FRAGMENTS POLITIQUES
iMtre de Thwol au général LafayeUe.
Le petit écrit en grec moderne, que j'ai Thonneur d'offrir, de la part de M. Coray, au général Lalayelte, est intitulé : Que doit faire la Grèce affranchie du joug des Turcs, pour ne pas aire asservie par des chrétiens qui adoptent le système turc? ou Dialogue entre deux Grecs (1).
(1) Ti (T^iiçépei si; tiqv àuo Toûpxou; é).euOep(i)|isvr,v *E>.XdSa va irpâÇv) el; xà; icapovaacirspi(7Tâ(9eic, Sià va pif) SovXcoOvi el; XpiaTiavov(Tovpxi2^ovTa;; Paris, 1830, Eberhart; in-8.
L'aulcur s'csl proposé daos ce dialogue de Taire comprendre A ses compatriotes que, dans les circonstances où se trouve leur patrie, c'est surtout dans la protection cl dans les sentiments sympathi[|uc» dcK Français qu'ils doivent chercher leur plus vëriuhlc et plus solide; appui.
Sans se pronnncer anirmativenient sur le compte du Président aclui^l de la Grèce, il donne à entendre que la conduite qu'a tenue jusqu'ici M. Capci d'Utria peut inspirer à tous les amis de la liberté des soupçons qu'il ne nnuriiit trop s'empresser de dissiper; plusieurs des actes publics du président sont en ciïet de nature à Taire soupçonner de sa part des vues personnelles qui seraient bien coupables. S'il est vrai que, dès la première année de son administration, il ait fait frapper des monnaies en son nom, qu'il soit parvenu depuis h ÉtoutTer la liberté de la presse, à s'entourer d'un conseil ou sénat d'bonimes enli6rcment dévoués à ses volontés, qu'il ait fait arrêter arbitrairement un assez grand nombre do personnes, exigé de* tribunaux plusieurs condamnations, et destitué les juges qui n'obéissnicnt pas il de pareil» ordres ; si tous ces faits sont véritable», quoiqu'on n'en indique, dans cet écrit, qu'une partie, il est évident qu'un no saurait plus voir dans M. Capo-d'lstrîa qu'une espétr d'hoKpodnr, qui songe apparemment à perpétuer dans sa famille 1o pouvoir despotique qu'il usurpe aujourd'hui, et & l'exercice duquel il associe ses frères.
Au reste les sentiments les plus nobles et les plus pénéreux respirent partout dans le langage des deux interlocuteurs de ce dialogue. Animés d'un ardent amour pour la liberté, ils reconnaissent dans les sentiments de l'aristocratie nobiliaire et sacerdotale qui a si longtemps opprimé toutes les nations de l'Europe les nombreux et puissants obst<ictes qu'elle oppose encore à l'afTranchissemenL des peuples et h rétablissement de l'empire des lois sur les sociétés humaines. Us déplorent é^'alemenl celte manie des titres, des cordons, des dignités, qui fut dans tous les temps si Tatale au bonheur public, et qui fait surgir aujourd'hui, au milieu d'un peuple nivelé pendant quatre siècles par le despotisme turc, une foule do princes, de comtes, de barons, dont le moindre tort est d'être excessivement ridirules aux yeux des hommes de bon sens. Ils observent avec raison que ces hochets de la vanité, objet de l'ambition des âmes scrviles, n'ont rien de commun avec la véritable grandeur; le plus grand citoyen des deux mondes, l'illustre LaTayettc, dit l'un d'eux, ne s'est-il pas désormais élevé si haut dans l'opinion des hommes, que personne ne songe h joindre i. son