‹ MelangesChapitre 3 sur 125 · VIII HISTOIRE SOMMAIRE · texte numérisé non relu

VIII HISTOIRE SOMMAIRE

saire pour composer le journal, l'impression devant se faire ailleurs ; car il ne fallait pas songer, nous semblait-il, à acquérir une presse.

Force nous fut de nous contenter de jeunes apprentis typographes pour faire la composition. Il y eut économie de ce chef, mais quelle tâche que la correction des épreuves ! N'importe, mon œuvre me paraissait solidement assise, la joie et la confiance revinrent.

Hélas ! instabilité des choses humaines ! A peine le nouveau régime commençait-il à fonctionner un peu régulièrement que nous apprenions qu'un boycott en règle contre la Vérité s'organisait parmi les imprimeurs de Québec. Déjà, sans savoir pourquoi, nous avions vu un tel et un tel refuser d'imprimer le journal. Nous nous étions, à la fin, réfugiés au Ckronicle, lorsqu'un beau jour le prote de cet établissement nous fit savoir qu'il imprimait la Vérité pour la dernière fois, et que tous les imprimeurs de Québec, soi-disant pour se 'protéger, s'étaient entendus pour ne plus accepter l'impression de notre feuille.

Grande consternation au bureau de la Vérité ce jour-là, vous pouvez vous l'imaginer. Mais cette fois je ne pleurai pas. Je résolus de faire un suprême effort pour déjouer cette conspiration contre mon journal. Mais pour cela il me fallait une presse à moi, et j'avais à peine cinquante piastres eu caisse.

Heureusement, une proche parente, quoique anglaise et habitant un pays étranger, s'intéressait beaucoup à la Vérité. Loin d'être riche, elle m'avait dit, cependant : " Si jamais la Vérité est menacée de mort, faute de quelques cents piastres, ne manque pas de me le faire savoir."

Je lui exposai donc la situation, sans formuler, toutefois, aucune demande de secours. Par le retour du cour-

Page 1