X. GAIL. - IDIOTISMES. .i.ii
ma Grammaire grecque, je ne puis lui donner toute l*élendue dont il est susceptible, » On cherche à la page 2, note 1, et Ton n'y trouve pas plus de raison que daus tout le reste; mais on conçoit qu'il ne saurait y avoir de motif même plausible qui puisse déterminer un écrivain qui respecte le public et qui se respecte lui-même à donner trois mauvais ouvrages à la fois dans l'espace de temps qui suffirait à peine pour en faire un passable.
Il faudrait maintenant entrer dans quelques détails sur la manière dont le Traité des Idiotismes est exécuté, mais la nalure de ce journal n'admet pas un pareil examen ; je me contenterai donc de citer un seul exemple dans lequel Tauteur a prétendu corriger le savant M. Hermann. Je choisis celui-là de préférence, parce qu'il y est question d'un passage de ce Thucydide dont M. Gail a donné une édition fort vantée, et que de plus l'exemple est tel que les lecteurs même qui ne savent pas le grec pourront juger de quel côté est la raison.
Thucydide donc, au chapitre troisième du premier livre de son Histoire, observe que le nom Ôl Hellènes comme servant à désigner les différents peuples de la Grèce en général, n'a été usité qu'assez longtemps après Homère. « Lorsque Hellen et ses enfants, dit-il, eurent affermi leur autorité dans la Phthiotie, et que les habitants des différentes villes les eurent appelés à leur secours, on commença à les désigner chacun individuellement par le nom d'Hellènes » L'auteur ajoute
ensuite : « Or, tous ces Hellènes, ainsi dispersés dans les villes, parlant la même langue et compris dans la suite sous une même dénomination générale, ne firent aucune entreprise commune avant l'époque de la guerre de Troie, parce qu'ils étaient trop faibles et séparés les uns des autres. »
Maintenant voici comment M. Gail propose de traduire cette dernière phrase : Tous ceux qui pris tui à un étaient Hellènes, et ceux qui répandus en diverses villes entendaient leur langage, et ceux qui dans la suite furent compris sous la dénomination générale d'Hellènes, etc. Le lecteur qui ne sait pas le grec et
iÔO MÉLANGES DE FEU FRANÇOIS THUROT.
qui n'a point sous les yeux le passage que nous discutons ici, ne peut pas sans doute prononcer entre deux traductions si différentes; mais il peut au moins juger qu'il est impossible que Thucydide ait dit tous ceux qui pris un à un étaient Hellènes; car ce serait supposer que, pris deux à deux, trois à trois, ils n'étaient plus Hellènes, ce qui est absurde. On voit donc que si l'expression grecque (b; 2)ca<rToi, qui est ici le point particulier de la difficulté, a donné lieu, comme le prétend M. Gail, à bien des contre-sens; elle lui a fait faire, à lui, un non-sens complet.
Je ne m'arrêterai pas sur l'espèce d'appendice qui termine le Traité des Idiotismes, et qui, sous le titre à^ Observations grammaticales adressées au célèbre M, Hermann, comprend une prétendue théorie de l'optatif, qui ne sera assurément approuvée par aucun homme sensé ayant une connaissance même médiocre de la langue grecque. M. Hermann et ceux de ses compatriotes qui cultivent avec le plus de succès cette belle langue, prendraient sans doute une étrange idée de la manière dont on la traite dans celte ville, qu'on peut appeler à juste titre la capitale du monde savant, si, à côté de M. Gail, ils ne voyaient pas des hommes tels que MM. Coray, Larcher, Char don-la-Rochctte, Laporte-Dutheil, Clavier et Boissonade. Je le répète, il m'est extrêmement pénible d'avoir à porter sur les ouvrages de ce professeur un jugement si différent de celui qu'en ont porté les autres journaux ; et certes je voudrais y avoir trouvé autant à profiter pour ma propre instruction que j'y trouve à reprendre, malgré mon peu de science. Mais enfin, c*cst au lecteur à juger par les citations assez nombreuses et scrupuleusement exactes que j'ai mises sous ses yeux, si c'est la vérité ou l'injuste partialité qui a conduit ma plume. Au t*oste, j'avertis encore une fois que je distingue essentiellement M. Gail et sa persotine de ses livres.
Qu'on vante en lui la foij Thonneur^ la probité)
Qu'on prise sa candeur et sa civilité,
Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère :