L. DE GRANDMAISON. — LES BULLES It'OR
3° Sous Charles le Chauve, la souscription Legimus en cinabre, usage emprunté aux empereurs de Constantinople, n'est connue qu’au bas de quatre actes. Deux d’entre eux sont cités comme ayant eu jadis des bulles d'or; pour les deux autres le sceau est annoncé par le mot huila. 11 est donc probable que ces deux caractères de solennité étaient employés conjointement sous ce monarque et avaient l'un et l’autre une origine orientale *.
PIÈCES J U STIF I C A T I Y ES
Le II) ‘es de François Iov.
(4 décembre 1517.)
Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous ceulx (pii ces présentes lettres verront, salut. Comme ce jourd'huy nos chers et bien muez les doyen, trésorier, chanoines et chapitre de l'église monseigneur Saint-Martin de Tours nous eussent exhibez et présentez plusieurs previleges pour les leurs coutumier, octroyer et prolonger et entr’autres certains previleges cy attachez sous le contreseel de nostre chancellerie à eulx donnez et octroyez par feus de bonne mémoire Loys Débonnaire, empereur et roy de France, que par Otho, troisiesme empereur de ce nom, lesquels previleges estoient seellez lors de seaulx d'or pendans à iceulx; en voyant et visitant lesquels, lesdits seaulx ont esté par nous et autres en nostre presence destachez des cordes où ils estoient pendans, tant pour la vérité d’icelles que autrement; au moyen de quoy iceulx doyen, trésorier, chanoines et chapitre doubtent que cy après, à l’occasion qu’ils ne sont seellez comme ils estoient, que ce leur tournast à préjudice et que on n’y adjoustast. foy, connue Ion eust peu faire, quand estoient seellez d’iceulx
1. Notre maître, M. Giry, qui a inspiré cette note à son cours de l’École pratique des Hautes-Études, adopte des conclusions analogues. Dans son Manuel de diplomatique , qui vient de paraître, il déclare qu’on ne saurait douter de l’existence des bulles d'or carolingiennes et considère le mot huila comme désignant un sceau pendant en métal (p. 634-635 et 726).
DE SAINT-MARTIN DE TOURS
seaulx d’or, s’ils n’avoient sur ce nos lettres de certification, ordonnance, vouloir et déclaration, nous humblement requerans iceulx.
Sçavoir faisons que nous inclinans libéralement à leur requeste, et les voulans, et ladite cglise monseigneur Saint- Martin de Tours, préserver et garder de dommaige ou temps avenir, disons, certifions, et déclarons par ces présentes que lesdits seaulx d’or estoient pendans ausdits previleges desdits Loys Débonnaire et Otho, empereurs dessusdits, dont ils estoient seellez lorsqu'ils nous furent exhibez et présentez par eulx, lesquels en furent destachez par la maniéré devantdite.
Voulons et ordonnons (pie foy plaine soit adjoustée à iceulx previleges et que lesdits doyen, trésorier, chanoines et chapitre et leurs successeurs s’en puissent ayder tant en jugement que dehors, ce pardevant quelconques juges que ce soit tout ainsi qu'ils eussent fait et peu faire, quand ils estoient seellez.
Si donnons en mandement à nos amez et feaulx conseillers en nos cours de Parlement, Chambre des Comptes, de la justice des Aydes, prevost de Paris, baillifs, seneschaulx, esleus, grenetiers et controolleurs et à tous nos autres justiciers et officiers que de nos presens certification, déclaration, vouloir et ordonnance, et de tout l'efl'ect et contenu en ces présentés, ils facent, souffrent et laissent les dessusdits doyen, trésorier, chanoines et chapitre de Saint-Martin joyr et user piaillement et paisiblement, sans en ce leur faire, mettre ou donner, ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun destorbier ou empeschement. Car tel est nostre plaisir. En tesmoing de ce nous avons fait mettre nostre seel esdites présentes.
Donné au Plessis-lez-Tours, ce quatriesme jour de décembre, l’an de grâce mil cinq cens dix-sept, et de nostre régné le trois.
(Signé) : Par le Roy : Rübertet h
1. Bibl. nat., Baluze, t. LXXVI, fol. 25 (anciennement armoire III, paquet II, n° 22, fol. 26), d’après l’original (cf. ibidem, fol. 1). — Catalogue des actes de François /er (1887), t. 1, p. 130-131, n° 754.