‹ MélangesChapitre 266 sur 269 · VII. — FRAGMENTS POLITIUl KS · texte numérisé non relu

VII. — FRAGMENTS POLITIUl KS

diat de notre Henri IV, si les lumières de son esprit n'annonçaient qu'il est à deux siècles de dislance de son illustre aïeul. Il comprend donc nos besoins, nos vœux, et il aura le pouvoir de les satisfaire, quandil sera secondé par une Chambre des députés en harmonie avec les sentiments et les idées de la France.

En effet, Monsieur, je ne saurais vous nier que la Chambre actuelle, produit du double vote et d*un corps électoral travaillé depuis quinze ans par des ministres tous plus ou moins ennemis de nos droits et de notre liberté, ne représente en aucune façon l'opinion du pays. A peine y trouve-t-on une soixantaine de personnes 4ont le patriotisme soit à la fois sincère et éclairé, tandis qu'il y en a au moins un pareil nombre qui sont des ennemis avoués et bien connus...

La situation de la France est grave et peut facilement devenir alarmante.

Ce qui a manqué au ministère de la révolution de Juillet, c'a été de comprendre que le renversement de la dynastie des Bourbons amenait nécessairement un ordre de choses tout différent. II ne fallait pas se borner à un changement de personnes, il fallait que les personnes fussent l'expression du changement de principes, de la souveraineté nationale substituée à la légitimité.

Une chambre des pairs presque toute composée d'après ce dernier ordre d'idées ne pouvait plus convenir au nouvel ordre de x;hoses (une cour de cassation, des tribunaux, etc.).

Monsieur,

Comme je ne paye en impositions qu'une partie des 100 francs qui seraient nécessaires pour être admis au rang des électeurs (2)

(1) Ces fragments ont dû être écrits entre la promul«,'ation de la loi électorale (19 avril 1831) et la réunion des collèges électoraux (3 juillet 1831).

(2) La loi du 19 avril 1831 avait fixé le cens électoral à 200 francs de contributions directes; les membres et correspondants de l'Institut étaient électeurs en payant 100 francs de contributions directes.

APPIÎNDICE.

(cnr je suis de ceux à qui la Chambre dàas sa saj^esse a bien voulu reconnaîlre en inlelligeucn et en con naissances acquises une tlu mi -cap a cité élcctniale évaluée h 100 francs), je prends la liherlé tic vous soumettre humblement les pensées qui me sont venue» sur les conditions qui, suivant moi, seraient fort désirables dans un député capable de bien comprendre et de bien défeudre les intérêts delà Praucu dans les circonstances oii elle se trouve placée.

Prcmi^rement donc, je voudrais qu'il reconnût soigneusement, sinon toutes, au moins les principales erreurs qui nous ont conduits où nous Hommes. Or voici quelle est notre dtuation. Au dehors nous avons pour ennemis tous les gouvernemcnh, sans ei- câplion, sauf peut-être celui do l'Angleterre, qui est sans doute trop occupé de ses propres alTaires pour se mêler fort activement Ans nôtres. Ce n'est pas une raison, je l'avoue, pour lui déclarer in (çuorre, maï^ tout le monde doit voir que ce n'eu est pas une non plus pour nous flcr h eux, ni pour les prévenir ou les flatter par des dëmni'che» qui, en nous rendant mi^prisubles h leurs yeux, leur donneront plulÂt l'audace de nous attaquer : au dedans, nous sommes tourmentés par la (action carliste, qui n'est pas, je veux le croire, Tort redoutable par le nombre et le courage de ses adhérents, mais qui peut le devenir beaucoup, surtout si elle se sentait favorisée par la guerre étrangère, et qui, de plus se prévaut avei! ttsicz d'habileté des passions et des exagérations de ceux qu'on appelle bonapnrti^les. du prétendu parti républicain, et (|ui exploite la peur incurable des hommes riches ou aisés, et l'ambition non moins incurable des coureurs de places etdesgenscupîdes de quelque opinion qu'ils soient et h quelque classe qu'ils appartiennent.

AVIS AUX HKin-ni>lCAI.NS ET AU.V MONARCHISTES A l'occasion des procuaikes i::u:ctions.

Je suppose, Messieurs, que. quelle que soit en apparence l'opposition de vos sentiments et de vos opinions, vous voulez sincèrement le bonheur de la France; que vous savez qu'elle ne sera jamais heureuse et tranquille, tant que l'intérêt des classes les plus nombreuses et les plus laborieuses de sa population sera sacrifié à la cupidité, h l'orgueil et aux prétentions d'autres classes qu'on appelle supérieures ou moyennes, qu'enfin vous avez au fond du cœur un véritable patriotisme, parce que le patriotisme n'est, en

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