Charte citée plus haut, page 164, note
2. Par exemple, une charte de Bovon, abbé de Saint-Bertin, en 1063 (Bibl. nat., coll. Moreau, vol. 28, fol. 11, copie d’après l’original).
3. 1065. Charte de Geoffroy pour Marmoutier (donation de Bazainville) : «Philippus.. rex... firmavit... suisque fidelibus quorum nomina subscripta sunt corroborandum tradidit. »
4. 1063. Charte de Saint-Bertin : « In plena procerum curia. » — 1065. La charte de restauration d’Hasnon est confirmée à Corbie dans une grande assemblée. — 1066. Charte de fondation du chapitre de Saint-Pierre de Lille, confirmée dans une assemblée tenue à Lille en présence du roi. — 1070. Charte de Saint- Germain-des-Prés : « ln conventu nobilium tam clericorum quam laicorum. »
5. C’est ainsi que Philippe Ier s’étant arrêté à Angers en 1106, les moines de Saint-Nicolas lui firent confirmer toute une série de chartes qui portaient déjà le sceau de Henri Ier. Voyez un passage du cartulaire de Saint-Nicolas reproduit dans Dom Bouquet, t. XII, p. 486, note a.
pour, l'abbaye de saint-benoit-sur-loire 169
liait le paiement au fisc du bannurn regimn, amende dont le taux n’était plus fixe comme à l’époque carolingienne, mais variable au gré du roi Le bannum est de 10 livres d’or dans une charte de Marmoutier 1 2 3 4 5 ; ailleurs, du double ailleurs encore, du quadruple *. Dans la charte de fondation du chapitre de Saint-Pierre de Lille, le ban royal n’est pas déterminé quant à son chiffre, mais il s’ajoute à une amende de 100 livres d’or dont on ne nous dit pas à qui elle devait être payée B. Comme nous l’avons fait remarquer, toutes ces confirmations royales portent sur des donations à des églises; elles ont pour but d’assurer à celles-ci la tranquille possession de leurs liions. Or, les églises étaient placées sous la protection particulière et immédiate du roi; la paix leur était assurée par le ban du roi « per bannum regis » 6 ; d’où il résultait que quiconque leur causait un dommage devait être frappé de l’amende qu’entraînait toute infraction à la paix royale.
Les observations qui précèdent n’étaient pas inutiles, car, comme la charte que nous examinons présente dans les souscriptions qui la terminent plusieurs anomalies qui pourraient en faire suspecter l’authenticité, il importait de montrer que sa forme est celle de beaucoup d’autres actes du même temps.
1. Du reste, déjà au ixe siècle, le bannum dominicum, qui était ordinairement de 60 sols, pouvait être élevé dans des circonstances exceptionnelles. Voyez Brunner, Deutsche Rechtsgeschichte, t. II, p. 36, note 18.
2. 1065. Donation de Bazainville. Le chevalier Geoffroy déclare que quiconque attaquera sa donation « régi qui pro tempore fuerit auri libras X coactus exsolvat ».
3. 1065. Charte de restauration d’Hasnon. Quiconque, dit le roi, enlèvera au monastère une de ses possessions « bannum regium Francorum régi solvendum viginti librarum auri decerno et regali potestate statuo ».
4. 1071. Charte de Saint-Spire de Corbeil : « Si quis autem posthac privilegium hoc violare presumpserit. .. régie majestati quadraginta auri libras persolvat. »
5. 1066. Fondation du chapitre de Saint-Pierre de Lille : « Si quis autem his in aliquo contraire aut contradicere voluerit, centum libras auri persolvat et bannum regis, et quod tentavit. irritum fiat. »
6. Capitul. de 801-813, c. 2 : « Ut ecclesiae... per bannum regis pacem habeant. » ( Capitularia , éd. Boretius,t. I, p. 17.1) Voyez Brunner, Deutsche Rechtsgeschichte, t. Il, p. 38.
M. PROU. — LES DIPLÔMES DE PHILIPPE Ier
Cette charte a été donnée à Orléans le 26 janvier 1065, la cinquième année du règne. Nous ne savons pas quel était à Orléans le point initial des années de l’Incarnation. Toutefois le style du 25 décembre ou du 1e1' janvier, et non pas le style de Pâques ou tout autre analogue, paraît indiqué ici par l’année du règne. Car, que les années du règne aient été comptées du 23 mai 1059, date du sacre de Philippe Ier, ou du 4 août 1060, date de la mort de Henri Ier, ou qu’on suppose que l’année 1059 correspond à l’année première du règne, ou encore l’année 1060, en faisant ainsi concorder les années du règne avec celles de l'Incarnation, en aucun cas l’année 1066 ne saurait être la cinquième année du règne, dont une partie, au contraire, répond à 1065, en prenant pour point de départ la mort de Henri Ier. Cette seule hypothèse rend compte de la date de notre charte. Il paraît donc convenable de conserver la date du 26 janvier 1065.
Mais parmi les personnages dont les noms, sur l’ordre du roi, avaient été écrits à la fin de l’acte, il en est un, et non le moindre, qui était certainement mort en 1065, à savoir l’archevêque de Sens, Mainard. En 1065, le siège de Sens était occupé par Rîcher. S’il est assez malaisé, à cause des difficultés que souleva son intronisation, de préciser les dates extrêmes du pontificat de Mainard, on peut au contraire fixer exactement celles du pontificat de Richer son successeur. Clarius, moine de Saint- Pierre-le-Vif de Sens, qui vivait au commencement du xiT siècle, rapporte en sa chronique à l’année 1062 *, que Mainard, archevêque de Sens, étant mort1 2, le clergé et le peuple désignèrent pour lui succéder Richer, archidiacre de la cathédrale, que celui-ci fut consacré à Paris le jour de Pâques, c’est-à-dire le 31 mars