Ars. fol. 136 r
De l’un pié va cloçant, de l’autre del talon.
A .11. mains s’apoia Maugis a son bourdon,
Et tenoit .1. oeil clos et l’autre contremont.
{Renaus.)
Sur son bourdon s’apoie, s’a la ciere abaissie ;
11 a clugnet d'un oyl el l’autre euvre a moitié ;
D’une hanque clochoit et de l’autre s’apuie.
( Jclian de Lanson.)1
Malgré tant de précautions, l’empereur commence par accueillir assez mal le pauvre pèlerin :
Ja m’allierai paumier por Maugis le larron.
Jehan de Lanson montre la même défiance à l’égard de Basin :
... Ja n’anmerai paumier
Por solement Basin .1. larron pautonnier 2 3.
Mais Maugis a bien vite dissipé les soupçons de son ennemi et, pour achever de l’attendrir, il fait un récit hypocrite de ses prétendus malheurs : il a rencontré, dit-il, les gens de Renaud de Montauban et un certain Maugis l’a battu et dépouillé. Dans Jehan de Lanson, Basin a la même impudence et se plaint de la même façon d’avoir été maltraité par les Français h Les auditeurs du xme siècle devaient prendre un bien grand plaisir au succès de la ruse et leur joie sans doute était extrême de voir Charlemagne tout à fait dupe des mensonges du faux pèlerin, se sentir ému d’un intérêt tout particulier pour une victime de Maugis, lui faire une riche aumôme et traiter magnifiquement son mortel ennemi; aussi l’auteur de Jehan de Lanson a-t-il eu probablement raison de ne pas négliger ces éléments de succès et nous verrons son héros, aussi mystifié que Charlemagne donner à son ennemi Basin une bonne somme d’argent et lui faire servir, comme dans le vieux poème, un paon rôti sur un plat d’argent 4. On pourra remarquer que l’auteur de Renaus