‹ Mélanges Julien HavetChapitre 249 sur 567 · Madjd ad-Din Afloù Salâma Mourschid, père d’Ousâma · texte numérisé non relu

Madjd ad-Din Afloù Salâma Mourschid, père d’Ousâma

BT CHRÉTIENNES DE SYRIE AU XIIe SIECLE

aux bénéfices réalisés par Bouraika. Et lui, ce sot, s'imaginait que ce trafic illicite était plus légitime que de s’adresser au trésor pour lui demander un salaire. Quant à la servante, elle avait un fils, du nom de Nasr, homme de haute taille, intendant d’un domaine appartenant à mon père (qu’ Allah l’ait en pitié!), qu’il dirigeait avec un certain Bakiyya, fils d’Al-Ousaifir.

« Bakiyya m’a raconté ce qui suit : J’entrai à la tombée de la nuit dans la ville, voulant pénétrer dans ma maison où j’avais à faire. Lorsque j’approchai de Schaizar, j’aperçus au milieu des tombeaux, à la lueur de la lune, un être vivant qui 11e paraissait ni un homme, ni un animal sauvage. Je me tins à distance et je me sentis effrayé. Puis je me dis : Ne suis-je donc pas Bakiyya? Que signifie cette crainte d’un être isolé? Je déposai mon épée, mon bouclier et ma lance que j’avais avec moi et je m’avançai pas à pas, en entendant cet être chanter et parler. Puis, lorsque je me fus approché, je m’élançai sur lui, tenant dans la main un poignard, et je le saisis violemment. Or, c’était Bouraika, avec la tète découverte, les cheveux hérissés, chevauchant sur une branche, hennissant et tournant au milieu des tombeaux. Je dis : Malheur à toi! Que fais-tu à cette heure ici? — Elle répondit : De la sorcellerie. — Je repris : Qu’Allâh t’abomine, qu’il abomine ta sorcellerie et tes artifices entre tous!

« L’énergie de cette chienne m’a rappelé l’attitude des femmes dans le combat qui eut lieu entre nous et les Ismaéliens l 2, bien qu’elles aient agi tout différemment. Dans cette journée, le chef des Ismaéliens, Alawàn ibn Haràr a se rencontra avec mon cousin Sinân ad-Daula Schabîb ibn Hâmid ibn Houmaid (qu’ Allah l’ait en pitié!) dans notre châteaufort. Or, mon cousin était mon contemporain, venu au monde le même jour que moi : tous deux nous sommes nés le dimanche vingt-sept du second djoumâdâ en l’an 488 3. Il ne

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