Oudin, Comm. de Script, eccl., t. III, col
B. HAUREAU.
PREYOSTIN DE PARIS
quoddam castellum ' . » C’est là celle que nous venons de restituer à saint Anselme. Si M. Daunou n’a pas connu les autres, c’est qu’elles se trouvent en des volumes provenant des abbayes et dont il n’existait pas alors une suffisante description .
Il y a, dans les sermons de Prévostin, plus d’abandon que dans ses écrits dogmatiques. Nous y remarquons même de très véhémentes apostrophes, soit aux laïques, soitaux clercs de son temps. « Homme du siècle, dit-il, aux laïques, pourquoi ce désir des richesses, pourquoi cette soif d’argent? Si les richesses affluent, elles infestent l’âme, elles l’excitent à plus en convoiter, elles font perdre les amis, elles multiplient les ennemis. Cesse d’être riche et te voilà libre 1 2 3 4. » Aux dignitaires de l’Église il reproche aussi leurs richesses et les pratiques simoniaques auxquelles ils ont recours pour se les procurer. Ils vendent tout, même la justice: Non judicant nisi pro muneribus h Mais c’est aux écoliers que l’orateur adresse ses plus vives réprimandes. « Écolier, ditil, pourquoi tant étudier pour paraître savant? Il n’est besoin, pour aller à Dieu, que d’une médiocre littérature. 11 ne faut pas savoir outre mesure, il faut savoir sobrement... Les élus de Dieu sont les simples, les ignorants, et non pas les philosophes h » Est-ce donc un encouragement à la paresse? Qu’on ne l’entende pas ainsi. Ce que déplore le chancelier Prévostin, c’est le goût régnant pour l’étude de la philosophie et pour celle des lois. On ne lit plus, hélas ! qu’ Aristote et Justinien; saint Augustin est de plus en plus dédaigné. Et cela, pense-t-il, est fort grave. « Que dirai-je, s’écrie-t-il, des écoliers qui, se devant à l’étude de l’Écriture sainte, s’en détournent pour aller apprendre des choses frivoles?... Que dirai-je des théologiens dont la plupart n’étudient que pour savoir, c’est-à-dire pour satisfaire une vaine curiosité, ou pour faire ensuite commerce de ce qu’ils savent, ainsi que le pervers Simon, ou, ce qui est pis, pour parvenir aux