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IX. LÉVESQUË. — HISTOIRE ANCIENNE

les événements, dont ils étaient témoins, avec un esprit prévenu, ou trop peu éclairé pour les apprécier avec justesse; quelquefois aussi ils les ont falsifiés à dessein, au ^ré des passions diverses dont ils étaient animés. L'ensemble des moyens qui peuvent nous aider à démêler les erreurs produites par cette double cause compose une science qui n'est née, pour ainsi dire, que de nos jours; c'est la critique historique, destinée à faire de grands progrès entre les mains de ceux qui viendront après nous , parce qu'elle a besoin , poiu* assurer sa marche, du perfectionnement des connaissances de tout genre auxquelles Tesprit humain peut s'appliquer.

n ne faut donc pas s'étonner que l'auteur de l'ouvrage que nous annonçons ait cru pouvoir entrer, à son tour, avec succès dans une carrière que le sage RoUin et l'illustre auteur du Voyage d'Anacharsis ont déjà parcourue avec gloire. Un autre point de vue, un but un peu différent, ont dû lui donner l'espérance que son travail , quoique portant sur des objets déjà traités par ces deux auteurs, ne serait ni sans intérêt ni sans utilité. On avait déjà observé qu'un des inconvénients du plan adopté par l'abbé Barthélémy dans son ingénieux et brillant ouvrage, c'est que, par la supposition même qui lui sert de base, il semblait s'être interdit, au moins en grande partie, le secours des lumières acquises depuis le iv*' siècle avant notre ère, époque où le prétendu voyage devait avoir lieu ; de plus, un pareil cadre circonscrivait nécessairement beaucoup la période de Thistoire grecque que ce livre pouvait embrasser. Quant à Rollin, on convient généralement que cet écrivain, dont on ne saurait trop admirer le zèle pour l'instruction de la jeunesse, et dont on prise également le goût et la manière d'écrire toujours simple et attachante, n'a pas. porté une critique assez sévère dans Texamen des faits qu'ils adoptait. Une position différente, et même le litre modeste à' Études qu'il donne à son livre, faisaient à M. Lévesque une loi de discuter avec sévérité les faits ou les opinions de toute espèce qu'il

avait h exposer, et lui donnaient lo droit, comme il le dit luimême, de ne pas se borner au rôle d'humble adorateur de tout ce qui porte la sanction de l'antiquité. C'est, en effet, sous ce rapport que son livre nous a paru véritablement utile et recommandable^ c'est par la sage réserve qui en fait le caractère distinctif qu*il peut être plus particulièrement propre à former le jugement des jeunes lecteurs; ceux même qui seraient tentés de lui reprocher un scepticisme peut-être un peu exagéré sur quelques points, hésiteront sans doute encore à le condamner absolument, s'ils réfléchissent que la pente naturelle de l'esprit humain le porte, en général, vers un excès opposé, qui a souvent de plus graves inconvénients.

Il serait au moins superflu d'entrer dans de grands détails sur un ouvrage dont le sujet est dès longtemps familier à la plupart des lecteurs instruits ; il suffira donc ici de faire connaître en peu de mots ce qui compose les cinq volumes de M. Lévesque.

Le premier contient des notions sur la Judée et sur les vastes contrées de l'Asie qui n'ont été que peu connues des écrivains grecs et latins, ou mémo qui leur ont été tout à fait inconnues, comme Tlnde proprement dito, lo Thibet, la Chine, le Japon, la Tartarie. L'auteur entre ensuite dans cette partie do l'histoire ancienne qui nous a été plus particulièrement U'ansmise par les Grecs, et dont il ne nous reste malheureusement que des fragments remplis d'obscurités et de difficultés de toute espèce. Telles sont les histoires des Phéniciens, des Assyriens, des Mèdes, des Perses et des Egyptiens, de ce dernier peuple surtout, de qui les lois, les opinions, les usages et les monuments chargés de figures symboliques (dont l'intelligence était peut-être perdue au temps même d'Hérodote), présentent à l'observation un phénomène unique et d'autant plus curieux, qu'il paraît n'avoir eu, sous tous ces diirùrents rapports, aucun point de ressemblance avec aucune nation du globe. Quelle lumière ne jetterait pas sur la législation et la constitution politique des Juifs, par exemple, une connais-

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