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X. GAlL. — DÉSINENCES, IDIOTISMES

important de réfuter les erreurs, ou du moins dans les ouvrages desquels il peut être le plus utile de signaler ce qu^on regarde comme des erreurs.

Essai sur l'effet, le sens, la valeur des désinences grecques, latines, françaises j et sur divers points de grammaire, etc., par J.-B. Gail, lecteur et professeur impérial, 1 vol. in-8, 1808. — A Paris (de Fimprimerie de Delance), chez Ch.-Fr. Gail, neveu, au Collège de France.

Idiotismes de la langue grecque^ précédés et suivis d'observations adressées à M. HERMAim; par le même, 1 vol. in-12, 1808. — Même adresse. {Mercure de France, août 1809, t. XXXYII, p. 474.)

J ai longtemps hésité, je l'avoue, à me charger de rendre compte de ces deux ouvrages, qui me paraissent peu dignes de la célébrité de leur auteur. M. Gail jouit, comme savant et comme professeur, d'une réputation presque colossale : il se présente à la considération publique escorté d*un nombre considérable do volumes sur toutes les parties de la littérature grecque et en toutes sortes de formats ; les encouragements les plus honorables, les distinctions les plus flatteuses, lui arrivent des extrémités de la terre, et en dernier lieu son adoption par l'un des premiers corps savants de l'Europe Ta porté au faîte des honneurs littéraires (1). Ne sera-ce pas une témérité impardonnable à un individu obscur d'oser faire entendre quelques réclamations au milieu de ce concert presque univer-

(1) [Gail fut nommé le 21 juillet 1809, membre de Tlnstitut (troisième classe, histoire et littérature anciennes).]

\oO MÉLANGES DE FEU FRANÇOIS THUROT.

sel d'éloges et d'applaudissements? D'ailleurs, M. Gail^ quoiqu'il soit homme poli et d'un caractère doux, n'entend pas trop raillerie en fait de critique; il voit incontinent, dans ceux qui ne l'admirent pas, des ennemis jaloux, envieux de sa gloire, et il s'empresse de les représenter comme tels. Dans cet état do choses je cours risque sans doute de donner de moi une idée défavorable à beaucoup de gens dont je ne suis pas connu : si la malveillance est de tous les sentiments celui qu'on doit le plus craindre d'inspirer, c'est surtout lorsqu'on sondant son cœur l'on peut se rendre le témoignage consolant qu'on n'y trouve ni haine ni envie contre qui que ce soit dans le monde.

Telles sont les réflexions qui m'ont longtemps arrêté ; mais d'un autre côté le devoir d'un homme qui se charge de dire son sentiment sur les ouvrages nouveaux, et de ne faire aucune acception de personnes, est surtout de n'oublier jamais que l'intérêt de la science et de la vérité doivent l'emporter sur toutes les petites considérations individuelles et sur l'intérêt particulier de l'écrivain ; or, c'est précisément parce que M. Gail a beaîicoup de réputation comme helléniste, parce que ses productions sont louées avec excès dans les journaux et dans plusieurs ouvrages destinés à être mis entre les mains des jeunes étudiants; c'est parce que les honneurs dont il vient d'être comblé comme savant, semblent confirmer ces éloges et la haute opinion qu'on parait avoir de sa doctrine, qu'il est de devoir rigoureux pour celui qui est appelé à en rendre compte au public, de montrer sans détour comment et pourquoi ces mêmes ouvrages lui paraissent des guides très-infidèles dans la science qu'ils sont destinés à propager.

Le lecteur comprendra sans peine, je l'espère, que l'on peut très-bien trouver un livre médiocre ou même tout à fait mauvais, sans avoir le moindre sentiment d'inimitié ou d'envie contre l'auteur, surtout lorsqu'on n'a jamais eu avec lui aucun rapport, lorsqu'on n'a jamais été dans le cas de rivaliser avec lui de prétentions dans aucun genre, lorsqu'on ne s'est jamais

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