‹ MélangesChapitre 58 sur 269 · XI. GAIL. - MÉMOIRE. i6l · texte numérisé non relu

XI. GAIL. - MÉMOIRE. i6l

On le veut, j*y souscris et suis prêt à me taire. Mais que pour un modèle on montre ses écrits,

qu'on les recommande à la jeunesse de nos Lycées et aux maîtres chargés de l'intruire, comme des ouvrages admirables et contenant une saine et profonde doctrine ; que dans un livre destiné à être journellement entre les mains des jeunes étudiants, on proclame M. Gail comme THcrcule de la littérature grecque, comme renfermant en lui seul plusieurs savants hellé^ nistes (4); ce serait trahir la cause de la vérité, celle de Tutilité publique et de la science que de ne pas réclamer contre de pareilles exagérations.

Mémoire ou observations sur l'opinion en vertu de laquelle le jury institué par S. M. l'Empereur et Roi propose de décerner un prix à M. Coray, à l'exclusion du Traité de la chasse de Xénophon^ Ayx Thucydide grec-latin- français , et des Observations littérah^es sur Théocrite et Virgile^ de J.-B. Gail, membre de l'Institut, lecteur impérial, et, avec l'agrément de S. M. l'Empereur et Roi, chevalier de l'ordre de Saint-Wolodimir de Russie; accompagnées de Remarques critiques sur Thucydide, Xénophon, Hippocrate^ Théocrite, Isocrate et autres auteurs; suivies d'une Notice de ses travaux depuis vingt ans, et divisées en deux parties; par J.-B. Gail. Prix de ce mémoire, 3 fr. ; prix de l'extrait du mémoire, 1 fr, 28 c. — A Paris, chez Auguste Delalain, libraire, rue des Mathurins-Saint- Jacques, an 1810. [Mer" cure de France, octobre 1810, t. XLIV, p. 396.)

Le jury institué pour les prix décennaux a cru devoir

(1) Voyez la Préface du Nouveau Dictionnaire grec-français par M. Planche, dont le travail est, au reste, digne d'éloges et fort recommandable.

décerner le prix do traduction du grec au Traité d'Hippocrate, des aii's, des eaux et des lieux ^ dont M. le D' Coray a publié une édition grecque et française, en deux volumes in-8^. '< M. Coray, dit le jury, a rendu un véritable service à la science et à la critique, en traduisant ce traité, sur lequel ses remarques ont répandu une clarté nouvelle. Le nombre des passages qu'il a mieux entendus et de ceux qu'il a restitués, corrigés et expliqués d'une manière satisfaisante, est trèsconsidérable. La sagacité de sa critique et le bonheur de ses conjectures semblent le conduire souvent jusqu'à l'évidence. La philologie et la science médicale répandues avec choix et sans profusion dans ses notes rendent la lecture de ce traité aussi intéressante qu'instructive. A l'égard du style, M. Coray a la modestie de dire, dans son Discours préliminaire, qu'on s'apercevra facilement que c'est un étranger qui traduit dans une langue étrangère. Cependant il n'y a rien de choquant dans son style, et Ton pourrait désirer que tous les Français qui se livrent principalement aux travaux de l'érudition écrivissent leur langue avec autant de pureté et de correction que M. Coray. »

Celte décision du jury a excité dans Tàmc de M. Gail la plus vive indignation; il se croit, lui, beaucoup plus digne du prix que l'écrivain qu'on lui a préféré. Aussi, lorsque la troisième classe de l'Institut, dont M. Gail est membre, a été appelée à discuter le rapport du jury, en ce qui la concerne, M. Gail n'a-t-il pas manqué d'y faire entendre ses réclamations; mais la classe les a rejetées à l'unanimité, en confirmant le jugement du jury. M. Gail a donc aujourd'hui conti'e lui, non seulement Topinion de ses premiers juges, mais aussi celle de la classe de l'Institut composée des hommes les plus capables d'apprécier la léj^itimité de ses prétentions.

Dans cette situation, fort décourageante, sans doute, pour un homme qui n'aurait pas, comme M. Gail, la conviction de ses fon^^'s cl de son mérite personnel, il se présente intrépidement au public et au juge suprême, avec le Mémoire à von-

Page 1