‹ MélangesChapitre 42 sur 269 · VII. CLAVIER. — BIBLIOTHÈQUE D'APOLLODORE · texte numérisé non relu

VII. CLAVIER. — BIBLIOTHÈQUE D'APOLLODORE

historiens de la Grèce, parmi lesquels se trouve Hérodote, le seul dont l'ouvrage nous soit parvenu, et leurs travaux étaient d'autant plus précieux, qu'ils n'avaient rien tiré des poètes lyriques et tragiques qui n'avaient pas encore paru, ou qui du moins étaient trop récents pour faire autorité à l'époque où ces historiens écrivaient.

Ceux qui leur succédèrent, plus occupés de la manière de présenter les faits que de s'assurer de leur vérité, tels qu'Éphore, Théopompe, Callisthène, Timée, Héraclide de Pont, etc., devaient cependant avoir recueilli encore beaucoup de choses importantes et de documents précieux ; mais leurs ouvrages ont été également perdus, et nous sommes réduits à puiser nos connaissances dans quelques compilateurs plus modernes, tels que Diodore de Sicile, Denys d'Halicarnasse, Strabon , Plutarque et Pausanias, et dans un nombre infini de grammairiens, de scholiastes, de Pères de l*Église, dans lesquels on trouve quelquefois des fragments précieux des écrivains originaux dont les ouvrages ont péri.

c< C'est au milieu de ces traditions éparses, comme on le voit, dans une infinité d'ouvrages et souvent contradictoires, que j'ai cherché à découvrir la vérité, continue M. Clavier. Quelques points principaux indiqués par Homère, Hérodote et Pausanias, qui, bien que d'un âge très-inférieur, a rassemblé beaucoup de traditions originales, m'ont guidé dans ces recherches, et je crois être paiTenu à éclaircir quelques parties très-obscures de l'histoire primitive de la Grèce. Il y a beaucoup de choses, ajoute-t-il, que je n'ai fait qu'indiquer et sur lesquelles je m'étendrai davantage dans mes notes sur Pausanias, auxquelles cet ouvrage doit servir d'introduction. »

L'utilité de pareilles recherches ne saurait être contestée que par ceux qui ignorent combien elles peuvent servir à expliquer les passages obscurs et difficiles des auteurs anciens et les monuments des arts; et, si l'on considère que c'est aux Grecs que nous devons nos sciences, notre civilisation et même nos langues modernes, du moins celles des contrées méridio-

nales de TËurope, qui ne sont que des débris de la langue latine, laquelle peut être légitimement considérée comme un dialecte du grec, on reconnaîtra combien nous devons attacher d*interèt à tout ce qui tend à débrouiller ce chaos dans lequel se perd, pour ainsi dire, notre propre origine.

Ajoutons que, comme éditeur d'un ouvrage grec, M. Clavier s'est placé dès son début dans cette carrière, au rang des plus habiles hellénistes, et parait destiné à soutenir avec succès l'honneur de ce genre de littérature dans notre pays, où, depuis longtemps, elle est malheureusement trop négligée. Nous n'entrerons point dans le détail des éditions d'Apollodore, antérieures à celles dont nous venons de parler ; on jugera, par ce qu'en dit le savant éditeur lui-même, quel soin il a porté dans son travail, et, mieux encore par ses notes, de la sagacité qu'il montre dans ses conjectures, et de l'excellent esprit qu'il a porté dans ses discussions critiques en général. C'est, à notre avis, la preuve d'un talent très-réel et d'une érudition consommée, que d'avoir travaillé avec autant de succès sur un auteur déjà donné par le célèbre M. Heyne, et d'en avoir fait une édition qui ne le cède en rien à celle qu'avait publiée cet illustre et savant professeur. Disons enfin, pour faire la part de la critique, que nous avons remarqué, dans la traduction, quelques incorrections et même quelques locutions vicieuses; mais ces taches légères ne sauraient beaucoup déparer un ouvrage qui a tant de mérite d'ailleurs, et il sera très-aisé de les faire disparaître dans une édition subséquente.

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