‹ Mélanges Julien HavetChapitre 103 sur 567 · II. MERLET · texte numérisé non relu

II. MERLET

« ne coûterait plus quo deux drachmes, les poulets mi « denier, lorsque les moutons ne se vendraient plus que « deux drachmes et les vaches trois onces 1 . » — Le récil des aventures d’Eudes en Aquitaine a un caractère absolument légendaire. Eudes forme une armée pour résister aux Normands 2 3. « Il ordonne qu’on rassemble tout ce qu’on « pourrait tirer d’Aquitaine de cavalerie et d’infanterie. La « Provence, comprise entre le Rhône, les Alpes, la mer et « la terre des Goths, lui fournit les citoyens d’Arles et « d’Orange, et la Gotlüe ceux de Toulouse et de Nîmes » Cette phrase a son analogue presque à chaque page de nos chansons de geste. — Le siège du château de Montpensier est aussi raconté d’une manière fabuleuse. Mais nous ne voulons pas entrer dans le détail de cette narration. — Depuis longtemps les critiques ont reconnu le caractère épique de l’épisode où le porte-enseigne Ingon, ayant entraîné l’armée à sa suite, met en fuite le chef normand Catillus, le fait prisonnier et le tue de sa propre main au moment où Catillus recevait le baptême dans la basilique de Saint-Martial de Limoges. 11 est inutile d’ajouter qu’aucun historien contemporain n’a jamais parlé de ce chef normand Catillus, pas plus que du porte-enseigne Ingon, qui reçut, dit Richer, en récompense de ses services, la garde du château de Blois.

On ferait difficilement, dans cette partie de la Chronique de Richer, la part du vrai et du faux. Or, c’est là que se trouve la mention relative à l’origine d’Eudes et de Robert le Fort. Cette mention contient deux erreurs historiques : Robert le Fort n’appartenait pas à la classe des simples chevaliers, mais à celle des plus puissants comtes du royaume; sa famille n’était pas d’origine étrangère , mais bien d’origine franque. Ces assertions anti-historiques auront été empruntées par Richer, ainsi (pie la plus grande partie du

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