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THE TABLET ET LES AFFAIRES DU CANADA

31 mai 1884.

The Tablet, de Londres, Angleterre, est un journal catholique qui a la prétention d'être altramontain ; ce qui ne l'empêche pas de prendre toujours fait et cause contre les ultramontains, c'est-à-dire contre les catholiques sans épithète qui professent, sans arrière pensée, toutes les doctrines romaines et qui cherchent à appliquer ces doctrines, autant que les circonstances de temps et de lieu le permettent.

The Tablet se plaît à attaquer les ultramontains de France, et particulièrement nos amis de l' Univers. Il ne faut donc pas s'étonner de le voir se ranger, dans les affaires de la Nouvelle-France, contre ceux qui, de ce côté-ci de l'Atlantique, cherchent à marcher sur les traces des Veuillot, des Pie, des Parisis, des Gousset, des Salinis, des Gerbet, des Guéranger, des Freppel, des Fava, des de Mun, des Brun.

Un ami a appelé notre attention sur une lettre du Canada publiée dans le Tablet du 26 janvier dernier. Cette lettre, écrite apparemment d'Ottawa et datée du 8 janvier, est aussi regrettable, aussi contraire à la vérité que cette fameuse correspondance canadienne publiée cet hiver par le Moniteur de l.ome. L'une et l'autre procèdent évidemment de la même source libérale.

Parlant des difficultés religieuses que M>r Smeulders est appelé à régler, le Tablet dit :

" Il n'est pas de notre ressort d'entrer dans les mérites delà querelle, mais sa manifestation extérieure est du

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domaine public. La lutte principale se livre dans le diocèse de Québec où un parti puissant s'est mis eu révolte presque ouverte contre l'Archevêque qui est accusé de tendances libérales. A la tête des récalcitrants est le Cercle catholique de Québec qui a l'appui d'une partie -idérable de laïques et de quelques membres du clergé. Ce parti est singulièrement mal nommé ultramontain, et compte des adhérents assez nombreux dans les différentes villes de la province, particulièrement à Montréal. Les évèques. généralement, appuient le Métropolitain, bien que l'on prétende que M?r desTrois-Rivières et M" Bourget, ancien évêqae de Montréal, sont de l'autre côté.

•■ L'Université Laval, qui jouit du patronage de M- Ta.-chereau, archevêque de Québec, a été l'objet principal des attaques, et la récente querelle au sujet de l'établissement d'une succursale de cette institution à Montréal n'est que le résultat de la discussion générale. Chose certaine, c'est que les soi-disant ultramontains, qui sont pour la plupart des laïques, n'ont pas hésité à adopter le rôle de censeurs de l'épiscopat. Pour le quart d'heure, les afiaires sont dans un état déplorable. M-r Taschereau a non seulement retiré son patronage au Cercle catholique, qui a été établi en dehors de toutes lins départi, mais, de plus, a refusé, le Jour de l'an, d'eu recevoir les membres."

Le correspondant appuie encore ses dires sur le sermon de Xoël de M. le G. V. Légaré, sermon dont il cite plusieurs passages.

Comme on le voit, pour un homme qui ne veut pas traiter l'affaire au mérite, ce correspondant tranche p: blement dans le vif de la question.

Du reste, il ne fait que ressasser les vieilles calomnies de V Electeur et de la Patrie cent fois réfutées, mais qui reviennent toujours. Jamais le Cercle catholique n'a en révolte contre l'Ordinaire. On l'a crié sur tous les tons, pendant des semaines et des mois, mais on n'a jamai apporter l'ombre d'une preuve à l'appui de ces accusations

aussi malveillantes que mal fondées. Loin de s'être révolté, le Cercle, comme c'était son devoir du reste, c'est toujours montré rempli de déférence et de respect pour Mgr l'Archevêque, même au plus fort de la crise. Qu'il y ait eu des malentendus, l'hiver dernier, c'est incontestable, mais nous affirmons, sans crainte d'être contredit par qui que ce soit, que le Cercle catholique de Québec ne s'est jamais révolté contre l'autorité diocésaine. C'est une calomnie, que le Tablet est tenu en justice de réparer.

Une autre calomnie non moins gratuite, c'est l'accusation portée contre les laïques ultramontains de s'être faits les censeurs publics de l'épiscopat. Il a pu y avoir quelques écarts de plume, dans la longue lutte engagée au Canada entre les idées romaines et les idées libérales, de la part de ceux qui défendaient l'intégrité de la doctrine ; mais il est absolument faux de dire, d'une manière générale, que les ultramontains du Canada aient manqué de respect et de soumission à la hiérarchie.

Il est également faux de dire que les ultramontains se recrutent principalement parmi les laïques. Règle générale, le clergé canadien est ultramontain, c'est-à-dire fermement attaché aux doctrines romaines. Les exceptions sont heureusement rares. Et toutes nos difficultés viennent de ce que l'école libérale n'a pas voulu accepter franchement et humblement l'enseignement vraiment romain du mandement collectif du 22 septembre 1875, loué par Pie IX. Voilà la source du mal. Et nous serions curieux de voir le correspondant du Tablet donner une raison plausible pour contester le titre de véritables ultramontains à ceux qui travaillent de tout cœur au triomphe de la doctrine de nos évoques unis à Rome.

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Quant à la question universitaire, nous n'avons guère besoin d'en parler. Tout le monde ici sait fort bien que l'affaire actuellement soumise à M>r Smeulders n'est pas une " attaque " contre Laval. Il s'agit de savoir si l'Ecole de médecine de Montréal doit disparaître pour laisser le champ libre à la succursale de Laval.

Ces tentatives de donner le change, en Europe, sur le véritable caractère de nos difficultés religieuses, tentatives dont le Moniteur de Rome et le Tablet, de Londres, se font les complices, sont vraiment regrettables ; et nous devons remercier le Journal de Home d'avoir présenté nos affaires à l'attention du monde catholique sous leur véritable jour.

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