‹ MélangesChapitre 97 sur 269 · XXI. CABAiNIS. — SIX PREMIERS MÉMOIRES · texte numérisé non relu

XXI. CABAiNIS. — SIX PREMIERS MÉMOIRES

de nos sens proprement dits. Ce morceau, quoique traité d'une manière neuve dans les détails, contient des notions plus familières à la plupart des lecteurs, et, par cela même qu'il est écrit dans un style extrêmement attachant, ne pourrait que perdre à être présenté dans un extrait. Je reviendrai dans une autre lettre sur la suite de ces mémoires, insérés dans le volume que la classe des sciences morales et politiques de l'Institut national a publié cette année.

Salut, etc.

Seconde lettre aux auteurs de la Décade y sur quelques mémoires de C. Cabanis, etc. (1). — [Décade, an VUI (1800), 3* trimestre, 20 et 30 prairial, p. 461 et 521.)

Citoyens,

J'ai t&ché de montrer, dans la lettre que je vous ai précédemment adressée (2), comment le C. Cabanis, par des observations plus précises sur l'organisation physique de Thomme, par des considérations plus approfondies sur le mécanisme de la pensée, était parvenu à placer les sciences qu'on appelle métaphysiques et morales, au rang des sciences physiques naturelles, et à donner ainsi à cette partie de nos connaissances un degré de certitude et d'évidence dont on aurait eu peine à les croire susceptibles. Je vais maintenant exposer les développements ultérieurs, que le même Citoyen a donné à cette doctrine à la fois si neuve et si intéressante, et les applications heureuses qu'il en a faites à l'analyse de l'influence des âges, des sexes,

(1) Voyez le tome II des Mémoires de l'Institut national, pp. 107-287, classe des sciences morales et politiques.

(2) Voyez le n<» 23 de la Décade philosophique, etc., [ci-dessus p. 261 et sui* tantes.]

et des tempéraments, sur les idées et les affections morales. Peut-être les esprits faibles, ou prévenus de certaines opinions, verront-ils avec quelque frayeur les progrès de cette philosophie audacieuse, qui, remontant par une marche serrée des effets aux causes, rétrécit prodigieusement Tempire des qualités occultes, et des abstractions vagues ; mais qu'ils se rassurent, en considérant que, lors même qu'on serait parvenu à rattacher l'ensemble des phénomènes à un fait unique, dont le mode d'action serait connu, le principe de cette action sera sans doute éternellement inexplicable, et que là ils pourront toujours placer tous les rêves dont leur imagination aime à se nourrir; qu'ils nous permettent donc, en leur offrant cette consolation, de les inviter à être un peu moins intolérants. Mais je reviens aux mémoires du C. Cabanis.

Dans ses considérations sur l'influence des âges, après quelques détails préliminaires sur les divers degrés d'accroissement que prennent les corps organisés (les végétaux et les animaux), les uns par les transformations successives que subit lo mucilage, qui semble être leur principe constituant, les autres par celles que subit la gélatine, qui dans les animaux est le principe analogue au mucilage dans les plantes, l'auteur établit sur une foule de faits physiologiques et pathologiques les plus incontestables, dos principes extrêmement lumineux, touchant les modifications diverses qu'éprouve l'économie animale aux différentes époques de la vie, et les modifications correspondantes qui se manifestent dans les idées et les affections morales de l'individu. Ainsi, chez les enfants, par exemple, la prédominance relative du système nerveux, la quantité plus considérable de vaisseaux, l'irritabilité plus vive des muscles, donnent lieu à une multiplicité d'impressions, d'où résultent nécessairement des déterminations tumultueuses et continuellement variables; « mais en môme temps l'organe cérébral, dans lequel les principes mêmes do la vie se préparent et s'élaborent, moins raffermi par les membranes cellulaires qui l'embrassent, ou qui se glissent dans ses divisions, entre facilement en jeu. Les

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