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XIX. CORAY. — HÉLIODORE

n'empêchent point que le travail de M. Achaintre ne soit infiniment recommandable ; et le public accueillera sûrement avec la même faveur le nouvel ouvrage qu'il nous promet, les Satires de Perse^ qui sont en ce moment sous presse.

HAIOAÛPOT AieiOniKÛN BIBAIA AEKA, etc., c'est-àdire : les dix livres des Éthiopiques d^Héliodore, nouvelle édition, avec des remarques en faveur des Grecs, enrichie des Variétés de lectures recueillies par Amiot, et jusqu'à présent inédites, entreprise à la sollicitation et pubUée aux frais d'Alexandre Basile, par le docteur Coray. — Deux volumes in-S** de 954 pages, de l'imprimerie do J.-M. Eberhart (1804). (Décade^ an xui, 1" trimestre, 30 brumaire (21nov.4804J,p. 398.)

C'est faire sans doute un véritable plaisir aux amateurs de la langue grecque et de la bonne littérature que de leur annoncer un nouvel ouvrage de M. Coray. Ce savant^ connu par sa profonde érudition, par la sagacité de sa critique et la justesse de son goût, avait déjà enrichi la France de deux excellentes éditions d'ouvrages importants (1), destinés à propager les lumières et l'amour des lettres parmi les Grecs ses compatriotes ; il vient encore de leur offrir un nouveau et précieux fruit de ses travaux et de ses veilles. Des deux volumes que nous annonçons, le premier contient le texte d'Héliodore, mais infiniment plus correct qu'il ne Tétait dans aucune des éditions précédentes; le second contient des observations et éclaircissements

(1) Les Caractères de Théophraste, avec la traduction française et des note* critiques et historiques ; un vol. in-S^; chez Fuchs; et le Traité cfHippoerate, des airs, des eaux et des lieux, également avec la traduction, et enrichi de notes cri* tiques et historiques, etc. ; deux volumes in-S^' ; chez le même libraire.

sur tous les endroits difficiles de Fauteur, des remarques critiques et philologiques écrites en grec, dans le genre de9 commentaires d'Eustathe sur Homère.

On s'étonnera peut-être que M. Coray, si capable d'apprécier le mérite éminent des grands écrivains de la Grèce, ait consacré ses soins à l'édition d'un auteur qui leur est nécessairement très-inférieur, puisqu'il a vécu dans un siècle où les sciences, les arts et les lettres étaient tombés dans une entière décadence; mais on voit dans l'épitre qu'il adresse à son ami, M. Alexandre Basile, et que l'on trouve au commencement du premier volume, que c'est uniquement pour faire plaisir à cet ami que M. Coray s'est déterminé à travailler sur Héliodorc. Gomme cette épître contient d'ailleurs une dissertation curieuse sur les romanciers grecs qui ont précédé ou suivi Tauteur des Éthiopiques, une notice sur Héliodore lui-même, avec l'exposé des moyens que l'éditeur a employés pour rendre cette édition plus correcte et plus utile à ceux de ses compatriotes qui s'occupent de ce genre de littérature, etc., nous croyons ne pouvoir mieux faire que d'en tirer tout ce que nous dirons sur cet ouvrage, d'autant plus qu'elle est écrite dans une langue (le grec moderne) qui n*est pas encore très-familière à la plupart do ceux même qui ont étudié les lettres grecques. C'est donc désoimais M. Coray lui-même que Ton entendra; voici le début de son épître :

(( Ne confondez point, mon ami, cetlc épître avec ces dédicaces banales, pour ainsi dire, dont on afTectc communément d'orner les ouvrages nouveaux ; vous n'êtes pas plus disposé à en recevoir une de ce genre que moi à en écrire. Regardez-la plutôt comme une de ces conversations philologiques que nous avions souvent ensemble en nous promenant dans le jardin des Tuileries à Paris, ou comme une de ces lettres que je vous adresse de temps à autre, depuis que je suis privé de votre conversation. Vous m'aviez témoigné le désir de voir paraître une nouvelle édition, et surtout, s'il était possible, une édition plus correcte de l'agréable ouvrage d'Héliodore; je me suis

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