POUR RÉVEIL LER CHEZ EUX DES TERREURS IMAGINAIRES, DES
appréhensions (;ratuites touchant les actes de ces affreux ultramoni
ÊPeetrce pas .pie c'est frappant de vérité?
A l'heure qu'il est, presque tous les journaux protestants de la Province sont sur pied, grâce aux clameurs de la presse catholique libérale. Ils ne savent pas de quoi il s'agit, mais leur instinct les porte du côté de nos adversaires. Comme un protestant sincère a dit, un jour, à un homme d'Etat catholique qui nous a rapporté cette parole : " Nous sentons que nous sommes plus près des catholi- - libéraux que de vous, voilà pourquoi nous nous rangeons toujours de ce côté-là."'
Il nous semble qu'en voyant les ennemis naturels de l'Eglise rangés tous de leur côté contre nous, nos adversaires devraient s'arrêter un instant pour réfléchir, et se demander si des catholiques qui, dans les questions religieuses, ont les sympathies les plus chaleureuses des francs-maçons, des impies et de tout ce qu'il y a de plus fanatique parmi les protestants, peuvent être dans le bon chemin.
Mais, au lieu de faire ces salutaires réflexions, orgueilleux s'enfoncent de plus en plus dans la voie funeste où ils se sont engagés ; ils excitent de plus en
plus le fanatisme des ennemis de l'Eglise ; ils les font pénétrer plus avant dans le sanctuaire.
Ils ne s'aperçoivent pas, les malheureux, qu'ils sont la cause directe des insultes dont certains dignitaires ecclésiastiques, certains membres du clergé sont abreuvés, et des éloges cent fois plus insultants encore dont d'autres dignitaires et d'autres prêtres sont accablés par les ennemis de l'Eglise.
Le Mercury, le Witness, la Gazette, de Montréal, ces organes du fanatisme protestant, se répaudent en injures grossières contre Mgr Laflèche et les jésuites, contre les ultramontains, tandis qu'ils louangent Mgl l'Archevêque, de Québec, l'Université Laval, le G. V. Legaré, etc. Sur qui doit retomber la responsabilité de ce scandale sans nom ? Sur ceux qui, par leurs criminels agissements, ont jeté la division parmi les évêques et le clergé, sur ceux qui, par leurs intrigues inavouables, par l'abus qu'ils ont fait du nom et de l'autorité de certains personnages ecclésiastiques, pour faire prévaloir leurs idées perverses, ont fait croire qu'une partie du clergé catholique a mérité les éloges des protestants.
26 janvier 1881.
La Gazette de Montréal, numéro du 18 janvier, — édition hebdomadaire — contient ce qui suit :
" L' Etendard publie un article protestant contre l'idée que les programmistes désirent intervenir, en aucune façon, dans les affaires des protestants de cette province et mettant qui que ce soit au défi de reproduire une seule phrase prononcée par quelqu'un d'autorisé à parler au nom de
ou recueil d'études 89
ce parti, qui puisse justifier une telle idée ou être interprêtée comme une insulte aux protestants. Nous pouvons dire, tout de suite, que les malheureuses divisions qui semblent exister dans l'Eglise catholique romaine de cette province ne regardent nullement les protestants, et n'ont d'intérêt pour eux qu'à un point de vue purement théorique ou historique. Nous sommes prêt à dire de plus que l'un des groupes de la majorité offre autant de garanties pour les droits et les libertés de la miuorité religieuse que l'autre."
Voilà un aveu fort précieux à recueillir et qui devrait faire rougir de honte les catholiques libéraux qui n'ont pas craint de faire intervenir les protestants dans nos difficultés religieuses.
On aura beau, à l'avenir, agiter l'épouvantail protestant: nous pourrons toujours opposer aux criaiileries de nos adversaires cette déclaration de l'organe le plus important et le mieux posé de l'élément protestant, que nos luttes entre catholiques ne regardent nullement nos frères séparés, que ces luttes n'ont pour eux qu'un intérêt purement théorique ou historique.
Nos libéraux ne pourront plus arrêter tout mouvement catholique, comme ils l'ont fait dans le passé, en criant sur les toits : "Vous allez susciter une guerre religieuse." La Gazette, qui doit connaître le sentiment des protestants les plus sensés de la Province, nous apprend, fort à propos, que ce cri-là n'a pas de sens, que la minorité a autant de confiance dans ces affreux ultramontains que dans ces aimables libéraux, qu'elle ne considère pas ses libertés plus menacées par les premiers que par les derniers.
A ceux qui ne veulent pas que les catholiques de cette Province se conduisent en catholiques, de peur d'exas-
pérer nos frères séparés, nous pourrons dire : " Ne soyez pas plus protestants que la Gazette de Montréal." Cette parole aura bien plus de sens que ce cri inepte que les libéraux lancent sans cesse, pour excuser leur tiédeur ou leur lâcheté : " Ne soyons pas plus catholiques que le pape."