‹ Mélanges Julien HavetChapitre 272 sur 567 · B. N., fr. 2495, fol. 68 v · texte numérisé non relu

B. N., fr. 2495, fol. 68 v

SUR LA CHANSON DE JEHAN DE LANSON

connue. C’est grâce à ce poème qu’on peut observer un trait où, par une singulière distraction, notre auteur trahit avec le plus d’évidence l’influence qu’il subissait.

Basin, prisonnier de Jean, s’est délivré de ses entraves au moyen d’un charme :

« De Dieu », ce ditBasins, « soit beneïz Baudris,

Mes meistre de Tolete qui m’a ce charme apris b »

Plus loin, dans son duel avec Malaquin, il se voit forcé de recourir à la magie :

Adonc se porpensa li boens lerrcs Basins;

Un anchant li geta dom il fu bien apris,

A la cit de Torete quant fu antes petis 1 2.

L’enchantement a réussi et Basin reconnaissant s’écrie encore :

« De Dieu », ce dist Basins, « soit beneïz Baudris,

Mes meistre de Tolete qui m’a ce charme apris 3 4. »

Basin a donc passé sa jeunesse à Tolède où un certain Baudri lui aurait enseigné la magie. On chercherait en vain ailleurs des traces de cette légende (pii, en effet, n’a jamais été racontée de Basin. Au contraire, ces allusions conviennent parfaitement à Maugis et se rapportent évidemment aux récits contenus dans Maugis d’Aigremont.

Tout enfant, Maugis a été enlevé à sa mère et recueilli par la fée Oriande :

Oriande ot .1. frère qui avoitnom Baudris,

Esté ot a Touleite .vu. ans et .xv. dis;

Plus sot d’encantemens que nus homs qui fust vis. Quant Maugis fu d’aage, qu’il ot auques avis,

A lui aprendre fu nuit et jour ententis

Et Maugis n’iert d’aprendre, parecheus n’alentis '%

Dès lors, Baudri ne quitte plus Basin et on le voit toujours

Page 1