‹ Mélanges Julien HavetChapitre 119 sur 567 · L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES D’OR · texte numérisé non relu

L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES D’OR

solempniter insigniri jussimus ». Baluze n’a connu cette pièce que par les Pancartes.

E. — S. L, 5 des calendes de novembre, troisième année du règne L — Louis IV d’Outre-Mer confirme les biens et privilèges de Saint-Martin. Annonce du sceau : « et de butta nostra solempniter insigniri jussimus. » Baluze a copié cet acte, d’après la Pancarta alla. L’original n’existait probablement plus alors, ou du moins personne ne semble l’avoir vu pendant le xvne siècle et le suivant; on ne trouve, en effet, nulle part l’indication de la date du lieu où avait été donné le diplôme.

F. — S. I. n. d. — Hugues Capet paraît avoir suivi l’exemple de ses prédécesseurs carolingiens. Une charte de lui, sans date, portant confirmation des privilèges et des biens de Saint-Martin porte : « et de Imita nostra solemniter insigniri jussimus. » Baluze n’a connu ce diplôme que par les Pancartes et personne ne semble avoir vu l’original1 2.

Dans cette liste (A-F) il n’est question que des chartes de Saint-Martin-de-Tours ; mais ou pourrait examiner de même les diplômes des autres monastères où la butta est annoncée. Au moins pour ceux qui émanent des premiers carolingiens français aucun, croyons-nous, n’a jamais été cité comme ayant eu un sceau de cire.

Les limites imposées à cette note ne permettent pas de faire ici cette recherche; mais il paraît intéressant d’examiner deux diplômes originaux de Charles le Chauve au bas desquels se voit la souscription Legimus en cinabre, souscription déjà signalée à propos de la pièce IV ci-dessus et de la charte pour Saint-Corneille de Compiègne.

Le premier de ces actes concerne l’abbaye de Saint-Médard de Soissons et a été donné entre les années 854 et 870, plutôt aux environs de cette dernière date 3. Annonce du

1. 28 octobre 938. — Bréquigny, t. Ier, p. 403 ; Mabille, n» CXLI.

2. Bréquigny,t. I, p. 478; Mabille, n° IX. La date de cette pièce parait être 987.

3. Cf. Omont, loc. cit., p. 6. La reproduction du Legimus s’y trouve p. 5, n° II de la planche.

DE SAINT-MARTIN DE TOURS

sceau : « impressione bullæ nostræ insigniri jussimus ». La pièce ne porte aucune trace de sceau plaqué. Elle a du reste été mutilée par le bas, ce qui explique l’absence de date

Le second, donné à Servais en faveur do l’église de Paris, doit être daté du 12 mai 871. Annonce du sceau : « de bulla nostra insigniri jussimus ». Il n’y a jamais eu de sceau plaqué ; la pièce paraît avoir été pliée par le bas. On aperçoit à la partie inférieure de l’original trois petites fentes horizontales, placées l’une au-dessus de l’autre au milieu du parchemin et paraissant avoir servi à attacher un sceau pendant sous double queue 1 2.

Comme conclusions de cette note il semble qu’on peut tirer les suivantes :

1° Les archives de Saint-Martin ont possédé des bulles d’or de Louis le Débonnaire, de Charles le Chauve et d’Otton III; les témoignages qui concernent ces pièces sont assez nombreux pour ne pas laisser de doute sur leur existence ; les descriptions, qui nous en ont été conservées, ne permettent pas de nier leur authenticité, confirmée encore par la présence de pièces analogues notamment, à Tournus et à Compiègne, ainsi qu’au Cabinet des Médailles ; les actes, au bas desquels elles se trouvaient, ne peuvent être soupçonnés de faux.

2° Le mot bulla, employé pour annoncer le sceau ne parait pas, dans aucun des diplômes de Saint-Martin, avoir désigné des sceaux plaqués et il faut vraisemblablement le considérer comme ayant été opposé au mot anulus dans les usages de la chancellerie des carolingiens français.

1. Original, Archives nationales, K. 14, n° 9 bis. Cette pièce a été imprimée par Jules Tardif, Monuments historiques, Cartons des Rois (1866), n" 212, p. 135-136 (840-877), mais sans les formules finales.

2. Original, Archives nationales, K. 11, n° 14a(n°59de l’Exposition). Cette pièce est imprimée, sans les formules finales, dans Tardif, loc. cit., n° 152, p 98-99 (sous la date du 12 mai 846) et, avec celles-ci, dans R. de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I (1887), n11 49, p. 66-68. Cf. la note de la p. 66 où M. de Lasteyrie établit la date de cette pièce qui dans l’original est endommagée. Le fac-similé du Legimus se trouve dans le Musée des A rchives nationales, n° 59, p. 39 et dans Omont, loc. cit., p. 5, nu 111 de la planche,

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