Bibl, nat., ms. t'r. 26001, n
d’au VERONE EN 1357
avaient eu le temps de porter en Auvergne ses nouvelles instructions. Secousse a déjà noté, non sans étonnement, que ce n’est que le 27 février qu’il délivra ses lettres de commission au trésorier d’Auvergne ; c’est du 28 que datent ses premières lettres aux commissaires de Montferrand et les lettres de retenue de Jean Bernier, que nous avons déjà citées et qui évidemment sont l’un des premiers actes de sa lieutenance.
Quoi qu'il en soit, c’est le 12 mars seulement que les commissaires se mirent enfin à l’ouvrage. Fidèles aux instructions qui leur ordonnaient de se transporter d’abord dans la ville la plus importante de la prévôté, ce n’est pas à Montferrand, mais à Billorn, qu’ils firent leur première enquête : inférieur à Montferrand dans l’ordre administratif, Billorn lui était notablement supérieur par le chiffre de la population (508 feux contre 418). L’examen de la soixantaine de paroisses qui composaient alors la prévôté, occupa les commissaires pendant près d’un mois, jusqu’au 7 avril; c’est que le mauvais vouloir auquel fait allusion dans sa lettre Jean de Boulogne, retarda les opérations des commissaires; aussi dans notre procès-verbal, il arrive souvent que le nom d’un noble ou d’un clerc soit suivi de cette mention : « nondum venit » ; et si, en apparence, le recensement des feux des communes se fît plus facilement, il n’en fut pas moins l’objet de difficultés dont notre manuscrit porte la trace. Le plus souvent, en effet, les commissaires durent se contenter de la déposition du curé ; et la mention des consuls, celle même des prud’hommes dont parlent les instructions, ne se rencontrent qu’assez rarement dans ce volume ; les ajournements 1 faits par les commissaires tant aux nobles et ecclésiastiques qu’aux gens des communes restaient
1. Fol. 7 ru : « Feciraus plures adjornamentos sub sigillis nostris pro adjornando coram nobis nobiles, rectores, consules et plures alias personas ad certos dies tune venturos inferius declaratos et ipsos adjornamentos tradidimus pluribus servientibus, qui nobis retulerunt ea fecisse et exeequisse (sic) juxta eorum tenorem ; et erant servientes ipsi P. Daudo, Bartholomeus Vincent, BertrandusBrugera, Rotbertus Salvatges et dictus clericus noster cum dicto Petro Daudo, qui majorem partem habebant. »
B. -G. LBDOS. — L’IMPOSITION
donc souvent sans effet. Les curés eux-mêmes 11e se prêtaient pas toujours de bonne grâce à ce qu’on exigeait d’eux et, dès les premières pages de leur relation, les commissaires font mention de la contrainte qu’ils durent exercer en certains cas b Une mention du registre nous apprend que les curés, consuls ou prud’hommes juraient sur l’évangile la vérité de leur déposition1 2. Nous voyons aussi qu’il n'y avait pas une simple déposition verbale, mais que le curé remettait aux commissaires un rôle contenant par écrit les noms des feux de la paroisse 3 ; parfois il ne venait pas et se contentait d’envoyer sa déposition 4 5 6. Une fois seulement, les commissaires durent se contenter du nombre des feux, sans avoir le rôle des noms ïï. D’ailleurs, lors même que tout se passait régulièrement en apparence, les dépositions n’étaient pas toujours exactes ni sûres : des additions postérieures viennent souvent modifier les données inscrites parles commissaires, non seulement sur le nombre des feux, ce qui s’expliquerait par le mouvement de la population, mais aussi sur la qualité de ces feux : et la formule « dicuntur esse talhabiles » revient à plusieurs reprises c ; ailleurs, les assertions sont plus catégoriques encore 7.
Une particularité assez étrange au premier abord est ce
1. Fol. 7 r° : « lpsa die vix habere potuimus foca aliqua, set tantum compellere fecimus rectores ecclesiarum, quod habuimus foca a curato seu rectore Sancti Saturnini » ; — fol. 7 v° : « Grave habere potuimus nomma perrochie Sancti Lupi Biliomi et nisi esset per rnagnam compulcionem habere non possemus, quamvis ad ultimum habuimus. »
2. Fol. 6 r° : « Prout asseruerunt... per eorum juramenta ad sancta Dei euvangelia prestita. »
3. Fol. 22 v° : « Prout nobis retulit curatus... in suo rotulo »; — fol. 23 r° : « Prout invenimus in rotulo dicti rectoris » ; — fol. 17 r° : « Prout nobis retulit curatus... in ejus scripto. »
4. Fol. 21 r» : « Prout nobis apparuit per rotulum, quem nobis misit dictus curatus. »
5. Fol. 26 r° : « De quorum focorum nominibus scriptum seu memoriam non habemus ». Cf. pour Montferrand, ci-dessous.