IX. LÉVESQUE. — HISTOIRE ANCIENNE
sance plus parfaite de la forme du gouvernement chez les Égyptiens, au milieu desquels Moïse était né, et avait été élevé !
M. Lévesque a traité toute cette partie avec beaucoup de soin, et ce qui distingue particulièrement son travail de celui des écrivains qui- Font précédé, c'est qu'il s'est aidé des lumières que lui fournissaient les vastes collections de faits recueillis par les modernes, et en général du progrès des différentes sciences dans le siècle précédent. Il a mis à contribution les précieux Mémoires de la Société asiatique de Calcutta , les voyages les plus récents en Egypte, etc. ; il est évident qu'en suivant cette marche, il a dû donner plus d'intérêt à ses vues et de précision à ses résultats. Il est mémo probable que le temps amènera de nouvelles lumières sur ces objets importants, et que les efforts des savants chez tous les peuples éclairés de l'Europe, dirigés aujourd'hui par des méthodes plus sûres, éclairciront plusieurs difficultés qui nous arrêtent encore ; mais ce qu'on pourra recueillir de l'histoire des anciens peuples ne sera jamais que le débris d'un vaste naufrage ; et Bacon, qui avait porté un coup d'œil si profond sur toutes les parties des connaissances humaines, en désignant celle^i sous le nom à' Histoire imparfaite, reconnaissait que cette imperfection est le résultat nécessaire de la nature même des choses.
L'histoire de la Grèce, à partir des temps héroïques, celle de la Sicile et de la Macédoine jusqu'au règne d'Alexandre, et depuis cette époque^ l'histoire d'Athènes, de Lacédémone et de la ligne Achéenne, jusqu'à la réduction de la Grèce entière en province romaine; enfin l'histoire de la dynastie des Ptolémées en Ég)rpto, jusqu'à la réunion de ce pays à l'Empire romain, tels sont les objets compris dans les trois volumes suivants de l'ouvrage de M. Lévesque. Le cinquième, présente un tableau rapide du développement des différents genres de connaissances , d'arts et de sciences chez les Grecs , depuis Homère, Hésiode et les poètes cycliques, jusqu'au v'' siècle
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avant notre ère, et des notices intéressantes sur tous les hommes célèbres qu'a fournis, dans toute cette période, ce pays si fécond en génies et en talents de toute espèce. Le plan adopté par Fauteur lui laissait la liberté de traiter avec plus d'étendue les objets qui lui paraissaient les plus dignes de fixer l'attention, et de s'arrêter sur ceux dont le développement lui semblait le plus'utile, sans s'assujettir à cette juste proportion qu'il aurait fallu établir entre les diverses parties d'une histoire suivie et régulière. Ainsi il a donné avec plus de détail et d'étendue l'histoire de la guerre des Mèdes et celle de la guerre du Péloponnèse; et ce sujet appartenait de droit à l'écrivain à qui nous devons la meilleure traduction de Thucydide qui ait été faite en notre langue.
Dans un autre genre, on trouvera beaucoup d'intérêt et de sagacité dans la manière dont il a traité la question de Tancienneté des inscriptions et de l'écriture chez les Grecs. M. Lévesque adopte et appuie de nouvelles prouves Topinion avancée, il y a quelques années, par le célèbre M. Wolf dans ses Prolégomènes sur V Iliade d'Homère ; et, quelque paradoxale que cette opinion paraisse au premier abord, il faut convenir qu'il s'en faut beaucoup que ceux qui l'ont combattue Taient réfutée d'une manière victorieuse. 11 reste au moins très-douteux que l'écriture fut connue du temps d'Homère, et très-probable que l'usage n'en était pas universellement répandu parmi les Grecs à cette époque.
On trouvera également de l'exactitude, de la clarté et de la précision dans ce que l'auteur dit de la constitution de la république d'Athènes, des mœurs et des usages des Athéniens; ces détails, qui ont le mérite d'être puisés aux sources par un écrivain dès longtemps familiarisé avec la lecture des historiens grecs, seront surtout utiles aux jeunes gens qui s'occupent de ce genre d'études; et certes on peut en croire l'auteur lui-même, lorsqu'il dit, avec ce ton de candeur et de modestie qui accompagne ordinairement le véritable mérite, « que son travail ne sera pas sans utilité pour une classe nombreuse de