^ura se créditée* de jinU longtenip», l'une des plus dBDger«iiB«>, i mon nTÎa. c'est l'opinion asseï gédéralement répandne, gu'il faut urv rr/ifion au peuple; c'eill'ei pression consacrée, elqui prouve, du moins, que l'on n"a pu gnind'cboie k craindre de la rélipon de ceux qui ^'eiprinient ninsî. Des geu* ds lettres mime qui, il f o quelques nnnées. se permeltaient volontiers une innocente dpigramme contre la superstilion. dirigent maintenant leurs traits, plus au moins malheureux, contre la philosophie, avec une affectation dont- ce n'est pas Ici l« llnu d'approfondir les motifs. It faut une reli^oa bu peuple, diteat-ils. parce qtie la religion lui tient lieu de morale, et qu'un peuple sans morale (si même il peut eu exister de pareil} serait eiuassiremeal malheureux. Hais est-ce donc BB peuple Mulsniant que la morale est nécessaire 1 et les hommes élevés aux di^itea. rcvtlui d'un grand pouvoir et jouissant d'une inDuence presque sans borne* dans I» société, en >eroaI-il« dlspenséat Quoi! je craiudriii le miaérable qui JMUI tout DU plus me voler quelques piëcoi d'or, et je ne craindrai pas lé mag:iBlrat corrompu qui peut ruiner vingt familles, déshonorer ou conduire aa supplice un inTini-pm ; lp minislrc pcrlide i^mÎ pful litr»r nu fer tle l'ennemi plusieurs milliers de mes concitoyens ; le représeolant infldble dont les intrigue* peuvent faire passer une loi désastreuse ! Le philosophe ne raiionne-t-il donc pas d'une manière bien plus conséquente, lorsque, convaincu de la néceaaiiâ de la morale, non^seulement pour le peuple, mais bien plus encore pour les classes qui sont ou qui se croient au-dessus du peuple, il s'applique de toutes ses forces à fonder cette morale sur la bnse inébranlable de l'intérêt personnel bien entondu; lorsqu'il cherche ft lui donner un degré d'évidence si sensible, si palpable, pour kjnsi dire, qtie les esprits les plus simples puissent la saisir et appr«cier, d'après des règles invariables, leurs devoirs envers leurs semblables, et ce qu'ils ont droit d'en eiigerl Quel bieo peut-on attendre de cet alliage monstrueux de l'erreur «vec la véritéf N'est-il pas évident, d'ailleurs, qu'en attachant les idàes delà mohtle i des système* absurdes de théologie, ou à des opinions d'une métaphysique subtile et obscure, on les met i la merci du premier sophiste qui entreprendra de les détruire! Non, ce n'est pas impunément et sans danger que l'on dégrade la raison humaine, et il n'; a jamais eu de religion qui n'ait produit plus ou moins ce déplorable elTet. Nous ne dissimulons pas cependant que, de tons les tnoyens de guérir les hommes de la superatition, les persécutions sont à la fois le plus odieux et le plus directement contraire au but qu'on se propoaet quece moyen est d'autant plus propre i révolter les esprits éclairés et lea iues gèné> («Uses, qu'il est l'arme caractéristique et exclusive de* tfrana.

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