‹ Mélanges Julien HavetChapitre 102 sur 567 · Widukind, 1. I, c. 29 ; Pertz, Scriptores, III · texte numérisé non relu

Widukind, 1. I, c. 29 ; Pertz, Scriptores, III

3. « Siquidem Odo et Ruotbertus, filii Ruotberti, adhuc parvuli erant. »

( Réginon , ad ann, 867 ; Pertz, I, 578.)

4. « Francia laetatur quamvis is Nuslricus esset. » (Abbon, liv. II, v, 447 ; Pertz, 11, 798.)

H. MERLKT.

temps après, sont d’accord pour faire descendre Robert le Fort et son (ils Eudes d’une famille franque de la France orientale

Le troisième historien qui ait parlé de l’origine de Robert est Richer, dont la chronique fut, comme on le sait, découverte par Pertz en 1833, dans un manuscrit de la bibliothèque de Bamberg en Franconie. Richer, moine à Saint- Rémi de Reims, écrivait son histoire vers l’année 996. On y lit que le roi Eudes « patrem habuit ex equestri ordine Rot- <( bertum, avum vero paternum Witichinum, advenam Ger- « manum ». ( Richer , éd. Guadet, t. I, p. 16.)

Ce texte contient une erreur manifeste qu’il faut d’abord signaler. Suivant Richer, Robert aurait appartenu à Xordo cquestris. M. Guadet, dans son édition de Richer (II, p. 363), a étudié les diverses expressions dont se sert le moine de Reims en parlant de l’aristocratie franque. 11 y a d’abord les 'principes, primates, optimales, magnates, qui désignent les ducs, comtes et évêques. Quant aux mots milites, ordo milita/ris, ordo equeslris, ils s’appliquent à des personnes de moindre condition, chevaliers, vassaux. Il est inutile d’insister sur l’erreur commise ici par Richer. Robert le Fort, duc d’entre Seine et Loire, l’homme le plus puissant de Gaule sous Charles le Chauve, appartenait par excellence à la classe des opiimates et non à celle des chevaliers.

Richer ajoute que Robert eut pour père Witichin, étranger Germain, « advena Germanus ». Suivant notre auteur, la famille de Robert était donc issue des pays qu’habitaient

1. On ne saurait s’étonner que Robert le Fort fût originaire de la France orientale. C’est de cette région, autrefois appelée Austrasie, qu’étaient issus les rois carolingiens, et c’est de là que furent tirés un grand nombre de comtes établis en Gaule au commencement du ixe siècle. Vers l’année 820, le comté de Tours appartenait à Hugues, qui était de la famille du fameux duc d’Allemagne, Etichon. (Cf. Longnon, Girart de Roussillon dans l’histoire, p. 246, note 2.) Le comte de Nantes, Lambert, le comte du Mans, Gui, le comte d’Orléans, Mafroi, descendaient également de familles austrasiennes. Charlemagne et Louis le Pieux, austrasiens eux-mêmes par leurs ancêtres, devaient trouver chez les Austrasiens leur plus ferme appui, et ils avaient intérêt à prendre parmi ceux-ci les comtes qu’ils déléguaient dans les diverses parties de l’Empire.

les peuplades germaines soumises aux Francs. Le nom môme de Witichin est de forme saxonne L

Un contemporain de Richer, Aimoin, moine à Saint-Benoît-sur-Loire, non loin d’Orléans, et qui écrivait, vers l’année 1005, le deuxième livre des Miracula sancti Benedicti, désigne ainsi Robert le Fort : « Robertus, Andegavensis « cornes, saxonici generis vir » 2.

Donc, à la fin du x° siècle, à Reims comme à Orléans, l’ opinion était répandue que Robert le Fort avait eu pour père un étranger Germain, saxon d’origine.

Si Richer et Aimoin qui écrivaient à la même époque, dans deux pays éloignés l’un de l'autre, s’accordent pour aliirmer ce même fait, c’est qu’ils l'ont puisé à une source commune. Quelle peut être cette source? Ce ne doit pas être une ancienne chronique, car, nous l’avons vu, les chroniqueurs qui ont précédé Richer et Aimoin, présentent Robert le Fort comme franc d'origine et comme issu de la France orientale. C’est là la vérité historique ; mais à côté des sources historiques, il y a les sources traditionnelles, qui, aux x1 et xic siècles, furent tout particulièrement utilisées par les chroniqueurs.

A l'époque où vivaient Richer et Aimoin, la tradition se manifestait surtout par les chants populaires. C’est le temps où se formèrent un grand nombre de nos chansons de gestes. Or, il est reconnu aujourd’hui que Richer semble avoir emprunté à une poésie épique les chapitres de sa Chronique où sont racontés les faits et gestes du roi Eudes. Pour s’en convaincre, on n'a qu’à jeter les yeux sur cette partie de son œuvre. — On y lit d’abord la description d’une famine qui, vers 890, aurait fait fuir le roi Eudes en Aquitaine. « La « seizième partie d'un muids de blé, dit Richer, se vendait « alors dix drachmes, un poulet quatre; un mouton valait

« trois onces, une vache en valait onze Eudes décida de

« ne revenir d’Aquitaine que lorsque la mesure de froment

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