‹ Mélanges Julien HavetChapitre 274 sur 567 · Maugis, éd. Castets, p. 216 et ss · texte numérisé non relu

Maugis, éd. Castets, p. 216 et ss

SUR LA CHANSON DK JE1IAN DE LANSON

deux enchanteurs. Noiron s’avance et commence par lancer une flèche:

A .1. mestre deable d’enfer la fist guier Et la flèche devient d’abord un diable hideux qui se jette sur les chevaliers français, puis une meule de foin embrasée qui va allumer l’incendie ; les portes de la ville tombent et les païens vont s’y précipiter quand, Maugis se hâte de faire une autre incantation et l’enchantement prend fin. Noiron suscite alors un tremblement de terre, puis une inondation et Maugis voit bien (pie le moment est venu de se rappeler les leçons des maîtres de Tolède; mais, nous dit l’auteur, ses enchantements sont de par le vrai Dieu. Noiron se croit transformé au milieu d’un incendie ; effrayé à son tour il évoque tous les diables d’enfer : Apolin, Cahu, Lucifer, Pilate, Bourgibu, sous la forme de corbeaux, accourent à sa voix mais, comme Maugis porte des boucles d’oreille qui ont la vertu d’écarter les démons, ils ne peuvent lui nuir et se contentent d’agiter avec un fracas horrible les pierres et les cailloux d’alentour (sic) et d’en faire jaillir des étincelles. Maugis achève de les dissiper par d’ardentes conjurations et les corbeaux diaboliques vont s’abattre sur une tour qui s’écroule avec fracas. Noiron, enfin blessé grièvement, tente un dernier charme : tout à coup apparaît un monstre effrayant, un serpent crêté contre lequel Maugis s’acharne en vain; de plus Maugis perd la mémoire et ne reconnaît pas ses amis qu'il attaque. Naturellement, tout finit bien et Noiron a aussi la tête coupée.

Cet inepte récit, qu’on m’excusera d’avoir rapporté, s’accuse bien, suivant l’habitude de l’auteur de Maugis que nous avons constatée plus haut, comme l’amplification et l’exagération d’un modèle plus simple et il est impossible d’admettre que Maugis d'Aigremont, connu cependant de notre auteur, lui ait ici servi de modèle pour l’épisode. court et sobre du duel de Basin et de Malaquin. Il faut donc leur supposer un original commun reproduit, d’une part assez exactement

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