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IX. LÉVESQUE. — HISTOIRE ANCIENNE

Études de Chistoire ancienne et de celle de la Grèce, do la cons-. titution de la République d'Athènes et de celle de Lacédémone; de la législation, des tribunaux, des mœurs et des usages des Athéniens ; de la poésie, de la philosophie et des arts chez les Grecs ; par Pierre-Charles Lévesque, chevalier de la Légion d'Honneur, membre de Tlnstitut, professeur d'histoire au collège impérial de France et dans la Faculté des lettres de l'Université impériale. 8 volumes in-8'. — A Paris, chez Fournier hères, libraires, rue Poupée, 7 (1811). {Mercure de France, avril 1811, t. XLYII, p. 1S6.)

Il est très-permis à un homme d'esprit, qui veut s'amuser un moment à souteiiir un paradoxe, de s'écrier dans l'accès d'une feinte indignation :

Qui me délivrera des Grecs et des Romains ?

Un pareil vers est très-bon dans un ouvrage qui n'est évidemment qu'un badinage ingénieux, parce qu'il n'y a pas un homme de bon sens qui puisse y être trompé; mais nous avons vu ces hommes féroces et grossiers qui travaillaient en révolution, comme on s'exprimait dans ce temps-là, prendre cette idée au pied de la lettre ; c'était très-sérieusement qu'ils songeaient à nous délivrer des Grecs et des Romains ; déjà même ils avaient commencé à mettre à exécution ce beau projet, et ce n'est pas peut-être un des moindres maux qu'ils aient faits. Cependant la même main puissante qui nous a délivrés d'eux a rétabli, au contraire, par de solennelles institutions la culture des langues et de l'histoire des Grecs et des

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Romains, et c'est un bienfait dont la postérité ne devra pas être moins reconnaissante que la génération actuelle. £n effet, c'est à cette culture que les peuples éclairés de TEiu'ope doivent la civilisation qui leur assure une supériorité incontestable sur toutes les nations qui habitent le reste de la terre. L'étude de la littérature grecque et latine, qui a été une des causes les plus efficaces de cette civilisation, est encore, dans Tétat présent de nos connaissances, nécessaire à son maintien et à ses progrès.

Or il est bien démontré que, dans cette route, on ne s'arrête jamais impunément; une nation qui cesse de croître en civilisation, ne devient pas l'égale des peuples barbares ; elle leur devient inférieure, et finit, un peu plus tôt ou un peu plus tard, par être leur conquête et leur victime.

On doit donc accueillir avec quelque faveur les ouvrages qui, comme celui de M. Lévesquc, ont pour but de porter une lumière plus sûre et plu^ abondante sur l'un des premiers et des principaux objets de nos études ; qui, étant le fruit de longues et savantes méditations, tendent à donner plus de rectitude et de précision à nos idées et à nos connaissances sur les points les plus importants de l'histoire des anciens peuples. Si, comme on ne saumit en douter, l'expérience est le principal guide de notre raison, si nous trouvons dans ses leçons la règle la plus sûre de nos jugements et de notre conduite, de quel prix ne doit pas être à nos yeux une étude qui nous met à même de suppléer, par les richesses accumulées dans une longue suite de siècles, à Tindigence à laquelle la nature semblait nous avoir condamnés, sous ce rapport, en renfermant notre vie dans des limites si étroites !

Mais ce trésor de faits précieux, qui nous est par\'enu à travers tant de générations successives, ne nous a été transmis ni dans toute son intégrité, ni dans toute sa pureté. Le temps en u détruit des portions considérables; d'autres ont été altérées dans leurs sources par l'ignorance ou par la mauvaise foi. Souvent les écrivains contemporains ont envisagé

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