‹ Mélanges Julien HavetChapitre 354 sur 567 · Fol. 15 r°, 19, etc · texte numérisé non relu

Fol. 15 r°, 19, etc

7. Fol. 16 r» : « Die xva Augusti [mjccclviij, Stephanus de Brugeria et Stephanus dal Rochede, habitantes dicte perrochie (Ducinearum), deposuerunt, medio juramento, quod dicti lxxv foci sunt talhabiles ad voluntatem domini de Monteboisserio . »

d’auvergne en 1357

qui s’est passé pour les commissaires eux-mêmes; Guillaume de Cournon seul fit une déposition nette au lieu que le prieur de Saint-Dier « nondum examinatus fuit » (fol. 8 v°); et c’est d’après les rôles du décime que l’on put le taxer, le bourgeois appartenait à la cité de Montferrand, et les commissaires donnent à la vérité le nombre des feux de cette ville, mais ils ajoutent « quorum nomina habere non possumus » (fol. 37 r°). Doit-on en conclure que les commissaires ont essayé de diminuer leurs propres charges? Nous ne le croyons pas ; ils n’auraient guère pu espérer que leur fraude pût être longtemps cachée aux élus. Il aura sans doute paru préférable au prieur de faire parler en sa place les rôles du décime, sa parole pouvant sembler suspecte à quelques-uns ; et, si Guillaume de Cournon a fait une déposition, c’est qu’il n’avait pas à offrir des moyens de contrôle analogues; quant au bourgeois de Montferrand, il n’avait naturellement aucune déposition personnelle à faire.

Nous avons eu déjà l’occasion de signaler les additions qui ont été faites au procès-verbal des commissaires ; ces additions, presque toutes de l’année 1358 et dont la plus récente (fol. 6 v°) est du 19 mars 1359 (anc. st.), présentent un double intérêt : elles nous renseignent d’abord sur les modifications qui survinrent pendant ce temps dans l’état du bailliage 1 2 ; elles nous prouvent ensuite que ce registre continua de servir, même quand l’imposition pour laquelle il avait été dressé ne subsista plus.

L’on sait que l’assemblée des trois États réunie à Paris, en mars 1356 (anc. st.), accorda un subside général; que l’Auvergne fut un des pays soumis à le payer et que par ce fait même l’ancien impôt cessa dans ce pays. Nous connaissons même la date précise à laquelle les délégués de l’Auvergne à Paris firent connaître les décisions de l’assemblée générale ; ce fut le 25 mai seulement, comme en fait foi

1. Fol. 35 v° : « Dominus Guillelmus de Cornonio, miles, de omnibus redditibus suis deposuit se habere ij° 1. t. Valent per annum xv 1. ».

2. Nous noterons seulement pour la paroisse de Born, la mention qui suit (fol. 24 r°): «De qua summa deflciuntur qui sunt de f sinnati (sic)..., qui sunt fug'itivy , et nichil ahabebant nec ahabent in dicta perrocbia nec aliby ».

E.-G-. LEDOS.

l’imposition

l’acte important que l’on trouvera en note 1 ; c’est pour cela que Jean Bernier abandonna ce même jour le conseil du comte de Montfort et quitta l’Auvergne, qui se soumettait ainsi aux mesures des États révolutionnaires de Paris 2.

Bien que les commissaires eussent terminé le 7 avril l’examen dont ils étaient chargés, ils n’avaient encore rien remis aux élus des États siégeant à Clermont, le 25 mai, quand les nouvelles venues de Paris leur apprirent que le subside pour lequel ils avaient travaillé n’existait plus ; pour des raisons, dont je ne me rends pas compte, ils tardèrent cependant à remettre leur procès-verbal jusqu’au 12 août suivant, comme on le voit par l’explicit suivant (fol. 39 r°) : « In quorum testimonium et premissorum testimonium, nos prior Sancti Desiderii, Guillelmus de Cornonio, miles, etStephanus de Chabarrot, commissarii supra nominati, sigilla nostra propria apposuimus huic presenti quaterno per nos

1. Jehan de Boulongne, comte de Montfort, lieutenant du Roy monss. et de monseigneur le duc de Normandie son ainsné filz et lieutenant ou bailliage d’Auvergne, à nostre amé Robert de Riom, receveur général de la finance et subside ordené à lever oudit pais pour cause des guerres et de la tuicion dudit pays, salut. Comme les gens d’iglise, nobles et communes dudit bailliatge eussent esté mandés par ledit mons. le duc à venir ou envoier persones notables desdis Estas à Paris à l’assemblée des gens des trois Estas du royaume de France en la langue d’oil à la journée de Quasimodo pour oir et otroier ce que par lesdites gens des trois Estas seroit, traitié, ourdené et acordé sur la délivrance du roy monss. et sur la tuicion et deffence de son royaume; et pour aler à ladite jornée par tous les autres dudit pais eulx aient ordené et eleu mons. Pierre Dubosc, chanoine de Brides, mons. Bertrant de Rouchaffort, chivaler, Giraut Gaite de Clermont, Jehan Daurat, bourgois de Riom, et Jehan Cistel, bourgois de Montferrant, lesquieux ont demoré à Paris durant le temps de ladite assemblée et amprès ont repourté es gens des trois Estas dudit pais tout ce que en ladite assemblée avoit esté ordené et acordé sur les fais dessusdis, nous, du conseill, delibéracion et avoit des gens dudit pais assemblés aujourd’huy à Clermont et par oir le report et relacion desdis eleus et autres chouses tochans le fait dudit pais, leur avons tacxô et tacxons par ces présentes par cause de leur trevall et despans et des gens de leur companie fais en alant, demorant et revenant dudit voiatge trois cens escus, c’est à savoir à un chescun d’eus soixante escus. Si vous mandons, etc. Donné à Clermont souz nostre seel le xxve jour de may l’an de grâce mil ccc cinquante et sept. Par mons. le lieutenant en son conseil M. Crozier. — Orig. scellé sur simple queue. Bibl. nat., ms. fr. 26001, n" 720.

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