PAR M. R. HAURÉAU
Né à Crémone, en Lombardie, Prévostin doit avoir achevé ses études à l’Université de Paris et y avoir quelque temps professé. Il n’est pas, en effet, probable que le pape l’ait appelé du dehors pour l’instituer chancelier, en l’année 1206, en remplacement de Bernard Chabert, élu évêque de Genève. Quoi qu’il en soit, sa qualité d’étranger le rendit sans doute suspect à l’évêque de Paris, qui lui demanda de s’obliger par serment à ne jamais s’absenter de sa chancellerie. C’est un serment qu’on n’avait pas jugé nécessaire d’imposer à ses prédécesseurs. Il le prêta dans le cours de l’année 1207 '. Mais il n’exerça pas longtemps l’emploi ; son successeur était, dès l’année 1209, Jean de Chandelles. On suppose que celui-ci fut nommé quand celui-là venait de mourir. C’est une supposition qu’il faut, croyons-nous, écarter. Prévostin doit avoir été dépossédé de sa charge ou s’en être démis. Nous avons de lui des sermons transcrits avec d’autres qui furent prononcés sous le règne de saint Louis.
Il a donc laissé des sermons, et, en outre, plusieurs livres dont le plus considérable a été souvent copié, connue étant de grande valeur. Le titre de ce livre est tantôt Summa