XII. PETIT-RADEL. — LONGUS. \Si
do la plupart des défauts que je viens de remarquer. Je ne pourrais d'ailleurs que confirmer par des exemples de détail l'opinion que j'ai énoncée au commencement de cet extrait, et ce genre de discussions n'intéresse que bien peu de lecteurs (1). Par la même raison, je ne dirai que peu de chose de la traduction nouvelle en vers latins et en prose latine que le même auteur nous a donnée de Longus. Car il faudrait revenir sur les mêmes observations, faire remarquer les mêmes inconvénients ou les mêmes défauts que j'ai cru apercevoir dans la manière de l'écrivain ; ce qui est au moins inutile.
Je dirai seulement que j'ai vu avec regret, et tous les amateurs de la littérature grecque partageront sans doute ce sentiment, que l'éditeur n'ait pas eu l'idée de donner le texte grec de Longus avec sa traduction; il paraît n'avoir pas eu connaissance de l'excellente édition qu'en a donnée le savant M. Schaefer à Leipsick en 1803, et des corrections nombreuses que cet habile homme a faites, tant dans le texte grec que dans la traduction latine. Si M. Petit-Radel avait connu le travail du professeur allemand, il se serait sans doute dispensé de refaire la version en prose de son auteur; il n'aurait pas cru devoir manquer l'occasion de joindre à sa version mé-
trique un texte beaucoup plus épuré que celui de feu M. Villoison, le meilleur que nous eussions jusqu'ici; il aurait pu même joindre à son édition les notes très-courtes et trèsinstructives qui accompagnent celles de Leipsick; il aurait
(l)En général, M. Petit-Radel in*a paru ne se pas assez défier de sa facilité à écrire le latin, d*où il résulte qu'il emploie souvent des expressions hasardées, et des tournures trop rapprochées du français, comme dans ce vers :
Neglexere pecus tutis cducerc septis.
Quelquefois aussi il ne dit pas ce qu'il veut dire : par exemple, dans Thymne à Jupiter, radice revulsus Ftmiculus cecidit, me semblerait absolumentinintelligible pour qui ne saurait pas d'ailleurs ce que le poète veut exprimer. J'ai cru remarquer aussi, dans la prose latine de l'auteur, quelques traces d'affectation. Il me semble, par exemple, qu'une métaphore aussi peu naturelle que celle-ci : unde tracions eadem arma cycnus mantuamis ^enus expolivit^ etc., serait blâmable dans quelque langue que ce fût.
182 MÉLANGES DE FEU FRANÇOIS TfîUROT.
rendu ainsi un véritable service aux amis dé la langue grecque, et assuré le débit de son livre.
Ce n'est pas que, dans la disette où Ton est en France de livres grecs, je ne préférasse de voir donner, dans cette langue, quelque autre ouvrage plus intéressant et plus utile que les Amours de Daphnis et Chloé, On ne doit guère songer au superflu que quand on a le nécessaire; et, jusqu'à ce que nous en soyons à ce point, je crois qu'en publiant des ouvrages grecs ou latins, on devra toujours avoir en vue l'intérêt et l'utilité de la jeunesse qui fréquente les écoles. Or, le livre dont je parle ici no peut pas sans danger être mis dans les mains des jeunes gens. Voici le jugement sévère, mais parfaitement juste à mon avis, qu'en porte M. Coray : « On trouve dans Longue un style clair et facile, la justesse de l'expression unie au goût attique, et des périodes brillantes et bien arrondies; mais il manque souvent de sens et do jugemont, ce qui est un défaut essentiel. D'ailleurs, on est rebuté par les obscénités qu'on rencontre dans son ouvrage ; et, avec tout son atticisme, il n'est, dans beaucoup d'endroits, qu'un sophiste fort ennuyeux (1). » (Jue si l'on opposait à ce sentiment d'un savant respectable les opinions contraires de quelques autres hommes aussi fort recommandables, il suffirait, pour décider la question sous le rapport où je la considère ici, du lénioignafio de Lonj;us lui-même, qui s'exprime ainsi à la lin du petit avant-propos dans lequel il expose le sujet de son livre. « Le conte, dil-il,en sera plaisant et agréable à plusieurs manières de gens, en ce qu'il pourra servir à guérir le malad(\ consoler le dolent, remettre en mémoire de ses amours celui qui aura autrefois clé amoureux, et in^triiiie celui qui iif raura encore point été, » (Trad. d'Amiot.)
On .doit se tenir pour averti, après cet aveu naïf de l'autour; et il est bien évident qu(; ce n'est pas à de très-jeunes lecteurs qu'un pareil ouvraii:c peut convenir.
(1) Voyez la lettre à M. Basili, qui est au commencement du premier volume de l'édition grecque d'Héliodore par M. Coray,
Mélanges de critique et de philologie y par S. Chardon de La RocHETTE. Trois volumes in-8°. — Prix, 18 fr., et 22 fr. 50 c. francs de port; papier vélin, 30 fr., et 34 fr. 50 c. — A Paris, chez d'Hautel, libraire, rue de la Harpe, n** 80. [Mercure de France^ avril 1812, t. LI, p. 166.)
La critique, c'est-à-dire ici Fart de discuter les textes des écrivains grecs et latins, et la philologie^ c'est-à-dire Tensemble des connaissances nécessaires pour pratiquer cet art avec succès, ou la science propre du critique, ne sont guère, en France, le partage que d'un très-petit nombre de personnes, et ce n'est pas assez pour le besoin qu'aurait l'instruction publique de ce genre de littérateurs. L'étude des langues grecque et latine étant chez nous, comme dans tout le reste de l'Europe civilisée, le fond de l'enseignement donné à la jeunesse, ne peut avoir de base solide, ni produire des résultats à la fois durables et étendus, qu'autant que les professeurs des humanités seront des hommes très-versés dans la critique et dans la philologie. M. Chardon de La Rochette, qui est au premier rang parmi les savants de l'Europe qui cultivent ce genre de connaissances avec le plus de succès, a donc fait une chose vraiment utile en rassemblant ce qu'il avait écrit et publié, à diverses époques, sur plusieurs ouvrages de littérature ancienne, et en perfectionnant ou augmentant les différents morceaux qui composent ce recueil. Nous ignorons si son livre a déjà eu, au moins en partie, ou s'il aura tout le succès dont il est digne; mais nous allons indiquer à ceux qui^ par goût ou par devoir, s'intéressent à ces objets, ce qu'ils trouveront de plus important ou de plus remarquable dans les trois volumes que nous annonçons.
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Lo savant éditeur avertit, dans sa préface, que la plupart des articles que Ton trouvera dans ces Mélanges « ont été insérés autrefois dans divers journaux littéraires, et surtout dans le Magasin encyclopédique, mais que les plus importants ont été entièrement refondus, et que tous ont été corrigés et augmentés ». On voit par là qu'un grand nombre de ces articles ont été composés à l'occasion d'ouvrages dont M. C. D. L. R. s'était chargé de rendre compte, et l'on aimera à confirmer le témoignage qu'il se rend à lui-même, lorsqu'on parlant des censures qu'il a quelquefois mêlées à ses éloges, i] dit : <( J'ai suivi (à cet égard) la méthode qui m'a toujours paru la plus raisonnable et la plus décente ; j'ai tâché d'être juste, impartial, et de n'employer aucune de ces formes acet^bes^ qui aigrissent au lieu de corriger, et qui, par cela même, font manquer le but auquel tout critique de bonne foi doit cher* cher à atteindre. Il est vrai, ajoute-t-il, que, n'ayant jamais été aux gages d*un journal, et pouvant choisir les ouvrages dont j'aimais à rendre compte, mon choix a dû nécessairement tomber sur ceux dont je pouvais dire beaucoup de bien el peu de mal. »
Pour éviter rineonvénient qu'aurait Ténumération du nombre assez considérable d'articles donl se composent ces Mélanges, si nous suivions l'ordre selon lequel ils se trouvent insérés dans chaque volume, nous parlerons d'abord de ceux qui sont relatifs aux romans grecs, et qui occupent environ 250 pages dans tout Touvrage, puis nous rassemblerons, sous un môme point de vue, ce qui concerne l'Anthologie grecque, et qui, en le réunissant, ne serait guère moins considérable, enfin nous ferons deux objets à part des notices sur des hommes célèbres, et de celles des ouvrages importants sur lesquels l'éditeur a rassemblé des renseignements curieux et instructifs.
On trouvera donc, au sujet des romans grecs, 1° une notice fort détaillée sur tous ceux qui sont venus jusqu'à nous, et dont les auteurs sont : HéliodorCy Achille Tatiiis, Longus,
Xénophon d'Ephèsc, Chariton, Eustathe ou Eumaihe, Théodore Prodromiis; indôpcndamniont des réflexions judicieuses sur les divers degrés de mérite ou d'intérêt que l'on s'accorde à reconnaître à chacun de ces écrivains, tant sous le rrfpporl du style que sous celui des pensées ou de Timagination, on trou* vera aussi un détail exact et précis des éditions ou traductions diverses qui ont été données de ces romans, des discussions savantes sur plusieurs endroits remarquables d'Achille Tatius et de Longus, et enfin le fragment de ce dernier romancier découvert dans un manuscrit de Florence, il y a quelques années, par M. (Courier, officier français, qui a servi avec honneur dans l'artillerie, et qui joint à une grande connaissance de la langue grecque un talent rare pour la critique. Le texte grec de ce fragment, accompagné des notes de M. C. D. L. R., est suivi de la traduction latine qu'en a donnée M. Amati. 2® Une traduction des extraits donnés par Pholius des romans p:recs d'Antoine Diogènc et de Jamblique. Le premier de cco aeux écrivains avait composé un roman intitulé : Des choses mcroyables que l'on voit au-delà de Thidé, en vingt-quatre livres, et c'est celui dont Photius a donné l'extrait. Son livre contenait aussi beaucoup de détails fabuleux sur la vie do Pylhagore, qui nous ont été conservés par Porphyre; cet Antoine Diogènc peut avoir vécu dans la première moitié du m" siècle. Quant à Jamblique, qu'il ne faut pas confondre avec l'auteur du même nom qui fut disciple de Porphyre, et qui vivait sous Constantin, il était Syrien de naissance, et naquit probablement, suivant M. C. D. L. R., vers la fin du règne do ïrajan; il avait composé les Daby Ioniques^ ou Amours de Rhodunes et de Sinonùy en trente-neuf livres, et c'est ce roman dont on trouve ici l'extrait d'après Photius, avec un grand nombre de notes critiques, historiques, grammaticales, etc., auxquelles l'éditeur a joint un fragment du texte do ce mémo roman, tiré des Excerpta varia grœcorum sophiatarum ac rhetonnn (1), etc.^
(1) Publié à Rome, en 1641, par Allât i us.
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volume devenu extrêmement rare. Toute cette partie des Mélanges de M. C. D. L. R., n'avait point encore été publiée. Au reste, il ne s'esl point fait illusion sur la valeur de ces compositions bizarres qu*il a traitées plus spécialement sous le rapport de rbistoire et de la critique littéraire. « Le roman d'Antoine Diogène, dit-il, fera connaître (aux auteurs ou aux amateurs de ce genre de littérature) tout ce que le merveilleux a de plus extravagant, et celui de Jamblique leur offrira des spectres, des cavernes, des tombeaux, et les péripéties les plus étonnantes. »
Un des monuments les plus précieux et les plus curieux de la littérature grecque est, sans contredit, cette multitude d'inscriptions anciennes à la louange des dieux, des héros, des hommes ou des femmes célèbres; des petites pièces galantes, mélancoliques, satiriques, philosophiques, etc., comprises sous le nom général à'épif/rammes, et dont la collection est connue sous celui à' Anthologie, C'est aussi cet intéressant recueil qui a le plus exercé la sagacité et occupé les loisirs de notre savant éditeur. On sait que M. C. D. L. R., dans le séjour qu'il fit en Italie plusieurs années avant la révolution, avait trouvé lo moyen de se procurer une copie fort exacte du célèbre manuscrit du Vatican, le plus précieux et 16 plus complet qu'il y eût en ce genre, copie qui lui avait coûté des soins et des frais très-considérables. Dei)uis il n'a cessé de travailler à épurer et à éclaircir le texte de celte précieuse collection, et il en aurait donné sans doute une édition plus parfaite que toutes celles que nous avons jusqu'à présent (telle qu'elle existe aujourd'hui dans son portefeuille), si des circonstances que tout le monde connaît, ou peut deviner, ne lui en eussent ôté la facilité ou les moyens. On doit donc s'attendre que tout ce qui a rapport à ce sujet dans ses Mélanges ne peut qu'avoir un très-haut degré d'utilité et d'intérêt, et c'est en effet ce qu'on reconnaîtra en lisant sa Lettre à Vabbé de Saint-IAger, snr quelques éditiom de l'Anthologie grecque, l'article sur l'édition de cette même Anthologie avec la version latine de Grotius,
publiée par M. de Bosch, les Éclaircissements sur quelques passages de Suidas, etc., etc.
Nous ne nous arrêterons point sur les notices intéressantes données par M. C. D. L. R., de la vie et des ouvrages de Tabbé de Saint-Léger, Tun des plus liabiles bibliographes de l'Europe, et du célèbre Villoison qui a rendu de si nombreux, de si éminents services à la philologie et à la littérature grecque : il suffit d'indiquer ces articles relatifs à des personnes et à des faits qui sont, pour ainsi dire, encore sous nos yeux. Nous dirons seulement que, par la manière dont l'auteur de ces Mélanges parle de ces deux hommes distingués dont il fut l'ami particulier, et par les témoignages multipliés qu'il donne de ses vastes connaissances dans les deux genres qu'ils cultivèrent avec tant de succès, il se montre leur émule et leur égal. Mais nous citerons, en ce genre (de notices biographiques), l'extrait fort étendu et plein d'intérêt que l'auteur nous donne d'un éloge d'Antojiio de Lehrija, écrit en espagnol par D. Juan-Battista Mufioz. et imprimé à Madrid en 1796. Cet Antoine de Lebrija [jEUus Antonius Nebrissensis) fut un des hommes tels que le xv* siècle en vit paraître plusieurs dans presque tous les pays de l'Europe, et qui, secondant avec ardeur l'impulsion donnée en Italie dès le siècle précédent, s'appliquaient à dissiper dans leur patrie les ténèbres de l'ignorance et de la barbarie. Antoine de Lebrija composa, pour TUniversilé de Salamanque, dont il fut professeur, et pour les autres écoles d'Espagne, un nombre considérable d'ouvrages relatifs à la littérature grecque et latine.
Il était même profondément versé dans la langue hébraïque, et ne négligea aucune des branches des connaissances que Ton cultivait de son temps. Il fut persécuté comme il est arrivé à presque lous les généreux propagateurs de la science et des lumières, parce qu'il y a toujours et partout des gens en fort grand nombre qui trouvent, ou qui croient trouver, un grand avantage dans l'ignorance et la stupidité de leurs contemporains. Il paraît, au reste, qu'à l'époque où D. Munoz
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prononçait cot éloge dans rAcadémio d*histoire de Madrid (en 1796), l'élude du grec était encore fort peu encouragée dans ce pays, puisque l'orateur, en parlant des obstacles qu'Antoine de Lebrija avait trouvés à l'y introduire trois siècles aupara* vaut, s'écrie : « Avis salutaire I qui m'oblige à retracer ici le mal de nos jours, non moindre peut-être que celui du siècle de Lebrija. Animé de son esprit, j'ose prédire que le manque de goût et le peu do solidité que l'on remarque dans les ouvrages modernes ne cesseront que lorsque Ton aura favorisé, par tous les moyens possibles, l'étude de la langue et de l'érudition grecques (1). »
Parmi les articles sur des ouvrages importants pour la philologie, nous recommandons plus particulièrement aux lecteurs jaloux de s'instruire en ce genre la notice concernant la Bibliothèque critique du savant et respectable M. Wytlenbach; celles qui ont pour objet les scholies sur Platon, recueillies par Ruhnken; la traduction d'Hérodote par M. Larcher; les éditions des Caractères de Théophraste, publiées en France et en Allemagne, par MM. Coray et Schneider, etc. ; enfin, ils trouveront autant d'intérêt que de solide et agréable instruction dans les fragments que M. (.. D. L. R. a extraits d'une traduction manuscrite d'Aristophane, par le P. Lobineau, Bénédictin, mort en 1727, à l'Ago de soixante-un ans. La préface qu'il avait mise ù la tùto de cette traduction, et dont on trouvera ici une partie assez considérable, contient un précis des mœurs et des usages des Athéniens, composé uniquement d'après les pièces d'Aristophane, et d'après les scholiasles de (*e poète. On peut juger du stylo et du tour d'esprit de cet écrivain par le passage suivant, où l'on trouve d'ailleurs une explication fort simple d'un fait dont Torigine peut être inconnue à beaucoup de lecteurs.
(1) Saludtible aviao, que me obliga a rej/roducir el mal de nuesiroi dins^ acaso no menor que el de lostiempos de Lebrija. AUnitado de su cspiritu me atrevo a pretiunciar que la présente fallu de ynsto y salifiez en las leiras seguira sin remédia, inienfras no se favorezca por todos modos el estudio de la lengua y erudicion griega-
« Il y avait partout beaucoup d'images des dieux, peintes sur des planches de bois. Jupiter était représente avec un aigle, Minerve avec un hibou, Esculape avec un serpent. C'est comme les chrétiens représentent saint Roch avec son chien, saint Eusr tache avec son cerf, saint Gilles avec une biche, saint Antoine avec un cochon, saint Guingalvé avec une oie, saint Martin avec son cheval, saint Jérôme avec un lion, etc. On appelle Gloire parmi les chrétiens, et Nimbe parmi les antiquaires, un certain rondeau que l'on plaçait autrefois sur la tète des statues, et Ton s'imagine que ce fondeau est un apanage de canonisation ou de majesté. Les anciens mettaient un rondeau pareil sur la tête de leurs fausses divinités, et l'appelaient petite lune ou ménisque; mais leur intention, en y plaçant cette ménisque, n'était pas de marquer la béatitude de la personne représentée, ce n'était que pour empêcher que les oiseaux ne gâtassent les statues par ce qu'ils laissent échapper en volant. C'eut été, en effet, une chose scandaleuse et offensive des religieux regards, de voir un dieu barbouillé d'ordures, etc. »
Nous en avons dit assez pour faire connaître le mérite et l'utilité de ces trois volumes de M. Chardon de la Rochetto; ils seront suivis de quelques autres, comme il l'annonce dans sa préface, si ce premier travail est accueilli avec faveur. Il y a bien quelques articles étrangers à la philologie, qu'il aurait pu supprimer sans inconvénient, parce qu'ils sont relatifs à des ouvrages qui n'ont ni Timportance ni le degré d'intérêt qui justifient l'honneur qu'il leur a fait d'en consigner l'rx trait dans un recueil tel que le sien.
Peut-être aussi les détails purement bibliographiques y sont-ils un peu trop multipliés, surtout ceux qui concernent des livres dont la valeur est médiocre ou presque nulle; mais nous n*osons pas trop insister sur ce point : nous rendons très-volontiers hommage à la science du bibliographe, et, dans ce genre comme dans presque tous les autres, peut-être no peut-on espérer d'obtenir le nécessaire qu*cn s'adressant à ceux qui ont le superflu. Quoi qu'il en soit, il nous semble évident que ce
190 mélan(;ks de feu François thurot.
recueil ne peut qu'èlro infiniment utile aux personnes qui cultivent la littérature ancienne par goût ou par état, et nous ne saurions trop, surtout, en recommander la lecture à tous ceux qui sont chargés de renseignement des langues grecque et latine; ils y puiseront la connaissance d^une inHuité d'ouvrages dont quelques-uns sont extrêmement importants ; ils y prendront une idée claire de ce que c'est que la critique, de sou utilité, du langage qui lui est propre, etc., en un mot de tout ce qui, comme nous l'avons dit précédemment, doit nécessairement faire partie des éludes d'un pi'ofesseur d'humanités, qui aspire à remplir avec distinction les fonctions honorables qui lui sont confiées.
Sur le Nouveau Dictionnaire grec- français (1), et sur quelques autres livres nouveaux à l'usage des jeunes étudiants. {Mercure de France, novembre 1809, t. XXXIX, p. 7.)
Il est fort à souhaiter que l'élude de la langue grecque reprenne quelque faveur et (jiiclque vie dans nos écoles par reiïet de la nouvelle ori;anisalion que rinslruclion publique vient de recevoir (2), et l'ouvrage estimable que nous annonçons pouvant réellement contribuer à rendre cette étude plus facile à la fois et plus profitable aux jeunes gens qui font leur cours d'humanités, on doit de la reconnaissance à M. Planche,
(l) Dif'iionnairc f/rrc-frn?irai.^^ com\)OHé sur l'ouvrajje intitulé : Thesnurtis iinfjiLT (jr.ri^u, (lo Henri IvsiioiiiK.'. ou se trouvent tous les mots des différents âires de la langue <rrec([ue, leur etyuiologie, leur sens propre et figuré, et leurs di-verses ac(trptions justiiiérs par dfs exemples; par .1. Planehe. \'i\ volume petit in-V® de lilOO pnjjfes, 1800. A Paris, cli*^z Lenorniant, imprimeur-libraire, rue des Prètres-Saint-Germain-I'Auxerrois. Prix: IHfr., broché.
(2) |I)écret du 17 mars 1808, portant orj^anisation de l'université. J