‹ Mélanges Julien HavetChapitre 267 sur 567 · Ibid., fol. 16 r · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 16 r

SUR LA CHANSON DE JEHAN DE LAN SON

accentue davantage l’humiliation de Charlemagne; Maugis le décide à se mettre à genoux devant lui et à lui mettre lui-même les morceaux dans la bouche :

Maugis oevre la guele a guisse de griti'on

Et Charles li met ens le morsel a bandon *.

Et Maugis cherche à mordre le petit doigt de l’empereur; de tels détails étaient, semblent-il, dignes d’être relevés par l’auteur de Jehan de Lanson.

Cependant Maugis regarde l’empereur avec une fixité étrange et celui-ci de s’étonner : « Pèlerin, pourquoi me regardes-tu? — J’ai parcouru bien des régions, répond l’hypocrite, j’ai vu bien des princes, bien des barons :

Aine mais si beau prince ne vi en tôt le mont.

On lira dans notre poème :

Bassin a regardet duc Jehan de Lançon ;

Jehan s’en aperchut, se le mist a raison :

« Paumier, que tu m’esgardez, y a il se bien non? »

Et Basin de répondre :

« Nanil »,ce dist Basin, « sire duc de Lanson;

Mais vous diray pourcoy regardé vous avon.

Ains ne vy si bel home, par le cors saint Simon ;

Que vous estez biau, sire, pour chou vous regardon,

Vous estez trop plus bel, que n’est le roy Charlon 1 2.

11 est curieux de voir la plupart des récits qui nous occupent reproduits dans la chanson de Maugis d’Aigremont 3, et il importe de constater le caractère tout particulier qu’ils offrent dans ce dernier poème. Devant le succès croissant de la légende des quatre fils Aymon, il fallut bientôt satisfaire la curiosité toujours éveillée de la foule. D’où venait Maugis? Quelles avaient été ses enfances ? Pourquoi cette inimitié implacable de Charlemagne? D’où venaient

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