‹ Mélanges Julien HavetChapitre 265 sur 567 · lbicl., fol. 32 v · texte numérisé non relu

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3. Un exemple très ancien de ce type se trouve dans Girart de Roussillon : Fouchier le marquis ou le maréchal. Cf. Gir. de Rouss. trad. P. Meyeq pp. 27-28, 36, 115, etc. — Cf. aussi Grimoart dans la Reine Sibille.

SUR LA CHANSON DE JEHAN DE LANSON

On sait que, dans la chanson de Rendus, Maugis 1 réussit à pénétrer, sous un déguisement de pèlerin, dans latente de Charlemagne qui vient de faire prisonnier Richard, un des quatre fils Aymon : Maugis veut savoir le sort de son cousin, le rassurer, mais surtout, à ce qu’il semble, se jouer de l’empereur et narguer son redoutable ennemi. Ce passage semble avoir eu une influence profonde sur l’imagination de notre auteur et le souvenir de l’épisode, qu'il trouvait le plus remarquable du vieux poème, l’a si souvent inspiré dans la composition de son ouvrage, qu’on y peut compter jusqu’à cinq fois des réminiscences de l’histoire du faux pèlerin 2. A la vérité, l’espion déguisé en paumier est loin d’être un trait particulier au poème de Rendus, on peut même le considérer comme un lieu commun de nos vieilles épopées. Toutefois, la chanson de Rendus présente peut-être le plus ancien exemple de cet épisode ; il semble avoir eu une grande influence sur les nombreux récits similaires qui ont suivi ; de plus, il est développé ici avec une foule de détails qui lui donnent un certain degré d’originalité et la similitude de quelques-uns de ces détails que présentent les deux poèmes ne laisse guère de doute sur l’influence que Rendus a exercée sur le récit favori de Jelmn de Lanson. Examinons rapidementl’épisode de Maugis pèlerin en faisant ressortir les traits particuliers dont il s’est inspiré dans un des récits similaires de Jehdn de Lanson ; c’est le premier 3, celui où Basin pénètre pour la première fois devant son ennemi pour sauver Isoré, qui présente surtout les mêmes particularités que Rendus.

Il est inutile d’insister d’abord sur le bourdon, ïescherpe et l’herbe qui tdint le visage, détails communs aux deux poèmes : ce sont les accessoires obligés de ce genre de récit; on les retrouve dans une foule de chansons de geste. Pour se rendre encore plus méconnaissable, Maugis s'avance ensuite avec des contorsions et des grimaces que notre Basin imite de point en point :

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