II. ROSCOE. — LETTRE AU C. LECOUTEULX
et qui, plus accoutumés à sentir qu*à réfléchir, ont été égarés par le spectacle des maux dont ils ont été témoins, ou par le ressentiment des injustices qu'ils ont éprouvées), n'ont pas vu qu^aucun de ces abus révoltants ne tenait à la nature de la liberté et du gouvernement républicain ; qu'au contraire, les auteurs de tous les crimes qui ont souillé la révolution étaient des hommes corrompus par les habitudes de la monarchie, et qui ont porté jusque dans les premières places de la République les vues étroites, le vil esprit d'intrigue, l'égoîsme froid et cruel, en un mot, tous les vices hideux avec lesquels on se familiarise dans les gouvernements despotiques. Combien ne devons-nous pas regretter que la génération qui s'élève ait été trop négligée peut-être sous plusieurs rapports essentiels ; que la force des circonstances et la continuité de cette lutte, tantôt nécessaire et tantôt imprudente, X>ix le peuple français s'est vu engagé avec les nations voisines, l'aient privée des institutions qui devaient préparer et assurer son bonheur, qui devaient, en un mot, la rendre plus propre à la liberté et plus digne peut-être d'en jouir que celle qui l'avait précédée ! En effet, n'a-t-on pas vu , dès les premiers jours de la révolution, la jeunesse prendre un caractère plus mâle, plus énergique, des habitudes plus sévères , des sentiments plus élevés, des idées plus libérales qui, jusque-là, semblaient lui avoir été étrangères? Quelles armées ont jamais déployé une valeur plus brillante, plus de grandeur et de dignité dans le succès, plus de patience dans les travaux, plus de calme et de fermeté dans les revers, que les armées françaises, presque toutes composées de cette brave et généreuse jeunesse? Ah! sans doute, tout ce qu'il y a en Europe d'hommes éclairés et jaloux de leur indépendance, en voyant les miracles qu'a enfantés la liberté, ont fait des vœux pour la prospérité de cette nation, illustrée par tant et de si grands sacrifices à la cause de l'humanité. Sans doute, il n'y a pas un seul homme véritablement digne de ce nom, qui ne frémisse à l'idée de voir la coalition impie et monstrueuse de tyrans conjurés contre nous ravir à la liberté le seul asile qui lui reste sur la terre, et replonger pour des siècles entiers Tespèce humaine dans le chaos de misère et de barbarie dont elle commence amortir I Je ne crois pas avoir besoin d'excuse pour cette digression , qui paraîtra peut-être fort étrangère au sujet de mon travail, et qui, au fond, ne l'est point au but que je me suis proposé dans ce travail môme. Je ne doute point surtout. Citoyen, que vous ne me la pardonniez volontiers, si vous croyez y voir quelques vérités utiles. Eh! quel cœur véritablement français et républicain, au milieu des cir-
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cmislances arOigeautes et diriiciles où nous odI entraînés rimpéritie de quelques hommes et la perfidie peut-Mre de quelques autres, pourrait ne pas se sentir incessamment ramené vers ces grands et intéressants objets? Comment détourner sa pensée de cette cause ancrée qui naguère électrisait toutes les âmes, de cette liberté qui doit nous devenir d'autant plus précieuse que nous la voyons de toutes parts menacée, attaquée avec plus de fureur? Mais elle tnomphera, n'en doutons point ; elle sera impérissable comme la gloire et les elTorts héroïques de nos braves guerriers, si souvent couronnés par la victoire, et des patriotes généreux qui, ainsi que vous. Citoyen, se sont consacrés à sa défense dans une carrière moins brillante peut-être, et souvent non moins orageuBC
Salul et attachement respectueux.
AIIOAOriA IQKPATOn: KATA nAATÎlNA K.4I SESO*QNTA. Apologie de Socrate, (Taprèi Plotiin et Xénophon, avec des remarques sur le texte grec, et la traduction française. Par Fr. TnunoT, Directeur de l'École de sciences et de belles-lettres. Paris, 1806, in-H*.