‹ Mélanges Julien HavetChapitre 246 sur 567 · N» 14859, fol. 287, col · texte numérisé non relu

N» 14859, fol. 287, col

B. HAURÉAU. — PRÉVOSTIN DE PARIS

plus hautes dignités 1 ? » Son langage est encore plus sévère quand il s’adresse aux artistes dont il ne peut pas condamner les études, mais dont la conduite lui semble, à bon droit, très repréhensible : « Que dirai-je, enfin, des écoliers de la facnlté des arts qui vont la nuit, en armes, forcer la maison des femmelettes et leur faire violence, attentats dont chaque jour elles portent plainte, les unes disant qu’elles ont été battues, les autres qu’on a déchiré leurs vêtements, qu’on leur a fait bien d’autres injures dont la pudeur m’empêche de parler 2? »

Les sermons de Prévostin sont d’un bon style, jamais vulgaire, quoique souvent très animé. Il paraît bien certain qu’il ne les a pas tous prononcés étant chancelier; mais, avant de l’être ou ne l’étant plus, il s’est toujours considéré comme ayant charge d’âmes. C’est pourquoi le ton de ses discours est constamment grave, sentencieux. Qu’on n’y cherche pas de ces mots plaisants, de ces jeux d’esprit burlesques dont on doit faire bientôt un si fréquent emploi pour égayer les clercs de l’auditoire ; l’orateur se respecte trop pour user de tels artifices. Jamais il n’est jovial et quelquefois il est éloquent.

Prévostin avait aussi fait des vers. M. Laude en cite plusieurs de sa façon d’après une copie mutilée3. Nous en trouvons deux autres dans une glose sur les épitres de saint Paul que contient le n° 654 de la Bibliothèque nationale. Us sont ainsi transcrits, au fol. 40 de ce volume : Versus magistri Præposüini :

Res nova cantatur quæ tempore non veteratur.

Vis cantare nova ? Te prius ipse nova.

S’il n’a pas laissé de meilleurs vers, le prosateur valait beaucoup plus que le poète.

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