B. HAURÉAU
PREYOSTIN PE PARIS
morales, plus simplement traitées. Quelques-unes pourtant le sont avec des développements inattendus. Il disserte, par exemple, très longuement sur toutes les formes du mensonge. Saint Augustin avait distingué huit manières de mentir. Prévostin n’en reconnaît que sept; mais il insiste sur chacune de ces manières en casuiste raffiné h II n’admet pas que l’on mente même pour sauver la bourse, l'honneur ou la vie de quelqu'un. A la vérité, ce n’est qu’un péché véniel de tromper un voleur, un assassin; mais c’est un péché. Les chapitres qui concernent les vertus dites théologales sont aussi très étendus.
Cette Somme fut longtemps estimée. On nous dit que saint Thomas l’a citée. Plus sûrement nous savons qu’elle l’a été par Geoffroi de Poitiers 1 2 et par d’autres théologiens rationalistes. On n’a pas approuvé d’une commune voix tout ce qui s’y trouve ; mais personne n’en a contredit l’auteur sans le traiter avec respect, comme un maître.
La Somme de Prévostin est le seul de ses écrits dont il existe de nombreuses copies. Les autres ont été sans doute moins estimés. En voici la mention sommaire. Dans le n° 454 de la Bibliothèque Nationale, au fol. 73, se trouve une glose sur les Psaumes, sous ce titre : Summa super Psalterium secundum mag. Præpositinum. Nous n’en pouvons citer qu’un second exemplaire, dans le n° 1251 de la bibliothèque de Troyes. Le catalogue de cette bibliothèque l’intitule mal : Incerti sermones ad religiosos, sacer dotes et prælatos. Il est vrai qu’on lit au début du prologue : Ad vos, viri litterati et contemplativi, sermo iste dirigitur. Mais cela veut dire simplement que l’auteur s’adresse à des clercs, non à des laïques illettrés, et le mot sermo n’a pas ici le sens de sermon. Sa glose a ce caractère particulier qu’elle est toute morale. Nous y retrouvons la distinction des mensonges. Mais il n’y en a plus que trois catégories. Voici la définition de la troisième. Il s’agit du mensonge officieux, c’est-à-dire fait pour rendre service : Sub offlcioso