IV. EURIPIDE. — LETTRE A AL. THUROT
étendu, dans lequel il déploya la plus vaste érudition, et ce rare talent pour la critique, qui le plaçait au premier rang parmi les savants qui ont cultivé la littérature grecque dans le siècle dernier. Voulant donner un texte aussi correct qu'il serait possible, je ne pouvais mieux faire que d'adopter celui de ce savant hollandais. Cependant, un autre professeur très-habile, Porson, ayant publié plus récemment en Angleterre une édition des Phéniciennes (1), j'ai cru devoir profiter de ce que je trouverais de meilleur dans son texte et dans ses notes, et c'est ainsi que j'ai composé l'édition que je publie aujourd'hui.
J'ai fait imprimer, au bas du texte, les scholies de l'édition donnée, d'après Valckenaer, par M. Schiitz (2); mais j'en ai retranché beaucoup de choses qui me semblaient inutiles pour le dessein que je m'étais proposé ; je n'ai conservé que celles qui sont relatives à la grammaire, à la mythologie, ou qui contiennent quelques citations des anciens auteurs. De même, dans les notes françaises, qui se trouvent à la fin de ce volume, je me suis plus généralement attaché à saisir l'esprit du commentaire de Valckenaer et des notés de Porson, qu'aies traduire littéralement. J'y ai conservé les discussions critiques les plus instructives et les plus propres à donner aux jeunes gens une idée de l'utilité de ce genre d'application de l'érudition, que nos professeurs négligeaient trop autrefois de faire connaître à leurs élèves. En Allemagne et en Hollande, on (donne dans l'excès contraire, et il n'y a presque pas un jeune homme, à peine sortant du gymnase ou de l'Académie, qui ne publie des éditions, ou au moins des dissertations critiques sur la plupart des auteurs grecs ou latins: tant il est difficile à l'esprit humain de s'arrêter, sur quoi que ce soit, dans un juste milieu!
Tu sais, au reste, mon ami, dans quelles circonstances j'avais entrepris de donner cette tragédie, dont le texte fut imprimé, et
(1) J'ai fait usage de la réimpression exécutée en Allemagne, par les soins et avec quelques additions du célèbre M. Schaefer : Euripidis tragœdùe ad fidem mss. emendatx, et brevihus notis emendationum potimmarum rationes reddentibus instrucix. Inusum studiosx juventuiis edidit Ricardxis Porson. A. M. Grxcar. Htterar. apud Cantabrigienses professer. Tomus ï, Hecuba, Oi*estes, Phœnissx^ Medea. Editio in Germania altéra cotTectior et auctior, indicihusque locupletissimis instructa. Lips., 1807, in-S®.
(2) EwHpidis tragœdia Phœnissœ. Cum scholiis grxcis e recensione Valckenarii edidit, varie tatem lectionis tndicemque verborum copiosissimum adjecit Christian. Godofr. Schûtz, A . M. in academia fridericiana seminarii regii theol, inspectot. Halœ, 1772, in-80.
\m APPENDICE.
les notes presque entièrement écriles, îl y a plus de cinq ans ; et ta sais encore que ces circonstances ayant changé, j'avais à peu près renoncé k mon premier dassein. J'aurais voulu faire beaucoup' mieux : il y a plusieurs endroits des scholies sur lesquels je désirais ajouter encore quelques éclaircissements. Mais des personnes, amç lumi&res et à l'autorité desquelles je dois de la déférence, oal pensé que mon travail, tel qu'il est, pourrait fitre utile aux élèvea déjft un peu avancés danii; la connaissance delà langue grecque, et même aux maîtres qui ne sont pas toujours à portée de consulter les ouvrages dont j'ai profité. Ces considérations étaient d'autant plus propres à me déterminer, qu'obligé de me livrer désormati h des occupations d'un genre tout différent, je n'avais guère l'espoir de retrouver assez de loisir pour donner à ce travail le degrfi de perfection que j'aurais déliré.
Si les véritables juges de ces sortes d'ouvrages ne trouvent pas coiui-ci tout à fait dépourvu de l'espèce d'utilité que je m'en suis promise, je no regretterai ni le temps ni la peine qu'il m'a coulés, et c'est & cela que mc borne toute mon ambition.
Je diiiire aussi, mon ami, que tu voies dans cet écrit un gagt de la tendre et inviolable affe^-tion que j'aurai toujours pour toi. t
Tni;ROT.
c ir. avril ISIM.
Discours sur celte question ; Qu'eai-ce gtie la philosophie? prononcé le 5 décembre 1818. pour l'ouverture du Cours de pbilosophie de la Faculté des Lettres de l'Académie de Paris. Par P. Tuchot, professeur au Collège royal de France et à la Faculté des lettres.
OnoTt ycip toi... tù çiioooçEÎv ixW/jiii ViyT,ïitpiv tîvatt, où5' Sv Sv9pw- Ttov vi)(iwal[i>iv éjiayTÔv tivai, oùS' Silov Tdï oCtw Sioix£([lcvov [Ptalan, Amalor., t. I", p. 13.S A.). Paris, 1819, in-8°.
Messieurs,
La première pensée qui se présente à l'esprit de tout homme à qui l'on propose d'entreprendre une étude entièrement nouvelle pour lui, et de se livrer à des travaux qui exigent nécessairement