‹ MélangesChapitre 73 sur 269 · XV. BOINVILLIERS. — MANUEL DES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

XV. BOINVILLIERS. — MANUEL DES ÉTUDIANTS

leur aura dit être élégants, parce que cette recherche est ce qu'il y a de plus propre à leur former ii la fois le jugement et le goût.

Une autre observation sur laquelle je crois qu'il est aussi fort utile d'appeler l'attention de ceux qui donuent des ouvrages tels que celui-ci, c'est la convenance, et je pourrais dire même la nécessité d'indiquer très-exactement les auteurs, les traités et les chapitres, etc., où ils puisent les exemples qu'ils allèguent, de manière qu'il soit toujours possible et facile au lecteur de trouver sur-le-champ le passage dont ils s'autorisent. Les grammairiens et les philologues allemands, anglais, hollandais, etc., se sont montrés depuis longtemps exacts observateurs de cette pratique, et ce n'est pas Tun des moindres avantages que les livres qu'ils composent pour l'usage des étudiants ont sur les ouvrages du même genre imprimés en France. D'ailleurs ce soin n'est peut-être pas moins utile à Tauleur lui-même qu'à ses lecteurs; en songeant que ceux-ci pourront vérifier à l'instant, si la fantaisie leur en prend, le passage qu'il cite, s'assurer de la fidélité de son interprétation ou de la légitimité des conséquences qu'il en déduit, il porte involontairement, pour £^insi dire, une attention plus scrupuleuse sur ce qu'il écrit, ses idées acquièrent plus de rectitude, son ouvrage en devient d'autant plus utile et plus digne d'estime. En un mot, il me semble, et les véritables juges en ce genre seront sans doute de mon avis, que la négligence ou Tomission de ce soin, minutieux si l'on veut, ôte à un livre classique une grande partie de sa valeur.

Je ne dirai que peu de chose du petit traité sur les Aîiti^ quités romaines qui est la suite de celui qu»; je viens d'examiner; le jugement qu'on en a porté dans le Journal de l'empire (du 27 septembre 1810) me parait parfaitement juste. « Ce Hvre, a-t-on dit, est très-convenable aux écoliers pour lesquels il a été composé; il lîst court, il est très-clair, et contient à peu près ce qu'il y a dans les antiquités romaines de plus important à savoir pour rintclligence des classiques. >/ J'aurais

pourtant désiré qu'en, adoptant le traité de Nieuport, traduit par Desfontaines, M. BoinvilHersy ajoutât un plus grand nombre de ces mots ou de ces locutions latines, dont Tintelligence dépend essentiellement de la connaissance des mœurs et des usages, et qu'il eût pris la peine de rechercher et d'indiquer les passages des anciens auteurs qui sont en quelque sorte fondamentaux sur chaque objet, ou du moins sur les objets les plus importants.

Dialogue sur les orateurs, traduction nouvelle, dédiée à S.A. S. Monseigneur le prince Archichancclier de l'Empire, par Ch. Dallier, maître d'études au lycée de Reims. — Brochure in-8*. — A Paris, chez Tauteur, hôtel de Malte, rue de Richelieu, n° 65. 1809. — [Mercure de France, mai 1810, t. XLII, p. 83.)

Le Dialogue sur les orateurs est un des monuments les plus précieux qui nous restent d'une époque où laliltérature latine* quoique penchant déjà vers son déclin, était cultivée par des hommes do génie qui avaient conservé Télévation d'Ame et la pureté de goût qui caractérisèrent les temps où l'art d'écrire et l'éloquence avaient eu le plus d'éclat. Malheureusement, cet ouvraf^e ne nous est pas parvenu tout entier; il y a, vers le milieu, une lacune considérable : néanmoins on y trouve beaucoup de faits curieux, d'observations importantes, et une discussion fort intéressante sur l'une des questions les plus dignes de fixer Tattention des esprits cultivés. A quelles causes fallaitîl attribuer la décadence que l'on observait alors dans la litlérature, ou plutôt la corruption de l'éloquence (1)? Tel est le

(1) On a souvent imprimé ce dialogue sous le double titre : De oratoribus^ seti

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